Mémoire

Colloque Raul Hilberg : à Paris, un centenaire pour relire la destruction des Juifs d'Europe

2026-11-02
Colloque Raul Hilberg : à Paris, un centenaire pour relire la destruction des Juifs d'Europe

Colloque Raul Hilberg : du 8 au 10 novembre 2026, Paris accueille un symposium international consacré à l'historien américain né en 1926. Le Mémorial de la Shoah, le CRH-EHESS, le CNRS, l'Institut historique allemand et Sciences Po unissent leurs forces pour relire une oeuvre décisive.

Colloque Raul Hilberg : trois jours, deux lieux

Le symposium se tient entre le Mémorial de la Shoah et l'Institut historique allemand de Paris. Trois jours de travail académique, sans dimension commémorative. Le programme complet est disponible en PDF sur le site de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Le dimanche au Mémorial

Le dimanche 8 novembre, l'auditorium Edmond J. Safra, rue Geoffroy l'Asnier, ouvre le cycle à 15h30. Jacques Fredj accueille le public, Florent Brayard préside, et Olof Bortz prononce la conférence inaugurale, selon le programme officiel de Sciences Po.

Le titre annonce la couleur : « Le politologue face à l'histoire. Raul Hilberg et la portée politique de la Shoah ». La conférence interroge la place de l'historien dans le débat public, entre expertise et engagement.

Le lundi et le mardi à l'Institut historique allemand

Les sessions des 9 et 10 novembre se tiennent à l'Institut historique allemand, 8 rue du Parc-Royal, dans le 3e arrondissement. Elles se déroulent intégralement en anglais et ne demandent aucune inscription, précise l'Institut historique allemand.

Le colloque s'installe dans un lieu de recherche franco-allemand, loin du seul registre commémoratif. La billetterie du Mémorial confirme l'entrée gratuite du dimanche, sur réservation, avec traduction simultanée français-anglais.

La structure avant le récit

Raul Hilberg publie La Destruction des Juifs d'Europe en 1961. L'ouvrage reste longtemps la seule histoire systématique et détaillée de la structure et de la politique du génocide, rappelle la page de Sciences Po.

La traduction française paraît en 1985, dans une édition revue et augmentée. Hilberg décrit une machine administrative avant de raconter des destins.

Colloque Raul Hilberg : un politologue devenu historien

Formé à la science politique, Hilberg analyse les chaînes de décision, les services, les chemins de fer, les budgets. Perpetrators, Victims, Bystanders, publié en 1992, prolonge cette méthode en distribuant les rôles sociaux du génocide.

Le colloque veut réexaminer cette trajectoire et cette oeuvre à partir de points de vue multiples. Les organisateurs parlent d'une relecture professionnelle autant qu'intellectuelle.

Le seul historien du film Shoah

Hilberg est le seul historien à apparaître dans Shoah, le film de Claude Lanzmann sorti en 1985. Son livre constituait une référence centrale pour le cinéaste.

Cette présence unique dit le rôle charnière de l'historien dans la mémoire publique. La table ronde du 8 novembre revient sur ce tournage dans le Vermont et sur les images non montées.

Un centenaire pour la recherche actuelle

Le symposium ne se limite pas à la commémoration d'un anniversaire. Son objectif affiché est d'évaluer l'impact de l'oeuvre de Hilberg sur la recherche présente et future consacrée à la Shoah, et plus largement aux génocides.

La comparaison des génocides figure explicitement dans le programme. Cette ouverture distingue le colloque d'une simple célébration savante.

Colloque Raul Hilberg : ce que le centenaire veut rouvrir

Les organisateurs associent le Centre de recherches historiques de l'EHESS, le CNRS, le Centre d'histoire de Sciences Po, le Mémorial de la Shoah et l'Institut historique allemand. Cette alliance institutionnelle traduit une ambition collective.

La recherche française sur la Shoah y trouve un interlocuteur américain décisif, trop souvent réduit à un seul livre. Le centenaire oblige à mesurer l'ensemble de l'oeuvre.

Une mémoire savante, pas une commémoration

La mémoire juive se nourrit de commémorations, mais elle se vérifie dans les archives. Le colloque Raul Hilberg appartient à cette seconde tradition, celle qui préfère la preuve documentaire à l'émotion publique.

Une société qui confond mémoire et célébration finit par ne plus distinguer l'histoire de la rhétorique. Le centenaire de Hilberg rappelle cette exigence.

Colloque Raul Hilberg : ce que Paris doit à l'archive

La France a mis des décennies à traduire et à discuter Hilberg. Le colloque de novembre 2026 répare une partie de ce retard, en installant trois jours de travail académique au coeur de Paris.

La leçon vaut pour la recherche comme pour le débat public : la Shoah s'étudie dans les fonds d'archives, pas dans les slogans.

Une leçon pour la recherche française

Le programme du Mémorial pour l'automne 2026 inscrit ce colloque dans une saison consacrée à la transmission, aux côtés d'expositions et de témoignages de rescapés.

Il rappelle qu'un historien peut devenir un lieu de mémoire sans avoir cherché à l'être. La postérité de Hilberg tient autant à ses archives qu'à sa méthode.

Le centenaire comme obligation

Le site a consacré un article aux tissus rituels rendus à la communauté juive de Berlin et un autre au tableau spolié de Tarbes rendu aux héritiers Philippson.

La mémoire de la Shoah se joue autant dans les amphithéâtres que dans les salles de vente. Le colloque Raul Hilberg en offre la preuve savante, du 8 au 10 novembre 2026.

Article rédigé par la rédaction du Monde Juif.