Tsahal tente d'éliminer Ali al-Amoudi, dirigeant de facto du Hamas à Gaza
Ali al-Amoudi : l'armée israélienne a tenté, samedi 3 octobre 2026 au matin, d'éliminer le dirigeant de facto du Hamas dans la bande de Gaza. La frappe a visé un immeuble de l'ouest de Gaza-ville. En fin de journée, le sort du responsable palestinien restait inconnu.
Ali al-Amoudi : la cible d'une opération nocturne à Gaza-ville
L'opération a mobilisé des hélicoptères d'attaque et des chars israéliens, rapporte i24NEWS. Des tirs ont d'abord été signalés vers 8 heures contre des cibles présentées comme suspectes ayant approché la ligne jaune. Il est ensuite apparu qu'Ali al-Amoudi constituait la cible principale de l'attaque.
La chaîne israélienne N12 précise que des avions de combat ont largué plusieurs bombes sur le rez-de-chaussée d'un immeuble nommé al-Asala, dans le quartier de Rimal, peu après 1 h 30 du matin, selon la synthèse d'israel.com. L'armée israélienne n'avait pas commenté la frappe dans l'immédiat, indiquant évaluer les résultats, rapporte The Times of Israël.
Un cadre sorti de l'ombre après la mort de Yahya Sinwar
Ali al-Amoudi est un ancien proche de Yahya Sinwar. Il avait été libéré des prisons israéliennes en 2011 dans le cadre de l'accord Gilad Shalit, après près de vingt ans de détention, rappelle le Jerusalem Post. Il a ensuite dirigé le bureau de Sinwar, puis la branche médiatique du Hamas à Gaza.
Après la mort de plusieurs hauts responsables du mouvement, dont Sinwar en octobre 2024, il a pris une place centrale. Il gère aujourd'hui les affaires du Hamas dans l'enclave, en particulier les travaux de son bureau politique, et dirige de fait l'organisation dans la bande de Gaza, selon The Times of Israël.
Le Jerusalem Post le présente comme le successeur de Sinwar à la tête du Hamas dans le territoire. Il est également cité comme l'un des favoris pour succéder à Khalil al-Hayya, élu chef du Hamas le 20 juillet 2026, selon Le Figaro.
La chaîne Channel 12 lui prête aussi la charge de superviser le transfert de l'appareil civil du Hamas vers le comité technocratique placé sous le Conseil de paix, rapporte Xinhua.
Cinq morts, un bilan encore mouvant
Les médias palestiniens ont fait état de cinq personnes tuées dans la frappe. Figurent parmi elles Maisaa Abu Dawood et sa fille Mary, membres de l'Église orthodoxe grecque de Gaza, ainsi que Yasmin Al-Bobo, responsable du département multimédia de l'université de Palestine, et sa mère, selon The Times of Israël.
Ali al-Amoudi n'a pas été cité parmi les morts par les médias palestiniens, alors que les secours cherchaient encore des disparus. Des sources sécuritaires citées par la chaîne Kan affirment qu'il se trouvait dans l'ensemble immobilier visé et que ses chances de survie sont « très faibles », rapporte le Jerusalem Post.
Xinhua rapporte qu'un responsable israélien estime qu'il n'a pas survécu à la frappe.
Aucun communiqué du Hamas ni de l'armée israélienne n'a confirmé son sort. Le décompte des victimes repose sur des sources palestiniennes et n'a pas été confirmé de façon indépendante, relève la synthèse d'israel.com.
Une traque qui se poursuit malgré le cessez-le-feu
La frappe intervient dans un contexte de traque continue du Hamas par Israël, près d'un an après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en octobre 2025. Le ministre de la Défense Israël Katz avait menacé le 29 septembre de s'en prendre aussi aux dirigeants du Hamas à l'étranger, rapporte Le Figaro.
Quelques jours plus tôt, le même quotidien relevait que les opérations israéliennes avaient coûté la vie à dix cadres du mouvement depuis le 28 août, le Hamas retenant sa riposte de crainte d'une nouvelle offensive, selon Le Figaro.
La frappe survient enfin à la veille du troisième anniversaire du 7 octobre 2023. La fête de Simchat Torah a débuté en Israël, marquant le troisième anniversaire du pogrom sur le calendrier hébraïque, rapporte The Times of Israël.
Ali al-Amoudi : ce que la suite du dossier révèle
Si la mort d'Ali al-Amoudi était confirmée, elle priverait le Hamas de sa figure la plus influente encore en vie dans la bande de Gaza, selon les services de renseignement israéliens cités par Vatican News.
Elle interviendrait alors que le mouvement doit désigner un nouveau chef pour son bureau politique à Gaza, un scrutin interne suspendu après le dépôt de nombreux bulletins blancs, selon i24NEWS.
Le dossier du Hamas à Gaza fait l'objet de plusieurs publications sur ce site, dont la base de données « The Press Files » présentée par Tsahal (notre article). La traque des dirigeants du mouvement, engagée depuis le 7 octobre 2023, s'est poursuivie sans interruption depuis.