Washington place sur liste noire deux Français accusés de financer le Hamas
Français accusés de financer le Hamas : les États-Unis ont placé vendredi 2 octobre 2026 sous sanctions économiques deux ressortissants français et les associations qu'ils ont créées, rapporte Le Parisien. Washington leur reproche d'avoir collecté des fonds sous couvert d'opérations humanitaires pour les transférer à un responsable du mouvement islamiste palestinien.
Selon le service des sanctions du ministère américain des Finances, l'OFAC, Faouzi Barika, de l'association Baraka, et Amel Oualid, de l'association « Ensemble C Mieux », ont participé pendant plusieurs années à un système ayant permis de collecter plus de deux millions de dollars au profit du Hamas, précise Le Figaro.
Français accusés de financer le Hamas : ce que dit le communiqué de l'OFAC
« Ils dirigent des prétendues associations caritatives censées collecter des fonds à des fins humanitaires pour venir en aide aux civils de Gaza », écrit l'OFAC dans son communiqué, cité par Le Dauphiné Libéré. « En réalité », affirme le service gouvernemental, les fonds arrivent entre les mains du Hamas.
Le destinataire identifié est Saleem Abdallah Saleem al-Zaq, présenté comme un membre de la branche armée du Hamas et également sanctionné vendredi. Selon le Trésor américain, il supervise le réseau financier et travaille avec le bureau médiatique du mouvement, rapporte Arab News.
Deux millions de dollars collectés en six ans, dont 1,5 million après le 7 octobre
« Au cours d'une période de six ans, de 2020 à 2026, Barika, Oualid et al-Zaq ont collecté plus de deux millions de dollars pour le Hamas, dont 1,5 million collectés après l'attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023 », précise l'OFAC. Le Parisien évalue cette somme à environ 1,80 million d'euros.
Le communiqué ajoute que les deux Français « ont envoyé des centaines de milliers de dollars en cryptomonnaies à al-Zaq ». Ce dernier a mis en avant, sur ses propres réseaux sociaux, les comptes liés aux collectes de fonds de Barika et Oualid.
Le Trésor américain décrit une « architecture de financement sophistiquée, déployée sur plusieurs années », passant par des « façades caritatives trompeuses » et des canaux en cryptomonnaies. Selon Le Soir, trois personnes au total et deux organisations établies en France sont visées par les sanctions.
Français accusés de financer le Hamas : Baraka, une association installée en Gironde
Basée en Gironde depuis 2023, l'association Baraka se présente, sur son site internet, comme une « association humanitaire au service des civils à Gaza ». C'est précisément ce paravent que l'OFAC conteste : selon lui, les sommes étaient dirigées vers un cadre du Hamas et non vers des populations civiles.
L'association « Ensemble C Mieux », elle, « ne semble pas avoir de page officielle », relève Le Parisien. Le communiqué américain ne précise ni le lieu exact des collectes, ni le montant détenu sur le sol américain.
Le dossier s'inscrit dans une série de mesures visant les circuits de financement du Hamas documentés depuis le 7 octobre 2023. Le site a déjà détaillé le rejet israélien du plan américain en quinze points pour Gaza (notre article).
Ce que change une inscription sur la liste noire américaine
Pour les personnes et organisations visées, les sanctions américaines entraînent le gel des avoirs éventuellement détenus aux États-Unis. Elles imposent aussi aux entreprises et citoyens américains de rompre toute relation financière avec elles.
L'exemple cité par Le Parisien est Mastercard : un opérateur qui maintiendrait ces liens s'exposerait lui-même à des sanctions. Le communiqué ne mentionne, à ce stade, aucune procédure judiciaire française. Le dossier rejoint la longue liste des procédures antisémitisme suivies sur ce site (notre article).
Français accusés de financer le Hamas : un dossier désormais entre les mains de Washington
La mesure est américaine : ce sont les autorités des États-Unis, et non françaises, qui ont désigné les deux ressortissants et leurs associations. Elle survient à quatre jours du troisième anniversaire de l'attaque du 7 octobre 2023, dont le financement du Hamas reste un volet central des enquêtes internationales.
Pour les associations juives, l'affaire illustre la difficulté à distinguer l'aide humanitaire déclarée du financement du terrorisme. Les critères retenus par l'OFAC reposent, en l'espèce, sur la traçabilité des transferts et non sur les seules déclarations publiques.
Les Français accusés de financer le Hamas n'ont, à ce stade, fait l'objet d'aucune procédure publique en France. Le communiqué de l'OFAC, qui ne fait état d'aucune réaction des intéressés, referme la séquence sur une décision américaine assumée.