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Choc français du 7 Octobre : le Crif alerte sur trois ans d'antisémitisme

2026-10-07
Choc français du 7 Octobre : le Crif alerte sur trois ans d'antisémitisme

Choc français du 7 Octobre : trois ans après les massacres commis par le Hamas en Israël, le président du Crif refuse de réduire la date à un séisme du Proche-Orient. Dans un entretien publié le 7 octobre 2026 par Midi Libre, Yonathan Arfi décrit un événement qui a « libéré les passages à l'acte antisémite » en France.

« On connaît le 7-Octobre comme un séisme au Proche-Orient, il est important de le voir aussi comme un choc français qui a été le révélateur et le catalyseur des fractures de la société », déclare le responsable communautaire. Trois ans après l'attaque de 2023 et ses 1 219 morts, il juge que la France n'a pas refermé la blessure.

Choc français du 7 Octobre : des actes antisémites multipliés depuis 2023

Les chiffres du ministère de l'Intérieur cités par le Crif dessinent une bascule : de quelques dizaines d'actes par an dans les années 1990, la France est passée à 436 en 2022, puis 1 676 en 2023, 1 570 en 2024 et 1 320 en 2025. Soit près de quatre faits enregistrés chaque jour.

Pour Yonathan Arfi, ces actes représentent « à peu près 50 % des actes antireligieux » recensés dans le pays, alors que les juifs ne forment que 1 % de la population française. Il cite le viol antisémite d'une jeune fille de 12 ans à Courbevoie en 2024 et l'attaque contre la synagogue de La Grande Motte la même année.

L'étude Ifop de mars 2025 qu'il convoque mesure la profondeur du phénomène : 37 % des 11-18 ans refusaient de nouer une relation amicale ou sentimentale avec un élève juif qui soutiendrait Israël. Le Crif parle d'un « antisémitisme d'atmosphère », visible dans les collèges et les lycées.

Choc français du 7 Octobre : l'alyah franchit un seuil

La conséquence démographique inquiète le président du Crif. L'alyah, l'immigration des juifs vers Israël, était de l'ordre de 1 500 à 2 000 personnes par an ; elle atteint « un peu plus de 4 000 » en 2026. Un signal, selon lui, pour l'ensemble de la société française.

Sur le terrain, il décrit une « vigilance accrue » des Français juifs : mezouzas rentrées à l'intérieur des logements, noms modifiés sur les applications mobiles, et logiques de boycott, comme celui visant l'artiste Barbara Butch.

Choc français du 7 Octobre : Macron promet de « combattre l'antisémitisme »

Le même jour, Emmanuel Macron a salué la mémoire des victimes des « attaques terroristes barbares du Hamas », promettant de « combattre l'antisémitisme et le terrorisme, partout et toujours », rapporte Le Monde.

À New York, Israël a commémoré l'anniversaire au siège de l'ONU. « Même dans ce bâtiment, l'ONU essaie de diaboliser et d'isoler Israël », a accusé l'ambassadeur Danny Danon, selon ONU Info. Pour la première fois depuis l'attaque, aucun otage, vivant ou mort, ne demeurait à Gaza.

Dans Le Figaro, cinq personnalités signent une tribune estimant que « le sort des juifs d'Europe se dégrade à mesure que le continent s'islamise », après une motion du Parti vert britannique assimilant le sionisme à une forme de racisme.

Choc français du 7 Octobre : une journée de commémorations sous tension

En Israël, l'armée a été placée en état d'alerte pour ce troisième anniversaire, sur crainte de nouvelles attaques. À Paris, une manifestation du collectif Urgence Palestine a été interdite par le ministre de l'Intérieur pour risque de « troubles à l'ordre public », précise Midi Libre.

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est par ailleurs accusée d'avoir retiré un drapeau israélien d'une exposition consacrée au 7-Octobre au Parlement européen, lundi. Le Monde Juif a détaillé cette accusation portée par l'eurodéputé François-Xavier Bellamy.

Choc français du 7 Octobre : LFI et RN renvoyés dos à dos

Le président du Crif vise une « stratégie assumée » de La France insoumise, consistant à « utiliser les complaisances antisémites comme un carburant électoral depuis le 7-Octobre ». Il dénonce un parti qui « ostracise » les Français juifs et les stigmatise.

Malgré ses dénégations, l'affaire Bardella « conforte les institutions juives dans la méfiance » vis-à-vis du Rassemblement national. Selon une étude de la CNCDH de juin 2026, les sympathisants du RN et de ceux de LFI sont les plus poreux aux préjugés antisémites.

Pour Yonathan Arfi, cette « matrice » remonte à Alain Soral à l'extrême droite et à Dieudonné à l'extrême gauche, deux prédicateurs qui « se rejoignent sur la question de l'antisémitisme ». Il appelle à résister « aux sirènes populistes et démagogiques ».

Trois ans après, le choc français du 7 Octobre reste donc vécu, dans les institutions juives, comme une rupture durable. Le président du Crif formule un « appel à la responsabilité républicaine » et juge que « préserver notre cadre républicain, nos valeurs » conditionne l'avenir de toute la communauté nationale.