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Frappes contre l'Iran après les midterms : Washington prépare ses alliés, Israël vise l'énergie

2026-10-29
Frappes contre l'Iran après les midterms : Washington prépare ses alliés, Israël vise l'énergie

Les frappes contre l'Iran après les midterms ne sont plus une hypothèse de plateau. Deux diplomates cités jeudi par l'Associated Press confirment que Washington a demandé à plusieurs pays du Moyen-Orient et alliés régionaux de se préparer à une reprise des opérations contre Téhéran après le scrutin du 3 novembre, selon i24NEWS.

La consigne n'est pas un ordre de frappe. Les deux sources, anonymes, précisent qu'aucune décision définitive n'a été prise par Donald Trump. Ce qui a été demandé aux partenaires, c'est d'anticiper d'éventuelles représailles iraniennes sur leur propre sol.

Frappes contre l'Iran après les midterms : ce que Washington a transmis au Golfe

Le Wall Street Journal a devancé l'agence américaine de deux jours. Mardi soir, le quotidien révélait que plusieurs États arabes du Golfe avaient été avertis de se tenir prêts à une offensive « courte mais intensive » contre l'Iran, selon The Times of Israel.

Le dispositif bouge déjà. L'armée américaine transfère une batterie de défense antiaérienne Patriot du Texas vers la région et éloigne des troupes des bases les plus exposées aux tirs iraniens, rapporte le même quotidien.

Frappes contre l'Iran après les midterms : la Maison-Blanche entretient le flou

La Maison-Blanche a refusé de commenter « des plans militaires sensibles qui peuvent ou ne peuvent pas exister ». Elle a maintenu la formule habituelle : Donald Trump garde « toutes les options sur la table pour garantir que l'Iran ne pourra jamais avoir l'arme nucléaire ».

Ce double langage est une politique, pas une hésitation. Un allié prévenu ferme son espace aérien et déplace ses avions. Un adversaire prévenu doit décider s'il frappe le premier. Washington laisse les deux camps calculer.

Israël veut le feu vert, et vise l'énergie iranienne

Jérusalem a une liste de cibles que la Maison-Blanche écartait jusqu'ici. Un responsable israélien cité par la chaîne publique Kan affirme qu'Israël cherche l'autorisation de Donald Trump pour frapper de nouvelles cibles en Iran, notamment des infrastructures énergétiques jusqu'alors épargnées, rapporte i24NEWS.

Les préparatifs opérationnels sont engagés sur le terrain, et un message en ce sens a été transmis aux pays du Golfe, selon le Wall Street Journal cité par la même source.

Une opération « courte mais intensive », trois familles de cibles

Le New York Times avait décrit le schéma la semaine dernière. Les deux pays ont accéléré leurs exercices militaires, dont des survols de l'Irak simulant des manœuvres de frappe, rapporte The Times of Israel.

Trois familles de cibles reviennent : les sites nucléaires, les infrastructures énergétiques et les arsenaux de missiles et de drones. Le site de Pickaxe Mountain figure parmi les objectifs possibles, et Donald Trump voulait épargner les installations pétrolières pour ne pas doper les prix du gaz.

Netanyahou : « je ne demanderai pas le feu vert »

Le Premier ministre israélien a brouillé la séquence lui-même. Le 21 octobre, à Dimona, il a déclaré : « Je tiendrai Trump informé de ce que nous comptons faire, mais je ne lui demanderai pas le feu vert pour frapper l'Iran », selon Arab News.

Il a aussi fixé un objectif qui dépasse les frappes. « La seule solution acceptable est le renversement du régime en Iran », a-t-il dit, précisant avoir donné cette directive à l'état-major, au Mossad et à tous les services de sécurité.

La diplomatie qatarie n'a pas encore rendu les frappes inutiles

Sept jours, des étapes quotidiennes, aucune signature

Doha a tenté une dernière médiation avant le scrutin. Dimanche, les médiateurs qataris ont présenté à Téhéran un projet d'accord prévoyant sept jours et des étapes quotidiennes de confiance, avec plusieurs pays garants, selon Reuters cité par The Times of Israel.

La réponse iranienne est attendue en fin de semaine, et elle sent le refus. Un haut responsable iranien a jugé que Doha n'avait présenté que des « idées inacceptables, et non une offre », en réaffirmant l'absence de flexibilité sur le nucléaire, rapporte i24NEWS.

Téhéran menace les marchés, pas seulement Israël

Le ministre iranien des Affaires étrangères a choisi la Bourse comme champ de bataille. Abbas Araghchi a averti sur X qu'une « aventure militaire » déclenchée par Israël dans le Golfe aurait un « impact dévastateur sur les marchés internationaux », selon The Times of Israel.

La menace est plus large que le détroit d'Ormuz. Téhéran a prévenu qu'il viserait les installations pétrolières et les centres d'intelligence artificielle de sept pays du Golfe en cas de nouvelle guerre, selon i24NEWS.

Frappes contre l'Iran après les midterms : ce que Paris doit comprendre

Israël sort d'une élection sans majorité, et le dossier iranien ne s'arrête pas pour autant. Benyamin Netanyahou reste Premier ministre d'intérim jusqu'à la formation du prochain gouvernement, comme nous l'expliquions le 28 octobre à propos de la Knesset sans majorité.

Un gouvernement de transition peut ordonner une guerre, plus difficilement en porter la légitimité. C'est l'argument de ses adversaires, qui l'accusent de politiser la sécurité nationale. L'accusation est faible sur le fond : l'Iran n'a pas attendu une campagne israélienne pour menacer le pays.

Le vrai calendrier n'est ni israélien ni français, il est américain. Les midterms du 3 novembre fixent la fenêtre. Une administration qui consulte ses alliés sur les représailles admet qu'elle redoute la réponse autant que l'attaque.

Ce que ces frappes annoncées changent pour les Juifs de France

Les institutions juives françaises suivent ce dossier avec attention, et elles ont des raisons de le faire. Nous avons documenté cet automne les condamnations d'agents iraniens à Hambourg et la main de Téhéran derrière les attentats antisémites en Belgique.

La question posée à Paris n'est donc pas de savoir si Israël a le droit de frapper. Elle est de savoir si l'Europe accompagnera une campagne qui vise aussi des infrastructures civiles, ou si elle regardera les marchés avant de regarder les cibles.

Frappes contre l'Iran après les midterms : la décision n'est pas prise, et c'est la seule certitude. Entre un président américain qui garde « toutes les options », un Premier ministre israélien qui refuse de demander une permission et une diplomatie qatarie qui n'a produit que des « idées », la région avance avec un calendrier électoral pour boussole.

La dissuasion ne se décrète pas dans un studio de télévision, et ces frappes contre l'Iran après les midterms ne vaudront que par ce qu'elles empêcheront. Téhéran a compris qu'il peut menacer sept capitales du Golfe pour peser sur Washington. C'est cette équation, et non le calendrier américain, qui décidera de la guerre.

Article rédigé par la rédaction du Monde Juif.