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Mathilde Panot refuse le ruban rose d'Octobre rose et rattache la campagne à Israël

2026-10-11
Mathilde Panot refuse le ruban rose d'Octobre rose et rattache la campagne à Israël

Mathilde Panot refuse le ruban rose d'Octobre rose. Dans une vidéo de trois minutes publiée vendredi 9 octobre sur X, la présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale explique pourquoi elle ne portera pas le symbole de la campagne de dépistage du cancer du sein.

L'élue y rattache la campagne à une multinationale de l'agrochimie implantée en Israël. La séquence a déclenché une tempête politique, de la ministre de la Santé à Marine Le Pen, comme le rapportent Libération et i24NEWS.

Mathilde Panot refuse le ruban rose : ce que dit la vidéo du 9 octobre

« La lutte contre le cancer ne doit pas être du vernis rose », déclare l'élue du Val-de-Marne. Elle poursuit : « Quand on gratte le vernis rose, on découvre le cynisme absolu. Voilà comment les empoisonneurs font double profit », rapporte BFMTV.

Sa conclusion tient en une formule : « Nous ne voulons pas un Octobre rose, mais un Octobre colère ». Elle assure que la France est « le deuxième pays au monde le plus touché par les cancers du sein » et cible les « hypocrites » de la macronie, de la droite et de l'extrême droite.

L'argumentaire part de l'industrie chimique. Selon la députée, Syngenta descend d'Imperial Chemical Industries, qui vendait « le poison qui vous rend malade » puis « le traitement pour cette même maladie », détaille TF1 Info.

Syngenta, Adama et « l'expansion coloniale » : le passage sur Israël

C'est un autre passage de la vidéo qui a mis le feu. Mathilde Panot cite « la filiale israélienne Adama, qui produit des pesticides génériques », et estime que le groupe est « étroitement lié au projet d'expansion coloniale d'Israël ».

Elle l'accuse de répandre massivement des pesticides « sur les terres palestiniennes et libanaises ». Selon le Huffington Post, la députée présente également Syngenta comme « le plus gros producteur de pesticides au monde ».

Le lien reste indirect. Syngenta, créée en 2000, est l'héritière de la branche agrochimique d'ICI, et la filiale israélienne qu'elle mentionne est Adama Agricultural Solutions, fabricant de produits phytosanitaires dont le siège est en Israël.

Une chronologie contredite par les faits

Le raisonnement se heurte à un problème de dates. Octobre rose a été lancé en 1985 aux États-Unis, par l'American Breast Society avec l'appui d'Imperial Chemical Industries, note le Huffington Post. La multinationale Syngenta, elle, n'existait pas encore.

En France, la campagne est arrivée en 1994, à l'initiative d'Estée Lauder France et du magazine Marie Claire, rappelle une note de contexte ajoutée sous la publication. Le ruban rose lui-même a été créé en 1992 par Alexandra Penney et Evelyn Lauder, précise Le Figaro.

« Le Ruban Rose existe en France depuis 1994, bien avant Macron », a résumé la haute-commissaire à l'Enfance Sarah El Haïry. Le site Le Rempart rappelle pour sa part qu'en France le cancer du sein reste le plus fréquent chez les femmes, avec 61 214 nouveaux cas estimés en 2023.

« Une obsession d'Israël » : un tollé transpartisan

« Cette obsession, derrière laquelle se cache un antisémitisme de plus en plus assumé, ne trompera personne » : la phrase de Marine Le Pen vise directement Mathilde Panot. La dirigeante du RN reproche à l'élue LFI de refuser le ruban rose « parce qu'elle y voit un lien avec Israël ».

La ministre de la Santé Stéphanie Rist juge que « la lutte contre le cancer du sein mérite mieux que des approximations scientifiques et des polémiques politiques ». La ministre de l'Égalité femmes-hommes Aurore Bergé lance, elle : « Vous n'avez jamais honte ? »

L'ancienne ministre Prisca Thevenot déclare que « même un ruban rose n'échappe pas » à « cette obsession d'Israël », tandis que l'ex-ministre de la Santé Aurélien Rousseau dénonce une « mise en scène indécente ». Claire Geronimi, vice-présidente de l'UDR, fustige une instrumentalisation de la lutte contre le cancer « pour servir son idéologie politique ».

Mathilde Panot refuse le ruban rose : trois ans de focalisation sur Israël

La séquence s'inscrit dans une ligne constante depuis le 7 octobre 2023. LFI multiplie les prises de position sur Israël, de la réunion annulée à Nice à l'incident du drapeau israélien au Parlement européen, en passant par le blocage du lycée de Carpentras.

Les messages antisémites dénoncés à l'université de Créteil relèvent d'un autre dossier, mais participent du même climat. Nous documentions le mécanisme à Grenoble en juillet 2026, lors de l'interruption de ce concert de Barbara Butch.

Ses adversaires y voient une focalisation systématique, la députée invoquant de son côté le droit international et la défense des Palestiniens. Le contexte statistique reste lourd : 1 570 actes antisémites recensés en 2024, et 532 faits au premier semestre 2026, selon notre bilan de septembre.

En refusant un ruban de sensibilisation au nom d'un réquisitoire contre l'État hébreu, Mathilde Panot refuse le ruban rose sur un terrain qui n'a rien à voir avec le dépistage du cancer du sein. La campagne, elle, se poursuit jusqu'au 31 octobre, portée par les associations, les soignants et les bénévoles.