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Primaire de gauche Juifs de France : Jérôme Guedj accuse Ségolène Royal d'« essentialiser » la communauté

2026-09-24
Primaire de gauche Juifs de France : Jérôme Guedj accuse Ségolène Royal d'« essentialiser » la communauté

Primaire de gauche Juifs de France : le premier débat de la primaire sociale-démocrate, organisé par LCI le mercredi 23 septembre 2026, a dérapé sur la place de la communauté juive dans la campagne. En plus de trois heures d'émission, la passe d'armes entre Jérôme Guedj et Ségolène Royal a supplanté les échanges sur le pouvoir d'achat et les carburants.

Primaire de gauche Juifs de France : ce que Ségolène Royal a déclaré

Interrogée sur le conflit à Gaza, Ségolène Royal s'est dite « 100 % d'accord » avec la qualification de génocide employée par Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.

Elle a ensuite évoqué la « montée très inquiétante » de l'antisémitisme en France. Selon elle, il « faudrait plus de voix israéliennes et juives » pour dire que ce qui se passe à Gaza est intolérable.

La formule a immédiatement fait réagir Jérôme Guedj. Selon le compte rendu de LCP, le député a dénoncé une « injonction » lancée à la communauté juive et une « dérive », se disant « choqué » que la candidate essentialise les Juifs de France.

Son argument tient en une comparaison. « On n'a pas demandé aux Français musulmans de hausser la voix pour se désolidariser des crimes commis par Daech, parce que ce sont des Français avant d'être des musulmans », a-t-il lancé, refusant toute responsabilité collective exigée des Juifs.

Primaire de gauche Juifs de France : Glucksmann recadre le débat sur les mots

Raphaël Glucksmann a enchaîné dans la même direction. « Les Juifs ne sont en aucun cas responsables de la politique de Netanyahou », a déclaré le leader de Place publique, rapporte Le Temps.

Ségolène Royal lui a répliqué : « Si les mots sont importants, il faut reconnaître le génocide. » Glucksmann a tranché : « Ce n'est pas la qualification qu'on emploie qui compte, c'est l'action qu'on mène », une position que détaille également la vidéo du débat publiée par TF1 Info.

Olivier Faure a refermé le « débat sur les mots ». Il a déploré qu'« il y ait aujourd'hui des gens [qui associent les Juifs] à ce que fait un gouvernement qui n'est pas le leur », tout en demandant la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël et l'interdiction du commerce avec les colonies.

Le Crif hausse le ton contre Emmanuel Macron

Le contexte de ce débat n'est pas neutre. Deux jours plus tôt, à la tribune de l'ONU, Emmanuel Macron avait déclaré que « le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie ». Le Crif a accusé le président de « passer sous silence la responsabilité du Hamas ».

L'organisation communautaire y voit « une victoire symbolique accordée au narratif des mouvements antisionistes les plus radicaux ». Elle cite le meurtre de Netanel Shukrun, Franco-Israélien père de six enfants, tué le dimanche 20 septembre près de Neve Tzuf, dans un attentat revendiqué par le Hamas.

Le Crif concède que « les désaccords politiques peuvent être légitimes ». Il prévient toutefois que les « approximations historiques ou les ostracisations virulentes » dégradent une relation « déjà à son plus bas historique », une formule reprise par son président Yonathan Arfi.

Un calendrier qui laisse peu de répit

La campagne se poursuit dès le 1er octobre avec un deuxième débat organisé par France Télévisions et Radio France, précise LCP. Le premier tour de la primaire est fixé aux 9 et 10 octobre, avec un second tour éventuel les 16 et 17 octobre.

Les cinq candidats, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, ne se sont pas encore départagés sur la réponse à apporter à la montée de l'antisémitisme. Ce silence relatif, dans une campagne où la communauté juive attend des actes, constitue en soi un sujet.

Le reste de l'actualité communautaire de la semaine illustre cette tension. À Manchester, un attentat a été déjoué avant Yom Kippour ; sur la scène diplomatique, Israël a dénoncé les propos d'Emmanuel Macron sur la Cisjordanie comme une « absurdité grotesque ».

Primaire de gauche Juifs de France : la gauche social-démocrate a offert, en trois heures de direct, l'illustration d'un malaise qu'aucun des cinq candidats n'a encore résolu. Demander aux Juifs de France de se justifier, c'est déjà leur demander des comptes pour la politique d'un gouvernement qui n'est pas le leur.

Article rédigé par la rédaction du Monde Juif.