Retrait des délégations ONU discours Netanyahou : « s'il reste encore dans cette salle des lâches, qu'ils le fassent maintenant »
Le retrait des délégations ONU discours Netanyahou a transformé jeudi 24 septembre la 81e Assemblée générale en scène de rupture : des dizaines de diplomates ont quitté l'hémicycle dès l'annonce de la prise de parole du Premier ministre israélien, rapporte Reuters.
La mission palestinienne auprès des Nations unies avait appelé les 193 États membres à envoyer « autant de personnel que possible » dans la salle, puis à en sortir collectivement à l'annonce du discours israélien, selon le compte rendu de PBS NewsHour et de l'Associated Press.
Dans ce message consulté par l'AFP, la mission palestinienne demandait aux États de ne pas se rendre « complices » de ce qu'elle présente comme un génocide et des crimes de guerre, rapporte Le Soir.
Le président de l'Assemblée générale, Khalilur Rahman, a répété « Order in the hall, please » pendant que les rangs se vidaient, et une majorité de sièges visibles est restée vide ensuite, précise PBS NewsHour.
« S'il reste encore dans cette salle des lâches qui n'ont pas quitté les lieux, qu'ils le fassent maintenant », a lancé Benyamin Netanyahou en prenant la parole, rapporte l'AFP. Le discours était prononcé en anglais : il y a employé la formule « moral cowards », que les médias francophones traduisent par « lâches », rapporte la BBC.
Retrait des délégations ONU discours Netanyahou : la riposte du Premier ministre israélien
Le discours a été construit comme une réponse directe à la mise en scène du retrait. « En se défendant, Israël défend aussi beaucoup des pays dont les délégués viennent de quitter cette salle », a déclaré Benyamin Netanyahou, cité par PBS NewsHour.
Il a ajouté que « beaucoup de leurs dirigeants nous remercient en privé d'avoir éliminé les armes nucléaires iraniennes », selon la même source.
La campagne contre l'Iran a été « l'une des décisions les plus faciles » qu'il ait eu à prendre, a-t-il poursuivi, en qualifiant les accusations de génocide à Gaza de « plus grand mensonge du siècle », rapporte PBS NewsHour.
Sur la colonisation, il a visé Londres et Paris : « Ils accusent Israël, le petit Israël, de colonialisme. Et qui nous accuse ? Des gens en Grande-Bretagne et en France. Pour l'amour de Dieu, ce sont eux qui ont inventé le terme », rapporte la BBC.
Recep Tayyip Erdogan a été qualifié de « tyran » soutenant le Hamas, ce qui a provoqué la réponse du directeur de la communication de la présidence turque, Burhanettin Duran, selon la BBC.
Le maire de New York, Zohran Mamdani, a lui aussi été pris à partie : « Depuis que vous êtes élu maire de cette ville, de nombreux Juifs ne se sentent plus en sécurité à New York », rapporte la BBC.
Benyamin Netanyahou a remercié Donald Trump pour son « leadership audacieux », en référence aux frappes conjointes de février contre Téhéran : « Israël et l'Amérique ont agi ensemble non seulement pour se protéger, mais pour sauver la civilisation », rapporte la BBC.
Il a brandi un bipeur en rappelant l'opération du 17 septembre 2024 contre le Hezbollah, qui a blessé plus de 3 000 personnes et tué douze personnes, dont deux enfants, rapporte PBS NewsHour. Selon l'AP, il a estimé que le 7 octobre 2023 équivalait, en proportion, à seize fois le bilan du 11 septembre.
Retrait des délégations ONU discours Netanyahou : un discours adressé aux électeurs
Une grande partie de l'intervention visait deux publics : les Israéliens, à un mois de législatives présentées comme les premières depuis le 7 octobre 2023, et les Américains, alors que l'isolement diplomatique d'Israël s'accentue, analyse la BBC.
Le président palestinien Mahmoud Abbas s'était exprimé quelques heures plus tôt par message vidéo, privé de visa américain, pour dénoncer l'expansion des colonies en Judée-Samarie et une « guerre génocidaire » à Gaza, rapporte la BBC.
Benyamin Netanyahou fait par ailleurs l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre présumés, rappelle la BBC. À New York, la mobilisation contre sa venue a aussi débordé hors de l'ONU : l'actrice Susan Sarandon a été interpellée lors d'un sit-in de Jewish Voice for Peace, rapporte franceinfo.
Retrait des délégations ONU discours Netanyahou : la séquence dit moins le vote des nations que la stratégie d'un dirigeant qui parle à ses électeurs autant qu'à Washington. La France et la Turquie ont été nommément prises à partie, tandis qu'Israël remercie ouvertement Donald Trump.
Voir aussi : le fils de l'ambassadeur Yechiel Leiter, grièvement blessé sur la route 443, le discours de Netanyahou à l'ONU annoncé le 22 septembre et la déclaration de Macron sur le Hamas en Cisjordanie.
Article rédigé par la rédaction du Monde Juif.