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Survol de la France par Netanyahou : Paris invoque le droit international malgré le mandat de la CPI

2026-09-26
Survol de la France par Netanyahou : Paris invoque le droit international malgré le mandat de la CPI

Survol de la France par Netanyahou : l'avion officiel du Premier ministre israélien, le Knaf Zion, a traversé l'espace aérien français le jeudi 24 septembre 2026 pour rejoindre l'Assemblée générale des Nations unies, à New York. franceinfo a révélé l'autorisation dès le mardi 22 septembre, de source diplomatique.

Survol de la France par Netanyahou : la décision du Quai d'Orsay

Paris n'a pas cherché à dissimuler sa décision. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, l'a défendue devant la presse : « L'autorisation a été accordée en pleine conformité avec le droit international », rapporte i24NEWS.

L'argument tient en une phrase, que le Quai d'Orsay répète désormais sans détour. « Le Statut de Rome n'impose aucune obligation concernant le survol de son territoire par un avion d'État transportant un passager visé par un mandat d'arrêt », résume Pascal Confavreux, propos repris par le Times of Israël en français.

Survol de la France par Netanyahou : l'argument juridique de Paris

La position française ne date pas de cette semaine. La France est partie au Statut de Rome et, à ce titre, formellement tenue de coopérer avec la Cour, notamment en arrêtant les personnes recherchées qui pénètrent sur son territoire.

Mais Paris avait déjà estimé, en 2024, que Benjamin Netanyahou bénéficiait d'une immunité, Israël n'étant pas partie au traité de Rome. Le ministère des Affaires étrangères l'avait écrit noir sur blanc dans une déclaration du 27 novembre 2024.

La Cour pénale internationale a émis le 21 novembre 2024 des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité liées à la guerre à Gaza. Israël rejette ces accusations et affirme que ses opérations militaires sont conduites conformément au droit international.

Une cinquième fois depuis le mandat de la CPI

Ce n'est pas un précédent isolé. Selon franceinfo, c'est la cinquième fois que l'avion du Premier ministre israélien survole le territoire français malgré le mandat d'arrêt, après février, avril et juillet 2025, puis juillet 2026.

L'application de suivi des vols Flightradar24 montre que le Knaf Zion a survolé la Grèce, l'Italie, puis la France avant de rejoindre les États-Unis, précise i24NEWS. Le ministère italien des Affaires étrangères n'a pas été en mesure de dire si une autorisation avait été demandée à Rome.

Le contraste est net avec 2025. Pour se rendre à New York, Benjamin Netanyahou avait alors emprunté un itinéraire sensiblement plus long, afin d'éviter l'espace aérien de plusieurs pays européens, dont la France, rappelle le Times of Israël.

Ce que disent les ONG et la gauche française

La FIDH et dix autres organisations françaises réclament depuis avril 2025 que Paris refuse ce passage. Elles invoquent la Convention de Chicago de 1944 et rappellent que la Chambre préliminaire II de la CPI a conclu, le 24 octobre 2024, que la Mongolie avait failli à ses obligations en n'arrêtant pas Vladimir Poutine, lui aussi visé.

Le Monde relève de son côté que l'autorisation française « tranche avec le discours prononcé par Emmanuel Macron lundi, à la tribune de l'ONU ». Le président français avait consacré son passage new-yorkais à la reconnaissance d'un État palestinien et à une charge contre la politique israélienne.

En France, le sujet s'est invité dans la primaire socialiste. Lors du débat organisé par LCI le 23 septembre, le survol a été critiqué par les candidats, rapporte le Times of Israël. C'est le même débat où Jérôme Guedj a accusé Ségolène Royal d'« essentialiser » la communauté juive.

Benjamin Netanyahou a répondu à sa manière, depuis la tribune de l'ONU. Il s'en est pris à la France et au Royaume-Uni, anciens pays colonisateurs dont « les colonies couvraient la planète entière », selon franceinfo, un discours marqué par le départ de nombreuses délégations.

Survol de la France par Netanyahou : Paris a choisi la lecture juridique la plus étroite pour éviter un incident diplomatique en pleine Assemblée générale, au risque d'apparaître en retrait de ses obligations internationales. Le mandat de la CPI, lui, n'a jamais rien bloqué sur le tarmac français.

Article rédigé par la rédaction du Monde Juif.