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Agents iraniens condamnés à Hambourg : huit ans et demi de prison pour un complot contre la communauté juive d'Allemagne

2026-10-16
Agents iraniens condamnés à Hambourg : huit ans et demi de prison pour un complot contre la communauté juive d'Allemagne

Les agents iraniens condamnés à Hambourg travaillaient pour les Gardiens de la Révolution. Jeudi 15 octobre 2026, le tribunal régional supérieur de la ville a condamné deux hommes pour avoir espionné et préparé des attentats contre les responsables de la communauté juive d'Allemagne, rapporte Le Figaro.

La peine du principal accusé est lourde. Ali S., ressortissant danois d'origine afghane de 54 ans, a écopé de huit ans et demi de prison pour espionnage, tentatives de meurtre, incendie criminel et sabotage, précise le Times of Israël.

Agents iraniens condamnés à Hambourg : l'ombre de la Force Al-Qods

Son complice, l'Afghan Tawab M., 43 ans, a été condamné à quatre ans et demi de prison pour tentative de participation à un meurtre. Il devait recruter un troisième homme et fournir l'arme destinée à l'attentat, selon le parquet.

La cour de Hambourg a jugé que l'accusé principal avait été « recruté par le service secret iranien et intégré en son sein pour mener des activités terroristes commanditées par l'État », rapporte Iran International.

Le parquet a établi qu'Ali S. recevait ses ordres de la Force Al-Qods, la branche des opérations extérieures du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, depuis le début de l'année 2025, d'après le Times of Israël.

Les cibles : Josef Schuster, Volker Beck et une épicerie casher de Berlin

La liste des cibles dit tout du projet. Ali S. avait été chargé de surveiller Josef Schuster, président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, et de renseigner sur Volker Beck, président de la société germano-israélienne, rapporte DW.

Le second accusé devait « aider à trouver un tueur à gages » pour éliminer Volker Beck, a précisé la juge Petra Wende-Spors lors du verdict, selon Le Figaro.

Le dossier ne s'arrête pas aux personnalités. L'accusé principal avait aussi repéré deux épiciers juifs de Berlin et préparé un incendie criminel contre une épicerie casher de la capitale allemande, précise DW.

Téhéran, McDonald's et Telegram : les preuves du dossier

L'enquête allemande a documenté des allers-retours réguliers vers l'Iran. Ali S. s'est rendu plusieurs fois à Téhéran pour y rencontrer des agents du renseignement des Gardiens de la Révolution, dont Ali Heydari et Kazem Mohammadi, selon Iran International.

Les enquêteurs ont retrouvé dans son téléphone des recherches sur les épiceries casher de Berlin, l'adresse de Josef Schuster et des photographies de Volker Beck. Le tribunal a aussi examiné des échanges via Telegram et des rendez-vous photographiés dans un McDonald's.

Un détail résume la préparation du commando. Ali S. a demandé à sa fille si elle connaissait une femme palestinienne ou somalienne prête à incendier un commerce juif pour 30 000 couronnes danoises, environ 4 000 euros.

Agents iraniens condamnés à Hambourg : l'ambassadeur d'Iran dans le viseur

Les condamnations relancent la pression sur la représentation iranienne à Berlin. Après l'audience, Volker Beck s'est dit « soulagé » et a exigé l'expulsion immédiate de l'ambassadeur d'Iran, ainsi que la réduction du personnel de l'ambassade « au strict minimum ».

L'ancien député écologiste prévient que le régime n'a rien abandonné. « L'Iran a certes perdu deux outils mais il n'a pas renoncé à ses projets : s'en prendre à la communauté juive et à ceux qui défendent Israël », a-t-il déclaré devant des journalistes.

Il rappelle aussi le cadre général de la menace. « La vie juive et l'attachement à l'État juif et démocratique sont sans cesse menacés de mort et attaqués par le régime de la République islamique d'Iran sur le sol allemand », avait-il averti.

Une arrestation au Danemark et un démenti de Téhéran

L'affaire a une chronologie précise. Les deux hommes ont été arrêtés par les autorités danoises à Aarhus en 2025, puis extradés vers l'Allemagne, où ils ont été placés en détention provisoire.

Berlin avait déjà haussé le ton. Le ministère allemand des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur d'Iran après l'arrestation d'Ali S., et l'ambassade iranienne a rejeté ce qu'elle qualifiait d'« allégations infondées formulées à la demande des ennemis de l'Iran ».

Le parquet fédéral avait requis les peines finalement prononcées, tandis que la défense plaidait l'acquittement. L'audience s'était ouverte en juin devant la même juridiction de Hambourg ; les deux condamnations sont susceptibles d'appel.

Agents iraniens condamnés à Hambourg : une menace qui traverse l'Europe

Le verdict allemand éclaire une séquence plus large. À Berlin, notre article sur l'agression antisémite à Kreuzberg a documenté, la semaine dernière, la même pression sur les Juifs d'Allemagne.

En France, les 1 320 actes antisémites recensés en 2025 représentent 53 % des faits antireligieux pour moins de 1 % de la population, comme le rappelle notre article sur le choc français du 7 Octobre.

Rien, dans le dossier de Hambourg, ne relève de l'incident isolé. Les agents iraniens condamnés à Hambourg appartenaient à un dispositif qui vise, en Europe, la communauté juive et ceux qui défendent Israël, et que Téhéran continue d'alimenter.