Israël menace le Liban-Sud : Tyr, Saïda et Nabatiyé dans un plan de contingence
Israël menace le Liban-Sud d'une occupation si le Hezbollah entre en guerre. Dimanche 1er novembre, le quotidien israélien Maariv a révélé que l'armée israélienne prépare la prise de Tyr, Saïda et Nabatiyé, selon NaharNet.
Le scénario redouté n'est pas une invasion, c'est une riposte. Téhéran pourrait activer plusieurs fronts en même temps, Liban compris, estiment les services israéliens cités par Asharq Al-Awsat. Le Hezbollah est jugé affaibli, mais son entrée en guerre reste prise « très au sérieux ».
Israël menace le Liban-Sud : ce que contient le plan de Maariv
Israël menace le Liban-Sud : trois villes côtières et un blocus naval
Tyr, Saïda et Nabatiyé forment l'axe du dispositif. L'armée israélienne entend s'emparer de ces trois villes du sud libanais « au cas où le Hezbollah tenterait de défier l'armée israélienne », rapporte L'Orient-Le Jour.
La marine prendrait le relais de l'aviation. Occupée par les frappes contre l'Iran, l'armée de l'air laisserait à la flotte le soin de pilonner de vastes zones de la banlieue sud de Beyrouth et d'imposer un blocus aux ports de Beyrouth et Tripoli.
Israël menace le Liban-Sud : la 7e brigade rappelée du front
La 7e brigade blindée quitte le Liban après un an d'opérations continues. Elle rejoint le plateau du Golan pour un cycle de réarmement et d'entraînement, avec ordre de rester prête à revenir rapidement sur le front libanais, d'après Libaninfo.
Ce mouvement n'est pas un retrait. Il ressemble à une rotation de réserve stratégique : le Liban-Sud demeure le théâtre le plus probable d'une deuxième guerre, et Tsahal garde une brigade disponible sans dégarnir ses positions.
Sur le terrain, l'escalade ne s'arrête pas
Israël menace le Liban-Sud : frappes à l'aube du 2 novembre
L'artillerie israélienne a frappé al-Mansouri, Zoutar el-Sharqiyé, Meyfadoun et Hadatha à l'aube du 2 novembre, ainsi que la zone de Wadi el-Houjeir. Une détonation contrôlée a visé Aynata, dans le caza de Bint Jbeil, selon le direct de Libaninfo.
La veille au soir, la zone de Nabatiyé était visée. Zaoutar al-Charqiyé, Beit Yahoun et les abords de Baraachit ont reçu des frappes, et des maisons ont été détruites à Kfar Tebnit, Haddatha et Braachit, rapporte L'Orient-Le Jour.
L'armée libanaise se déploie dans les zones pilotes
Le déploiement se poursuit malgré les bombardements. Froun, Srifa et Zaoutar el-Gharbiyé servent de test à l'accord-cadre négocié avec Israël, première étape d'un désarmement du Hezbollah que Beyrouth n'a toujours pas achevé.
Nabih Berri a choisi son retour de Téhéran pour appeler à la désescalade. Le président du Parlement libanais dénonce les menaces de Benyamin Netanyahou et les rattache au calendrier des élections américaines de mi-mandat du 3 novembre.
À Beyrouth, le désarmement passe aussi par les tribunaux
Treize poursuites pour une demi-tonne d'explosifs
La justice libanaise a inculpé treize personnes pour le transport d'une demi-tonne d'explosifs attribuée au Hezbollah, saisie le 8 octobre sur la route reliant l'est du pays à Beyrouth, rapporte le Times of Israël.
Douze membres du parti chiite et l'épouse de l'un d'eux risquent dix ans de travaux forcés pour « association de malfaiteurs » et atteinte à l'autorité de l'État. Le Hezbollah avait reconnu que la cargaison lui appartenait, destinée à la « résistance » contre Israël.
Un test de souveraineté pour l'État libanais
Le député Hussein Hajj Hassan a qualifié les poursuites d'« injustes et inéquitables ». Les accusés, selon lui, « affrontaient l'ennemi israélien » et mériteraient d'être « honorés plutôt que jugés ».
Washington a fait de ce dossier un cas d'école. Le secrétaire d'État Marco Rubio a demandé au président Joseph Aoun de « demander des comptes à tous ceux qui ont ordonné, financé et dirigé cette livraison », et jugé hors de question de restituer les explosifs au Hezbollah.
Ce que le plan israélien dit du Liban de 2026
Israël menace le Liban-Sud, mais c'est Beyrouth qui doit trancher
Un État qui poursuit les porteurs d'explosifs sans désarmer le parti qui les commande reste un État à moitié souverain. Une guerre contre l'Iran le révélerait en quelques jours, et le Liban paierait l'addition avant Téhéran.
Un calendrier sans marge jusqu'à l'investiture de la Knesset
La Knesset est investie le 10 novembre, l'Amérique vote le 3. Donald Trump assure qu'il ne reste « qu'à s'occuper de deux ou trois sites » en Iran, quand un porte-parole militaire iranien promet une guerre « plus longue que la précédente ».
Israël menace le Liban-Sud, mais le Hezbollah choisira le terrain. Trois villes, deux ports et une banlieue dense sont déjà sur la carte. Si le parti chiite ouvre le front, il faudra expliquer aux Libanais pourquoi leurs maisons servent de rempart à Téhéran.
Sur le même sujet : notre enquête sur le réarmement du Hezbollah financé par l'Iran et notre décryptage de la suspension des négociations par Joseph Aoun.