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Procédure de dissolution contre Égalité et Réconciliation : Beauvau vise l'association d'Alain Soral

2026-10-12
Procédure de dissolution contre Égalité et Réconciliation : Beauvau vise l'association d'Alain Soral

La procédure de dissolution contre Égalité et Réconciliation est engagée. Le ministère de l'Intérieur a confirmé, dimanche 11 octobre 2026, avoir enclenché une procédure administrative visant l'association présidée par l'essayiste d'extrême droite Alain Soral. L'information a été révélée par Libération et confirmée à franceinfo par Beauvau.

Le gouvernement reproche à la structure, fondée en 2007, de diffuser une idéologie antisémite et négationniste. Selon Le Figaro, Alain Soral a lui-même annoncé la nouvelle sur X, avant que le ministère ne confirme qu'« une mesure de dissolution est envisagée ».

Pourquoi la procédure de dissolution contre Égalité et Réconciliation est enclenchée

Le courrier de Beauvau, daté du 9 octobre et publié par l'association sur son site, informe Alain Soral de « l'intention d'engager la dissolution » de sa structure. Sa réception a ouvert une phase contradictoire de dix jours, pendant laquelle Égalité et Réconciliation peut présenter ses observations, rapporte RFI.

L'association dit avoir chargé son avocat du dossier. « Nous ne nous faisons pas trop d'illusions face à cette nouvelle attaque », peut-on lire sur son site, cité par franceinfo. Fondée en juin 2007 avec deux anciens responsables du Groupe Union Défense, la structure a compté jusqu'à 13 000 adhérents à son apogée, selon Mediapart.

Procédure de dissolution contre Égalité et Réconciliation : ce que reproche Beauvau

Le ministère s'appuie sur le 6e alinéa de l'article L. 212-1 du Code de la sécurité intérieure, qui autorise la dissolution des groupements provoquant « la discrimination, la haine ou la violence envers une personne ou un groupe de personnes », rappelle franceinfo.

Le courrier cite « l'idéologie résolument antisémite » de l'association, la propagation de « thèses négationnistes » et la provocation à la haine envers les Juifs. Beauvau lui reproche aussi de ne pas modérer les nombreux commentaires haineux publiés sur son site et sur son compte X.

Le ministère accuse plus largement Égalité et Réconciliation de reprendre « le courant de votre pensée national-socialiste, référence directe au nazisme », et de viser les personnes juives, immigrées, les femmes et la communauté LGBT. La dissolution viserait l'association, ses branches locales et sa radio ERFM.

Le Figaro a consacré plusieurs enquêtes à son influence. Pour le politologue Jean-Yves Camus, cité par le quotidien, Alain Soral a été « un gourou idéologique pour toute une jeunesse ». La procédure ouverte dimanche vise précisément les canaux qui ont porté cette influence.

Alain Soral, plus de vingt condamnations et un exil en Russie

Alain Soral, 68 ans, a été condamné plus d'une vingtaine de fois, notamment pour incitation à la haine, injure, apologie et contestation de crimes contre l'humanité. Proche de Dieudonné, il a quitté la France pour la Suisse en 2019, puis s'est installé en Russie depuis février 2026.

Dans un communiqué, l'intéressé dénonce une « persécution inique » et une « volonté de mise à mort » de son association. Il appelle ses soutiens à le suivre sur une nouvelle plateforme à son nom, où il entend continuer à diffuser ses contenus.

Son nom est réapparu fin septembre, quand Mediapart a relié Jordan Bardella aux thèses du polémiste. Une source proche du dossier assure toutefois à franceinfo que cette actualité n'est pas à l'origine de la procédure, fruit d'un « long travail de documentation ».

Dix jours de contradictoire, puis un décret en Conseil des ministres

À l'issue de la procédure contradictoire, la dissolution peut être prononcée par décret en Conseil des ministres, avec un recours possible devant le Conseil d'État. Le même article L. 212-1 a servi à dissoudre Génération identitaire en 2021, sans censure du juge administratif.

Dissoudre Égalité et Réconciliation, c'est tarir un canal de diffusion complet : réseaux sociaux, site et radio de l'association. Après trois ans d'explosion des actes antijuifs en France, 1 570 faits recensés en 2024 et 532 au premier semestre 2026 selon notre bilan, la mesure a valeur de test. La loi possède l'outil ; reste à l'exécuter.