Propos antisémites lycée Carpentras : « On a brûlé Israël, c'est qui les Juifs ? »
Propos antisémites lycée Carpentras : des slogans antijuifs ont été signalés jeudi 1er octobre 2026, en marge du blocage d'un établissement scolaire de la ville, rapporte Radio J. La formule rapportée est explicite : « On a brûlé Israël ! C'est qui les Juifs ? On les piétine ! »
Selon la radio communautaire, le nom de l'établissement concerné n'a pas été révélé et aucun élément ne permet, à ce stade, d'identifier les personnes qui ont lancé ces slogans. Aucune plainte ni interpellation n'a été rendue publique jeudi soir.
Propos antisémites lycée Carpentras : ce que confirment les sources locales
Le quotidien régional Le Dauphiné Libéré confirme, dans son direct du 1er octobre, que des propos antisémites ont été dénoncés à Carpentras au cours de la journée. Selon le journal, le maire de la ville a condamné ces propos et dénoncé une instrumentalisation par l'extrême gauche.
Hervé de Lépinau, maire Rassemblement national de Carpentras depuis mars 2026, est l'élu qui s'est exprimé. Le nom des deux lycées touchés par les blocages, Victor-Hugo et la cité Fabre, est connu ; celui de l'établissement où les slogans ont été proférés ne l'est pas.
Des slogans dans un mouvement lycéen sous tension
La journée du 1er octobre a été marquée par une mobilisation d'ampleur dans toute la France. 340 actions et 169 blocages ont été recensés dans la matinée devant des lycées, selon les remontées policières citées par l'AFP.
À Carpentras, près de 200 lycéens ont manifesté devant la mairie en chantant « La jeunesse emmerde le Front national », rapporte Le Dauphiné Libéré. Les slogans antijuifs rapportés plus tard, dans la même ville, changent la nature de l'épisode.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni une cellule de crise à 13 heures au ministère de l'Intérieur. À Nantes, trois établissements ont été incendiés ; trois enquêtes de l'IGPN ont été ouvertes après des lycéens blessés, selon l'AFP.
Cette séquence intervient après une semaine dominée par les révélations de Mediapart sur les écrits antisémites attribués à Jordan Bardella Jordan Bardella.
Une école française déjà documentée comme terrain d'hostilité antijuive
L'épisode s'inscrit dans un phénomène documenté. Dans une étude publiée en juillet 2026, le Crif a interrogé trente élèves juifs scolarisés dans toute la France : vingt sur trente décrivent un climat d'hostilité antijuive depuis le 7 octobre 2023. Notre article détaille cette enquête.
La chercheuse Valérie Boussard y distingue quatre formes cumulatives : l'antisémitisme explicite, l'hostilité déplacée sur Israël, la moquerie ordinaire et l'ostracisation silencieuse.
L'expression « sale juif » a été entendue par quatre collégiens de l'échantillon. Ces incidents restent majoritairement langagiers et laissent rarement prise à un signalement formel.
Propos antisémites lycée Carpentras : le poids d'un nom
Le nom de la ville est associé, depuis 1990, à la profanation du cimetière juif : 34 sépultures avaient été violées dans la nuit du 8 au 9 mai, rappelle France Info.
Le 14 mai 1990, une marche transpartisane contre l'antisémitisme réunissait des centaines de milliers de personnes à Paris, à l'appel du Crif, comme le rappelle l'INA. Trente-six ans plus tard, le même nom revient dans un contexte scolaire.
Pour les Juifs de Vaucluse, l'épisode du 1er octobre restera une piqûre de rappel. Les propos antisémites lycée Carpentras n'ont donné lieu, à ce stade, à aucune qualification judiciaire publique. La ville où le cimetière juif fut profané en 1990 doit désormais compter avec des slogans qui ne disent plus leur nom.