Jean-Noël Barrot en Israël : le chef de la diplomatie rend hommage aux victimes du 7-Octobre
Jean-Noël Barrot en Israël : le ministre français des Affaires étrangères s'est rendu mercredi 7 octobre dans l'État hébreu pour rendre hommage aux victimes de l'attentat du Hamas du 7 octobre 2023. Le chef de la diplomatie a parcouru plusieurs lieux du massacre, du kibboutz Beeri à la place des Otages de Tel-Aviv.
Il a achevé sa journée sur le site du festival Tribe of Nova, près de Réïm, aux côtés du président israélien Isaac Herzog, à l'heure où le pays tout entier observait une minute de silence à 6 h 29, heure exacte du début de l'assaut.
Jean-Noël Barrot en Israël : de Beeri à Tel-Aviv, un parcours de recueillement
Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères avait annoncé une visite de commémoration. Selon Le Figaro, le ministre devait se rendre à 10 h 30 sur la place des Otages, à Tel-Aviv, puis rejoindre le kibboutz Be'eri dans l'après-midi, avec une étape à Nir Oz envisagée.
Le kibboutz Be'eri reste l'un des lieux les plus durement frappés du 7 octobre 2023. Sur place, 101 civils ont été tués, ainsi que 23 soldats et huit policiers tombés lors des combats pour reprendre le kibboutz, selon le bilan de l'armée israélienne relayé par Euronews.
Le site du festival Nova, où plus de 300 personnes ont été tuées ce jour-là, a constitué le point d'orgue. Le ministre y a échangé avec la Franco-Israélienne Katia Zohar, dont la fille Bar, âgée de 23 ans, avait été assassinée au festival, rapporte l'AFP via France 24.
« Ce poison » de l'antisémitisme dénoncé depuis Réïm
Devant les caméras, à Réïm, Jean-Noël Barrot a inscrit son déplacement dans le combat contre la haine antijuive. « Alors que nos sociétés sont confrontées au retour d'un antisémitisme désinhibé, nous ne laisserons pas ce poison se diffuser au sein de la République », a-t-il déclaré.
« Car tout dans l'âme de la France rejette l'antisémitisme et la haine de l'autre », a-t-il ajouté. Le ministre a qualifié l'attentat d'« attentat abominable », qui a « blessé le peuple israélien et tous les juifs dans leur chair » et provoqué « un traumatisme qu'il est interdit de relativiser ».
Il a également estimé que « le Hamas a voulu ce jour-là tuer la possibilité même de la coexistence », promettant d'œuvrer à « une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens », selon France 24.
Aucune rencontre officielle avec les autorités israéliennes
Particularité du déplacement : aucun entretien avec de hauts responsables israéliens n'était programmé. Un responsable français cité par le Times of Israël a précisé que la visite avait pour seul but « de rendre hommage aux victimes du 7-Octobre ».
Paris a donc choisi le terrain de la mémoire, dans un moment de crise ouverte. Deux semaines plus tôt, Emmanuel Macron avait dénoncé à l'Assemblée générale de l'ONU un « spectacle qui nous fait honte à tous » à Gaza, avant que le bureau de Benyamin Netanyahou ne réponde par la formule d'« absurdité grotesque ».
En août, Jean-Noël Barrot avait par ailleurs jugé « insupportables et inhumains » des propos d'Itamar Ben Gvir préconisant de tuer « 30 ou 40 » personnes chaque nuit à Gaza, rappelle France 24. Début septembre, Paris a annoncé la fin du commerce avec les colonies, aux côtés de onze autres pays.
51 Français tués : la « solidarité de la Nation » aux familles
Sur le réseau social X, le ministre a rappelé que 51 ressortissants français avaient perdu la vie le 7 octobre 2023, joignant à son message une liste de noms de victimes. « Nous ne les oublierons jamais. Rien n'effacera ni leurs visages, ni leurs noms », a-t-il écrit.
Son ministère avait indiqué qu'il échangerait avec des familles de victimes, notamment françaises, pour leur témoigner la « solidarité de la Nation ». L'attaque du Hamas a entraîné la mort de 1 221 personnes, selon le décompte de l'AFP, et 251 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza.
En riposte, l'offensive israélienne dans la bande de Gaza a fait plus de 74 200 morts, selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du Hamas et dont les statistiques sont jugées fiables par l'ONU, d'après 20 Minutes.
Jean-Noël Barrot en Israël : une visite de mémoire dans une relation dégradée
Ce déplacement s'inscrit dans la lignée des hommages français du 7-Octobre, du bilan dressé par le Crif à l'allée Shiri Bibas du parc Monceau, à Paris. Trois ans après, la communauté juive de France compte toujours ses morts et ses otages.
Reste que la mémoire ne règle pas la diplomatie. Paris continue de défendre la solution à deux États et de dénoncer la situation humanitaire à Gaza comme les violences des colons en Cisjordanie, y compris après avoir acté la fin du commerce avec les colonies.
Le Times of Israël résume la situation d'une formule : les relations entre Paris et Jérusalem ont atteint leur point le plus bas. Jean-Noël Barrot a choisi de séparer les deux dossiers le temps d'une journée de recueillement.