Gérante café Deux-Alpes jugée mars 2027 antisémitisme : « la communauté juive est trop nombreuse », le parquet de Grenoble poursuit
Gérante café Deux-Alpes jugée mars 2027 antisémitisme : la gérante d'un café de la station de ski des Deux-Alpes (Isère) sera jugée début mars 2027 pour « injure publique discriminatoire envers un particulier à raison de sa religion », a annoncé ce mercredi 2 septembre le parquet de Grenoble, rapporte BFMTV.
Gérante café Deux-Alpes jugée mars 2027 antisémitisme : la décision du parquet
La commerçante est convoquée devant le tribunal correctionnel de Grenoble le 2 mars 2027. Le parquet précise que « l'enquête confirme que la gérante a bien tenu ces propos à un client » et qu'elle « ne fait pas apparaître que la victime ayant filmé la scène ait provoqué la commission de l'infraction », selon BFMTV.
Le 14 août, la gérante avait apostrophé un homme qui l'avait filmée : « La communauté juive, vous êtes trop nombreux (…) C'est qu'à un moment donné, ça excède les gens », lançait-elle dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Les Deux-Alpes sont une destination prisée des familles juives orthodoxes en été depuis des décennies, rappelle la même source.
Une vidéo virale, une enquête ouverte mi-août
Le parquet de Grenoble avait ouvert une enquête après la diffusion de la séquence, comme le rapportait déjà BFMTV le 15 août. Le même jour, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé avaient condamné les faits : « Aucun acte antisémite, aucun acte raciste, aucun acte de haine ne saurait être toléré », avait martelé Aurore Bergé, citée par Le Monde.
La comparution annoncée ce mercredi marque un tournant : après les condamnations politiques, la justice passe à l'acte. C'est précisément ce que demandait Élie Sultan, responsable local de la communauté, qui réclamait « des actes, des condamnations et un procès » après la diffusion de la vidéo.
Gérante café Deux-Alpes jugée mars 2027 antisémitisme : trois autres actes recensés
L'affaire des Deux-Alpes s'inscrit dans une séquence sombre pour la communauté juive de France. Le Times of Israel recense trois actes antisémites distincts en l'espace de quelques semaines : des croix gammées taguées le 22 août sur un bâtiment municipal de Fécamp (Seine-Maritime), l'inscription « sale juif » découverte le 27 août sur des panneaux d'un chantier forestier à Châtelus-le-Marcheix (Creuse), et un passager du tramway de Lyon insulté pendant de longues minutes le 26 août.
Dans la rame lyonnaise, l'agresseur aurait lancé « Barre-toi sale juif », « Vous vous prenez pour le peuple élu mais on est plus nombreux que vous » et « Dégage, bombarder Gaza », rapporte la même source. Aucun témoin n'est intervenu, et l'identité de l'auteur n'a pas été rendue publique.
Un contexte politique tendu autour de la loi contre l'antisémitisme
Ces faits interviennent alors que le gouvernement a présenté en juillet un projet de loi de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, successeur de la proposition de loi Yadan, retirée en avril sous la pression politique, comme le rappelle LCP. Le texte doit encore être examiné par le Parlement.
Pour Le Monde Juif, la décision du parquet de Grenoble est un signal bienvenu : l'antisémitisme du quotidien, celui des comptoirs et des rames de tramway, doit cesser d'être minimisé. Un procès public, c'est la République qui nomme le mal. Il reste à espérer que la future loi donne aux juges les moyens de répondre à la banalisation, avant que les « trop nombreux » d'aujourd'hui ne deviennent les « plus nombreux » de demain.