Attentats antisémites en Belgique : l'Ocam confirme la main de l'Iran derrière Liège et Anvers
Attentats antisémites en Belgique : le patron de l'Ocam a relié publiquement, le 24 septembre, l'explosion devant la synagogue de Liège et l'incendie d'une voiture à Anvers à un appel lancé par l'Iran à frapper les intérêts juifs dans le monde entier.
Attentats antisémites en Belgique : l'Ocam désigne l'Iran
Gert Vercauteren, directeur de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam), s'est exprimé au micro de La Première, sur la RTBF, le 24 septembre 2026. Les auteurs des deux attaques de mars, dit-il, « ont certainement suivi l'appel de l'Iran à frapper les intérêts juifs et israéliens partout dans le monde ».
Le Soir, qui relaie ces déclarations avec l'agence Belga, précise que cette piste circulait dans la presse belge depuis les faits, sans confirmation officielle jusqu'à cette interview. L'Avenir en tire la même conclusion le jour même.
Pour le patron de l'Ocam, il ne s'agit pas de deux faits isolés mais d'une action coordonnée. « On a, selon toute vraisemblance, affaire avec un réseau ou des réseaux de proxys, de gens qui ont suivi l'appel de l'Iran », explique-t-il à la RTBF.
Liège et Anvers : deux attaques, une même semaine de mars
Le 9 mars, peu avant 04h00, un engin explosif a été actionné rue Léon Frédéricq, devant la Grande Synagogue de Liège, rapporte le Brussels Times. L'explosion a brisé les vitres du bâtiment et endommagé sa porte principale, sans faire de blessé.
La même semaine, une voiture a été entièrement incendiée au milieu du quartier juif d'Anvers, précise le média belge anglophone. Deux adolescents ont été interpellés dans cette affaire, dont le caractère antisémite avait été retenu par les autorités.
Le parquet fédéral a ouvert une enquête pour terrorisme dans les heures qui ont suivi l'explosion liégeoise. Le Times of Israël rappelle que plusieurs personnes ont ensuite été placées en garde à vue, sans qu'aucune poursuite n'ait été engagée à ce stade.
La Grande Synagogue de Liège, édifiée en 1899, abrite également un musée consacré à l'histoire de la communauté juive de la ville. Selon l'agence Belga, citée par le Times of Israël, elle a rouvert ses portes deux mois après l'attentat.
Attentats antisémites en Belgique : un coordinateur interpellé en Turquie
« À un moment donné, quelqu'un a été arrêté en Turquie. C'était un des responsables d'un certain nombre d'attentats en Europe », déclare Gert Vercauteren au Soir. « Il y a eu d'autres interventions, ce qui fait que pour l'instant, on n'a plus vu d'attentat inspiré par l'Iran. »
Le directeur de l'Ocam range dans ce dossier l'incendie criminel d'une synagogue à Rotterdam, que la RTBF relie explicitement à l'attaque de Liège. Le Brussels Times ajoute qu'un projet d'attentat contre une synagogue de la commune néerlandaise de Heemstede a été déjoué au même moment.
Les revendications diffusées en ligne portaient le logo d'une milice chiite irakienne jusqu'alors peu connue, relève Vercauteren sur la RTBF. « C'est très clair qu'ils veulent au moins faire passer le message qu'ils agissent sous inspiration de cet appel de l'Iran », note-t-il.
Une pratique iranienne documentée depuis 2018
Le responsable belge rappelle un précédent que ce site connaît bien : en 2018, l'Iran avait tenté de frapper un rassemblement d'opposants au régime organisé en France. Selon la RTBF, l'opération était pilotée par un diplomate iranien en poste à Vienne, Assadollah Assadi, condamné depuis à vingt ans de prison en Belgique.
L'Anti-Defamation League recense une série d'attaques de même nature contre des communautés juives à travers le monde depuis 2023. L'organisation américaine y voit le prolongement d'un mode opératoire iranien ancien, souvent confié à des relais criminels locaux.
Israël Magazine souligne pour sa part que la piste iranienne était devenue la plus probable dès les jours suivant l'attentat de Liège, sans confirmation officielle avant le 24 septembre.
Pourquoi la Belgique reste au niveau de menace 3 sur 4
L'Ocam maintient depuis l'automne 2023 le niveau de menace général à 3 sur une échelle de 4, soit « grave », avec la possibilité d'un attentat à tout moment. Selon la RTBF, ce niveau avait été relevé après la fusillade de Bruxelles qui avait coûté la vie à deux supporters de football suédois en octobre 2023.
Dans les signalements de menaces traités par l'organisme, la communauté juive et israélienne constitue la cible la plus visée. « Pour l'instant, c'est entre 15 % et 20 % de nos signalements de menaces », chiffre Gert Vercauteren, qui évoque encore « des menaces permanentes à l'encontre de la communauté juive, israélienne ».
La base de données commune de l'Ocam recense 555 personnes suivies pour radicalisation ou terrorisme, dont 85 % d'islamistes, avec une présence minoritaire mais réelle des extrémismes de droite et de gauche, détaille le patron de l'organisme.
Le Times of Israël rappelle enfin que la communauté juive belge, forte d'environ 30 000 personnes, subit chaque semaine insultes, intimidations, violences physiques et graffitis, selon le vice-président du Centre juif d'information et de documentation.
Cette séquence belge invalide une lecture confortable de la menace : comme le montre le survol de la France par Netanyahou à la fin septembre, l'antisémitisme européen ne se réduit plus à des tensions internes, il s'inscrit dans une campagne régionale pilotée depuis Téhéran.