Rima Hassan et le drapeau israélien : accusée d'avoir renversé l'emblème du 7-Octobre au Parlement européen
Rima Hassan et le drapeau israélien : l'eurodéputée de La France insoumise est accusée d'avoir renversé, lundi 5 octobre 2026, l'emblème de l'État hébreu installé dans les couloirs du Parlement européen, à côté de celui de l'Union européenne, pour la commémoration des massacres du 7-Octobre. L'accusation vient de son collègue Les Républicains François-Xavier Bellamy.
Selon l'élu LR, repris par Le Figaro, l'élue insoumise aurait « renversé » les deux étendards, photographie à l'appui. Une version que corroboreraient des témoins oculaires et les images de vidéosurveillance du Parlement, affirme son entourage. Rima Hassan n'avait pas réagi publiquement dans les heures qui ont suivi.
Rima Hassan et le drapeau israélien : ce qu'a dénoncé François-Xavier Bellamy
Dans l'hémicycle, l'eurodéputé a demandé à la présidence du Parlement de « sanctionner sans délai » sa collègue. « Quel que soit le regard que nous portons sur la situation au Moyen-Orient, renverser le drapeau européen dans l'enceinte du Parlement européen est évidemment une indignité », a-t-il déclaré, cité par Europe 1.
Le responsable LR juge le geste « scandaleux » à un second titre : s'en prendre au drapeau israélien à quelques jours du troisième anniversaire du 7-Octobre. Il y voit une complicité avec ceux qui, « y compris en Europe, cherchent à importer de nouveau la haine antisémite ».
Rima Hassan et le drapeau israélien : l'emblème dressé pour les trois ans du 7-Octobre
L'emblème bleu et blanc avait été installé dans les couloirs du Parlement européen pour la commémoration du 7-Octobre 2023, au cours duquel près de 1 200 personnes ont été tuées en Israël par le Hamas, rappelle Le Figaro. Il voisinait avec le drapeau de l'Union européenne, dans un espace de recueillement.
La séquence intervient à la veille du troisième anniversaire des massacres. À Paris, le Crif ouvre du 6 au 8 octobre un pavillon mémoriel place des Vosges, un dispositif déjà présenté par Le Monde Juif.
Rima Hassan et le drapeau israélien : l'indignation au Parlement et au Crif
L'eurodéputée LR Céline Imart a décrit une scène plus grave encore : Rima Hassan aurait été vue « piétinant et vandalisant les drapeaux ». « Le deuil des innocents lui sert de décor pour son happening », a-t-elle écrit sur X, y voyant une atteinte à « nos valeurs et notre identité ».
Au Rassemblement national, l'eurodéputé Fabrice Leggeri, ancien directeur de Frontex, a dénoncé une provocation : « Avec LFI, même la mémoire des victimes du terrorisme devient un terrain de provocation ».
Le président du Crif, Yonathan Arfi, a évoqué, si les faits étaient confirmés, une « double indécence ». « Face aux victimes du pire massacre de Juifs depuis la Shoah, Rima Hassan choisit par ce geste ouvertement le camp du Hamas », a-t-il écrit sur X. Pour lui, il ne s'agit pas seulement d'une provocation, mais d'une « profanation ».
Rima Hassan et le drapeau israélien : un duel de longue date avec Bellamy
L'épisode s'ajoute à un bras de fer ancien entre les deux eurodéputés. En juillet 2024, François-Xavier Bellamy avait mené la fronde contre la candidature de Rima Hassan à la vice-présidence d'une sous-commission des droits de l'homme du Parlement.
L'Insoumise avait répliqué sur X dans un message depuis supprimé, que l'élu avait jugé menaçant et signalé à la justice. Sa plainte a été classée sans suite, le parquet jugeant la menace insuffisamment caractérisée, selon Le Figaro.
Rima Hassan est par ailleurs poursuivie pour apologie du terrorisme. Son procès a été renvoyé à octobre 2026, comme l'ont rapporté Le Monde et Le Dauphiné Libéré.
Rima Hassan et le drapeau israélien : ce qui reste à établir
À ce stade, la présidence du Parlement européen n'a annoncé aucune sanction, et Rima Hassan n'a pas commenté l'accusation portée contre elle. Les images de vidéosurveillance invoquées par l'entourage de l'élu LR n'ont pas été rendues publiques.
Le dossier Rima Hassan et le drapeau israélien prolonge une série de polémiques sur la place de l'élue insoumise dans le débat français sur l'antisémitisme. Sa citoyenneté d'honneur à La Courneuve fait déjà l'objet d'un recours devant la justice administrative.