Macron Hamas Cisjordanie : Israël dénonce une « absurdité grotesque » après le discours à l'ONU
Macron Hamas Cisjordanie : mardi 22 septembre 2026, dans son dernier discours de chef d'État à l'ONU, Emmanuel Macron a affirmé que le Hamas n'a « jamais sévi » en Cisjordanie. Le bureau de Benyamin Netanyahou a parlé d'une « absurdité grotesque », rapporte Le Point, relayé par le Times of Israel.
Macron Hamas Cisjordanie : la phrase qui éclipse tout le reste
Emmanuel Macron a dénoncé devant la 81e Assemblée générale « un spectacle qui nous fait honte à tous », à Gaza comme en Cisjordanie, et appelé à la « souveraineté pour les Palestiniens », selon Le Parisien. Il s'agissait de sa dernière prise de parole à l'ONU avant la fin de son mandat.
La formule qui a déclenché la crise est venue juste après : « Le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie », après un rappel des « violations » commises chaque jour selon Paris.
Pour Le Point, cette sortie est la « bourde » qui éclipse tout le reste du discours. Un an plus tôt, dans la même salle, Emmanuel Macron annonçait la reconnaissance par la France de l'État de Palestine, une décision dont Israël ne s'est jamais remis.
« L'ignorance n'est pas une excuse pour effacer leur sang »
Le bureau du Premier ministre israélien a répliqué sans délai : « L'absurdité grotesque des propos d'Emmanuel Macron est sidérante », écrit le Times of Israel, une réaction reprise par i24NEWS. Le communiqué ajoute une phrase d'enterrement : « L'ignorance n'est pas une excuse pour effacer leur sang. »
Le texte affirme que les terroristes du Hamas mènent des attaques contre des Juifs presque chaque jour et ont assassiné « d'innombrables civils israéliens en Judée-Samarie », le nom biblique de la Cisjordanie employé par le gouvernement israélien.
Benyamin Netanyahou doit s'exprimer à son tour devant l'Assemblée générale jeudi 24 septembre, une prise de parole programmée avant les législatives du 27 octobre : Netanyahu à l'ONU.
Macron Hamas Cisjordanie : Netanel Shukrun, Franco-Israélien tué la veille de Kippour
Le bureau du Premier ministre a appuyé sa réponse sur un fait daté de trois jours plus tôt : l'attentat de dimanche 20 septembre à la source d'Ein Raya, près de Neve Tzuf, qui a coûté la vie à Netanel Shukrun, 36 ans, père de six enfants, rapporte le Times of Israel.
Selon le gouvernement israélien, la victime détenait aussi la nationalité française, ce que le communiqué du bureau de Netanyahou met en avant pour répondre directement à Paris. Les obsèques ont eu lieu mardi dans sa localité d'Alei Zahav, en Samarie.
L'attaque s'est produite quelques heures avant l'entrée dans Yom Kippour, alors que la victime se trouvait près d'une source utilisée pour l'immersion rituelle. Notre récit de l'attentat et de l'arrestation de l'assaillant : Attentat Cisjordanie Neve Tzuf.
« Extrêmement déconnectée de la réalité du terrain » : Eisenkot s'aligne
Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et principal rival de Benyamin Netanyahou lors du scrutin du 27 octobre, a jugé la déclaration française « extrêmement déconnectée de la réalité du terrain », toujours selon le Times of Israel.
L'ancien chef d'état-major, qui a commandé la division de Judée-Samarie, écrit sur X que le Hamas y opère et que « la lutte contre le terrorisme n'est pas négociable ». Il refuse « l'hypocrisie internationale aux dépens de la sécurité des citoyens israéliens ».
Cette sortie d'un opposant centriste dit quelque chose de la campagne israélienne : sur la sécurité, la classe politique se recompose derrière le même réflexe. La comparaison des programmes est détaillée dans notre article sur les législatives israéliennes du 27 octobre.
Ce que les faits disent de la présence du Hamas en Cisjordanie
Les spécialistes ont rapidement corrigé la copie présidentielle, souligne Le Point : le Hamas revendique ouvertement sa présence en Cisjordanie, et l'Autorité palestinienne, dominée par le Fatah, y arrête régulièrement les militants de son rival. Des attentats revendiqués par le mouvement ont frappé la région ces dernières années.
Le démenti israélien est donc aussi documentaire : revendications publiques, arrestations côté palestinien, dossiers ouverts. Pour JForum, la déclaration française « démentie » par les faits illustre le crédit perdu par Paris auprès de la communauté juive.
C'est là le cœur du dossier : Macron Hamas Cisjordanie restera comme le moment où Paris a nié publiquement une réalité que son propre partenaire palestinien documente par des arrestations. Le débat sur la Cisjordanie ne se joue plus seulement sur le terrain, mais dans le récit que les chancelleries acceptent de reprendre.
Article rédigé par la rédaction du Monde Juif.