Attentat voiture-bélier route 443 : le fils de l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis se bat pour sa vie
L'attentat voiture-bélier route 443 a grièvement blessé mercredi 23 septembre Neria Leiter, réserviste de l'armée israélienne et fils de l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis Yechiel Leiter, à un poste de contrôle du carrefour de Maccabim, rapporte Le Monde. Son pronostic vital reste engagé ce jeudi, d'après le Times of Israël.
Yechiel Leiter a appris la nouvelle à New York, immédiatement après une interview consacrée aux violences en Judée-Samarie, indique i24NEWS. Il a pris l'avion dans la nuit, est arrivé jeudi matin en Israël et s'est rendu directement à l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, rapporte IsraJ. Avant de s'envoler pour l'ONU, Benyamin Netanyahou s'était rendu auprès de la famille, précise Radio-Canada.
Attentat voiture-bélier route 443 : ce que l'on sait de l'attaque de Maccabim
L'assaillant a foncé vers une voiture de police stationnée au poste de contrôle Bell, à l'endroit où les routes 4436 et 4437, venues de Beit Ur et de Ramallah, rejoignent la grande route 443 qui relie Jérusalem à Tel Aviv. Il a renversé Neria Leiter, en service aux côtés d'un policier.
L'homme a été identifié par les responsables israéliens de la sécurité comme Mahmoud Mohammad Sliman, 29 ans, originaire du village voisin de Beit Ur al-Tahta, selon le Times of Israël. Les soldats présents ont abattu l'assaillant sur place.
Le ministère palestinien de la Santé a confirmé la mort d'un homme présenté comme Mahmoud Mohammed Mahmoud Suleiman, 29 ans, sans confirmer qu'il s'agissait de l'assaillant, rapporte Radio-Canada. Le maire de Beit Ur, Hazem Suleiman, a déclaré à l'AFP que le village était bouclé, sans activité commerciale ni sociale.
Le Magen David Adom a pris en charge le soldat, inconscient après le choc, et l'a transporté à l'hôpital Shaare Zedek, précise le Times of Israël. Les médias israéliens ont diffusé la vidéo de l'attaque, où l'on voit le véhicule accélérer puis s'encastrer dans un panneau routier.
Attentat voiture-bélier route 443 : la famille Leiter, deux fois frappée
Neria Leiter appartient à une famille déjà éprouvée par le terrorisme et la guerre. Son frère aîné, le major de réserve Moshe Yedidya Leiter, 39 ans, père de six enfants et étudiant en médecine, commandant adjoint de compagnie dans l'unité Shaldag, est tombé dans le nord de la bande de Gaza en novembre 2023, rappelle le Times of Israël.
Malgré ce deuil, Neria Leiter a poursuivi son service dans la réserve, plusieurs centaines de jours sur différents fronts depuis le 7 octobre 2023. Son père a écrit sur X : « Le terrorisme palestinien tente d'expulser le peuple d'Israël de sa terre. Ils ont choisi la mort, nous avons choisi la vie. »
Sa mère, Chani Leiter, a raconté jeudi matin à la radio militaire comment la famille a appris l'attaque, par l'épouse de son fils. Son petit-fils de 11 ans a été informé par sa mère. Dans la nuit de mercredi à jeudi, une sœur de Neria a donné naissance à une petite fille, rapporte IsraJ.
Attentat voiture-bélier route 443 : l'état de santé du soldat
Neria Leiter a subi plusieurs heures de neurochirurgie complexe, complétées par d'autres interventions, selon Radio-Canada. Les professeurs Alexander Yuskovitz, directeur médical adjoint, et Alon Schwartz, chef du service de traumatologie, suivent son dossier à Shaare Zedek.
« Son état est stable. Il reste grave et sa vie est en danger, mais nous sommes pleins d'espoir », a déclaré le docteur Schwartz, cité par IsraJ. Sur la chaîne N12, il a estimé que la vie du blessé ne serait pas hors de danger avant au moins vingt-quatre heures.
Le patient reste en soins intensifs et aucune nouvelle opération n'est prévue dans l'immédiat, précise-t-il. Son père, à la sortie de l'hôpital, a lancé à la presse : « Continuez à prier, nous avons besoin d'un miracle », rapporte l'AFP.
Une onde de choc diplomatique avant le discours de Netanyahou
Jeudi, Yechiel Leiter a aussi accusé Emmanuel Macron d'« ignorance, de malveillance ou de méchanceté », d'après l'AFP. Le président français avait déclaré la veille à l'ONU que « le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie », une formule que le bureau de Benyamin Netanyahou avait qualifiée d'« absurdité grotesque ».
À Paris, le porte-parole du Quai d'Orsay, Pascal Confavreux, a répondu que la France condamnait « évidemment tout acte terroriste » et que les propos présidentiels ne pouvaient servir à « justifier la colonisation ou la violence des colons ».
Le contexte est celui d'une année de violences en Judée-Samarie. Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, environ 1 100 Palestiniens, combattants et civils, ont été tués depuis 2023 par l'armée israélienne ou des colons.
Les autorités israéliennes font état de leur côté de près de 50 Israéliens tués, tandis que le Times of Israël évoque 67 civils et membres des forces de sécurité.
Dimanche, un Israélien franco-israélien, Netanel Choukroun, avait été tué par balles dans le centre de la Cisjordanie, rappelle l'AFP. L'armée a par ailleurs annoncé que l'état-major de la 98e division prendrait le commandement des brigades régionales de Judée et d'Etzion, dans le sud de la Cisjordanie.
Attentat voiture-bélier route 443 : ce que la presse juive retient ce jeudi n'est pas un bilan de plus, mais le visage d'un réserviste opéré du cerveau pendant que sa sœur mettait au monde une enfant. Vouloir déraciner un peuple se heurte à la même réponse : une famille qui demande des prières et continue de servir.
Voir aussi : le sous-marin INS Drakon et la marine israélienne et l'attentat de Neve Tzuf du 20 septembre.
Article rédigé par la rédaction du Monde Juif.