Mémoire

Allée Shiri Bibas au parc Monceau : Paris honore la famille Bibas trois ans après le 7-Octobre

2026-10-07
Allée Shiri Bibas au parc Monceau : Paris honore la famille Bibas trois ans après le 7-Octobre

L'allée Shiri Bibas au parc Monceau a été inaugurée mardi 6 octobre à Paris, la veille du troisième anniversaire de l'attentat du Hamas. La Ville de Paris y honore Shiri Bibas et ses deux fils, Ariel, 4 ans, et Kfir, neuf mois, enlevés à leur domicile du kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023 et tués en captivité.

La cérémonie s'est tenue en présence du maire de Paris, Emmanuel Grégoire, du président du Crif, Yonathan Arfi, de l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka, et de Sandra Ifrah, porte-parole de l'association Women United for Peace, rapporte le Times of Israël.

Allée Shiri Bibas au parc Monceau : une décision prise à l'unanimité

Le Conseil de Paris a adopté mardi à l'unanimité la délibération qui crée cette allée, après une minute de silence dans l'hémicycle. Le texte fait de « l'innocence bafouée d'Ariel et Kfir Bibas » le symbole de « la haine antisémite des attentats massifs perpétrés le 7 octobre 2023 », rapporte Le Parisien.

Emmanuel Grégoire a salué trois victimes « lâchement assassinées par des terroristes lors de ce qui est le pogrom le plus meurtrier de l'histoire récente ». L'allée retenue, « particulièrement apaisée » selon la Ville, a exigé une dérogation à la règle des cinq ans avant qu'une voie publique porte le nom d'une personne disparue.

« Ils portaient sur leur visage la douceur de l'enfance », a déclaré Joshua Zarka. « Leur innocence, malgré la barbarie qui les a arrachés à la vie, a fini par triompher », a-t-il ajouté, cité par l'AFP.

Allée Shiri Bibas au parc Monceau : une plaque retirée après une erreur

L'inauguration a toutefois été entachée d'une faute. La plaque commémorative provisoire dévoilée mardi indiquait qu'Ariel Bibas avait 9 ans au moment des faits, alors que l'enfant avait 4 ans lors de son enlèvement.

Le maire de Paris a reconnu sur X une « erreur regrettable » et adressé les excuses de la Ville aux personnes blessées par cette confusion. La plaque a été retirée immédiatement et devait être remplacée dans la journée.

Ce geste s'inscrit dans un contexte politique chargé. En juin dernier, la Ville de Paris avait attribué la citoyenneté d'honneur aux populations civiles et aux journalistes palestiniens de Gaza, une décision critiquée par la droite.

À Carcassonne et à Carpentras, deux hommages dans des villes dirigées par le RN

À Carcassonne, le maire RN Christophe Barthès a inauguré une stèle dédiée aux victimes du 7-Octobre. Sa mairie rappelle que « 1 200 personnes, en grande majorité des civils israéliens, ont été tuées, dont 51 ressortissants français », avant de lancer : « Face à l'antisémitisme, ne cédons rien ! »

À Carpentras, le maire RN Hervé de Lépinau a organisé un dépôt de gerbe. Selon Le Dauphiné libéré, il s'agit d'une première dans cette ville, berceau de l'une des plus anciennes communautés juives de France.

Nice et Montpellier : la mémoire des victimes françaises

À Nice, la municipalité d'Éric Ciotti (UDR) et la représentation régionale du Crif organisent mercredi une cérémonie au Mémorial du 7 octobre, sur la colline du Château. Ce site dédié aux victimes avait été inauguré l'an dernier, pour le deuxième anniversaire de l'attentat.

À Montpellier, un hommage est rendu à Valentin Ghnassia, étudiant en droit de 23 ans engagé dans l'armée israélienne, tué au kibboutz de Be'eri alors qu'il tentait de sauver des otages, selon Midi Libre.

La soirée, prévue à 18 h 30 au centre culturel juif Simone Veil, associe la mémoire des victimes françaises et « l'interrogation sur l'antisémitisme croissant », explique Perla Danan, présidente régionale du Crif.

Place des Vosges : le pavillon mémoriel du Crif jusqu'au 8 octobre

À Paris, le Crif tient place des Vosges un pavillon mémoriel ouvert du 6 au 8 octobre. Deux sculptures de Gérard Garouste, L'Arbre de Vie et Guer, structurent un parcours photographique consacré aux victimes et à l'antisémitisme en France depuis trois ans, précise le Crif.

L'édition 2026 met l'accent sur les femmes du 7-Octobre et sur l'utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre. Sophia Aram intervient mercredi à 17 h, suivie à 18 h de Christine Angot, qui présente son livre Je change de nom.

À la veille de cette journée, Yonathan Arfi a estimé dans Le Monde que le 7-Octobre a marqué « un avant et un après » pour les juifs de France. Il décrit une « césure intérieure » et un « traumatisme » toujours vifs.

Pourquoi la mémoire du 7-Octobre s'installe dans l'espace public

En Israël, les cérémonies officielles se sont tenues lundi 5 octobre, à une date fixée par le gouvernement selon le calendrier hébraïque. Mercredi, des familles ont observé une minute de silence à 6 h 29 sur le site du festival Nova, rapporte Le Parisien. Au kibboutz Kfar Aza, 64 habitants avaient été tués et 18 enlevés.

L'attaque a fait 1 221 morts, dont 51 ressortissants français, et 251 personnes ont été enlevées, selon le décompte de l'AFP. Les commémorations se déroulent à trois semaines des élections législatives israéliennes, les premières depuis l'attaque.

En France, la mémoire du 7-Octobre s'inscrit désormais dans la pierre. Le pavillon mémoriel du Crif et les cérémonies de Reïm et de Tel-Aviv avaient ouvert la voie ; l'allée Shiri Bibas au parc Monceau en est l'illustration parisienne la plus visible.