Israël

Avi Gil accuse Netanyahou : l'ex-secrétaire militaire dénonce la falsification d'archives du 7-Octobre

2026-10-09
Avi Gil accuse Netanyahou : l'ex-secrétaire militaire dénonce la falsification d'archives du 7-Octobre

Avi Gil accuse Netanyahou : dans un entretien diffusé jeudi soir sur la chaîne israélienne N12, l'ancien secrétaire militaire du Premier ministre brise trois ans de silence et affirme que des comptes rendus officiels du 7-Octobre ont été modifiés.

Le général de réserve, âgé de 54 ans, a occupé ce poste de juillet 2021 à mai 2024, auprès de Naftali Bennett, Yaïr Lapid puis Benjamin Netanyahou. C'est lui qui a réveillé le chef du gouvernement au matin de l'attaque du Hamas, le 7 octobre 2023, comme le rapporte i24NEWS.

Avi Gil accuse Netanyahou : un compte rendu modifié de 6 h 40 à 6 h 29

Le cœur de ses révélations porte sur l'heure d'un appel. Selon Gil, une sténographe du cabinet lui a confié, en janvier 2024, que le chef de cabinet Tzachi Braverman lui avait ordonné de modifier l'heure consignée de l'échange téléphonique de 6 h 40 pour la ramener à 6 h 29.

Six heures vingt-neuf correspond à l'instant précis où le Hamas a lancé son offensive. Une heure avancée pouvait donc laisser croire que Netanyahou avait été informé dès le déclenchement de l'attaque, souligne le Times of Israël.

D'après la chaîne N12, Braverman a d'abord tenté de convaincre la sténographe que l'horaire de 6 h 40 était erroné. Après son refus, il aurait procédé lui-même à la correction, alors que l'appel avait été enregistré et daté de 6 h 40 à 6 h 44.

Braverman, un chef de cabinet sous enquête pour falsification

Tzachi Braverman fait l'objet d'une enquête pour soupçon de falsification et de fraude pour soupçon de falsification et de fraude, et a déjà été interrogé par la police, confirme le Times of Israël. Il est soupçonné d'avoir avancé l'heure du premier compte rendu annonçant à Netanyahou l'invasion du Hamas.

Gil assure avoir alerté la procureure générale de l'État dès les premières semaines de la guerre. Il déclare avoir remis ses seize cahiers de notes, numérisés et conservés sur un ordinateur classifié du renseignement militaire, à la disposition d'une éventuelle commission d'enquête, rapporte le Jerusalem Post.

Avi Gil accuse Netanyahou : des avertissements ignorés avant l'attaque

L'ancien secrétaire militaire contredit la thèse du Premier ministre, selon laquelle le renseignement ne l'aurait pas suffisamment alerté. Il évoque quatre lettres d'Amit Sa'ar, alors responsable de la recherche militaire, ainsi que des mises en garde du chef du renseignement militaire, du chef d'état-major et du directeur du Shin Bet.

Des opérations préventives contre des responsables terroristes à Gaza auraient été proposées avant le 7-Octobre, sans jamais être approuvées, assure-t-il. Il rejette en revanche toute accusation de trahison : « Il y a eu des échecs, un échec retentissant du système. Mais une trahison ? Non », déclare-t-il sur N12.

La riposte de Netanyahou et la réaction du Likud

Face à ces accusations, Benjamin Netanyahou a répliqué en mettant en cause son ancien collaborateur. Selon le Premier ministre, Avi Gil détenait des informations sur l'imminence d'une attaque et aurait choisi de ne pas le réveiller à temps, rapporte i24NEWS.

Le Likud a qualifié l'entretien de « propagande fausse et politiquement motivée », selon le Jerusalem Post. Gil récuse cette lecture et livre une chronologie précise : alerte reçue à 3 h 55, réveil à 6 h 12, appel à Netanyahou à 6 h 29, puis ces mots à 6 h 40 : « Nous sommes en guerre. »

Un séisme politique à trois semaines des législatives

Les réactions ont été immédiates. L'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot a accusé Netanyahou d'avoir « trompé et trahi la confiance de tout un pays » et demandé à la procureure générale d'examiner d'éventuelles infractions pénales.

Naftali Bennett a réclamé le départ du Premier ministre, quand Yaïr Lapid lui reprochait de vouloir « réécrire l'histoire », selon i24NEWS. Les appels à une commission d'enquête nationale se multiplient à trois semaines du scrutin du 27 octobre.

Ce séisme israélien intervient après des commémorations du 7-Octobre marquées, côté français, par le déplacement de Jean-Noël Barrot en Israël, que nous relations dans notre article sur le chef de la diplomatie à Jérusalem.

Avi Gil accuse Netanyahou de falsification, mais l'instruction dira ce qu'il en reste : la portée judiciaire des révélations demeure inconnue. Une certitude, à trois ans de l'attaque, le débat israélien sur les défaillances du 7 octobre a cessé d'être un débat d'archives.