Agression du rabbin de Milan : l'OJF appelle la France à s'inspirer de la fermeté italienne
Agression du rabbin de Milan : deux des trois hommes mis en cause dans l'agression du rabbin Tzemach Mizrachi ont été rapatriés d'Italie, a annoncé le 1er octobre 2026 le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi, rapporte Sky TG24. L'Observatoire juif de France (OJF) a saisi l'occasion pour demander à Paris la même fermeté, dans un communiqué signé de René Lévy.
Les faits remontent au 16 septembre, en fin d'après-midi, à Milan. Le rabbin Tzemach Mizrachi, soixante ans, attendait l'autobus 67 à hauteur de la place Bande Nere, dans le quartier juif de la ville. C'est son chapeau noir à large bord qui l'a fait repérer par le groupe, selon le récit recueilli par Il Giorno.
Agression du rabbin de Milan : le récit de la victime
« L'un d'eux a pris mon chapeau, l'a mis sur sa tête, a commencé à rire et à se moquer de moi », a raconté le rabbin. Il a filmé la scène avec son téléphone, puis a été frappé. « Un autre m'a donné un coup de pied par derrière et m'a poussé du trottoir sur la chaussée », poursuit-il.
Le religieux insiste sur un détail : ses agresseurs n'ont pas dissimulé leur visage et n'ont pas tenté de le forcer à effacer la vidéo. « C'était comme s'ils étaient fiers de ce qu'ils faisaient. » Pour lui, le geste relève d'un climat installé, et non d'une rixe ordinaire.
Trois suspects identifiés, dont deux frères nés en Italie
La police a interpellé les trois suspects peu après les faits, rapporte La Stampa. Il s'agit d'un jeune homme de dix-neuf ans, né au Maroc, et de deux frères de vingt et vingt et un ans, nés en Italie de parents tunisiens.
Celui qui aurait porté le coup de pied a été placé en détention ; l'arrestation a été validée par un juge, qui a retenu la circonstance antisémite. Les deux autres ont été laissés en liberté, avec obligation de pointage et mesure d'éloignement de la ville.
Selon Israel National News, le rabbin Mizrachi est un émissaire du mouvement hassidique Habad, en poste à la synagogue de la via Soderini. En Italie, l'affaire a été qualifiée d'atteinte antisémite par les autorités dès le lendemain des faits.
L'Italie rapatrie deux des trois mis en cause
Le 1er octobre, Matteo Piantedosi a annoncé sur son compte X le rapatriement de deux ressortissants étrangers. « Il n'y a pas de place dans notre pays pour la haine et la violence, et aucun geste d'antisémitisme ne sera jamais toléré », a écrit le ministre de l'Intérieur, selon Il Giorno.
Le président de la communauté juive de Milan, Walker Meghnagi, a salué une « bellissima notizia », une très bonne nouvelle. Le rapatriement ne préjuge pas, en droit, de l'issue des poursuites pénales engagées en Italie contre les mis en cause.
Agression du rabbin de Milan : ce que demande l'Observatoire juif de France
Le 2 octobre, l'Observatoire juif de France a publié un communiqué qui déplace le débat en France. L'association « salue la détermination exprimée par les autorités italiennes » et « demande aux autorités françaises de prendre exemple sur cette fermeté », rapporte le texte signé de René Lévy.
L'argument juridique est explicite. Le droit français prévoit déjà l'expulsion administrative d'un ressortissant étranger représentant une menace grave pour l'ordre public, rappelle l'OJF, ainsi que l'interdiction du territoire que peuvent prononcer les juridictions pénales lorsque les conditions sont réunies.
L'association demande que ces outils soient examinés « avec diligence » dans les dossiers de violences antisémites. Elle interpelle le ministre de l'Intérieur et le garde des Sceaux et réclame un renforcement de la coordination entre préfectures et parquets, une réponse pénale effective et un compte rendu des mesures prises. « Lutter contre l'antisémitisme engage l'État », conclut le communiqué.
L'affaire de Milan prolonge une série d'agressions recensées en Italie ces derniers mois, jusqu'à celle d'un touriste français portant la kippa à Rome en août 2026. Le site a aussi détaillé les sanctions américaines visant deux Français accusés de financer le Hamas.
Une fermeté italienne qui sert de repère
En France, le débat sur l'exécution des mesures d'éloignement reste ouvert : les décisions prononcées sont rarement suivies d'effet immédiat, et les dossiers d'atteintes antisémites se comptent par centaines chaque année. C'est ce reproche que formule l'Observatoire juif de France aux autorités, sans contester l'arsenal légal existant.
La séquence italienne lui fournit un contre-exemple concret. En annonçant le rapatriement de deux des trois hommes mis en cause dans l'agression du rabbin de Milan, le gouvernement de Giorgia Meloni a transformé une annonce de principe en décision exécutée. Pour les associations juives françaises, c'est cette traduction en actes qui manque désormais à Paris.