Sous-munition du Hezbollah en Haute-Galilée : Elazar Yair Wilensky, 14 ans, tué pendant une sortie scolaire
Une sous-munition du Hezbollah a tué un adolescent de 14 ans et blessé 24 élèves et enseignants de la yeshiva ORT de Maalot, lundi 12 octobre 2026, lors d'une randonnée scolaire sur la crête de Ramim, en Haute-Galilée, à quelques centaines de mètres de la frontière libanaise.
La victime s'appelait Elazar Yair Wilensky. Il était élève de neuvième année et benjamin d'une fratrie de cinq enfants, selon i24NEWS. Sa famille le décrit comme un garçon « qui aimait profondément la vie », intelligent et apprécié de ses amis.
Le Times of Israël rapporte que le groupe circulait sur la route panoramique de la forêt des monts Naftali lorsqu'un engin non explosé a détoné, aux alentours de 15 h 30.
Sous-munition du Hezbollah : ce que les secours ont constaté sur place
Le Magen David Adom a pris en charge 24 blessés : deux adolescents de 14 ans dans un état grave, dix personnes en état modéré, dont deux adultes, et douze élèves examinés sur place pour des blessures légères.
Les victimes ont été réparties entre trois hôpitaux du nord du pays. Le centre hospitalier Ziv de Safed a accueilli 14 personnes, l'hôpital de Galilée à Nahariya six, et le Rambam de Haïfa les quatre dernières.
Un secouriste intervenu sur place, David Radko, a découvert des blessés « tout le long de la route ». Il a salué la réactivité des élèves, certains ayant appliqué ses consignes pour poser des garrots sur leurs camarades.
Sous-munition du Hezbollah : un engin ramassé pendant la marche
Selon l'enquête préliminaire des autorités, un élève aurait découvert la munition non explosée sur le parcours avant de la placer dans son sac à dos. Elle aurait détoné plusieurs minutes plus tard, rapporte i24NEWS.
Le commandant du district nord de la police israélienne, Meir Eliyahu, a livré une version différente : l'engin aurait explosé « dans les mains » de l'un des élèves. Les circonstances exactes restent à établir.
Tsahal estime que l'engin provenait d'un projectile à fragmentation tiré par le Hezbollah. Lors du récent conflit, le groupe chiite a lancé sur le nord d'Israël des roquettes Grad contenant des dizaines de sous-munitions de modèle BRB1, qui n'explosent pas systématiquement à l'impact.
Un sentier interdit par le KKL, une sortie pourtant autorisée
À proximité immédiate du drame, une pancarte du Fonds national juif (KKL-JNF) interdit l'entrée des forêts et des aires de camping « en raison des dégâts occasionnés par la guerre », avec la mention « DANGER ! PASSAGE INTERDIT ! » en hébreu, en arabe et en anglais.
Un avis publié sur le site du KKL-JNF le 25 mai 2025 précise que la piste cyclable et la route panoramique des monts Naftali sont fermées pour travaux de remise en état, comme le détaille le Times of Israël.
La police affirme pourtant que la sortie scolaire disposait de toutes les autorisations nécessaires. Des sources sécuritaires citées par i24NEWS indiquent que le secteur avait été inspecté et déclaré sûr avant la randonnée.
Maalot-Tarshiha en deuil, Netanyahou au chevet des blessés
Le maire de Maalot-Tarshiha, Moti Ben David, a présenté ses condoléances à la famille Wilensky. Une cellule psychologique réunissant psychologues et travailleurs sociaux a été ouverte dans la commune pour les élèves, le personnel éducatif et les proches.
Le ministère de l'Éducation a qualifié les faits d'« incident extrêmement grave ». Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a été informé et s'est entretenu avec le directeur général du Magen David Adom, Eli Bin, le ministre de l'Éducation Yoav Kisch et son secrétaire militaire, avant d'annuler ses engagements de fin de journée, dont un déplacement en Cisjordanie.
Selon le journal de la matinée de Radio J, les excursions dans le nord du pays ont été annulées ou reportées pendant 48 heures. La même revue de presse évoque des tentatives du Hezbollah d'introduire plusieurs centaines de kilos d'explosifs au Liban.
Le drame intervient à trois semaines des élections législatives israéliennes du 27 octobre, dans un pays où les munitions non explosées issues du conflit continuent de menacer les civils du nord, comme le relatait Ouest-France.
Il intervient aussi au lendemain des révélations d'Avi Gil sur les archives du 7-Octobre, qui ont rouvert le débat israélien sur les défaillances de l'État face au Hezbollah et au Hamas.
Ce drame rappelle que la sous-munition du Hezbollah n'est pas un vestige abstrait de la guerre : elle tue encore, trois ans après le 7-Octobre, sur des sentiers que des enfants israéliens empruntent pour une simple randonnée scolaire.