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Procès diffamation Brest antisémitisme septembre 2026 : Cadalen (LFI) poursuit De Calan, audience ce jeudi

2026-09-10
Procès diffamation Brest antisémitisme septembre 2026 : Cadalen (LFI) poursuit De Calan, audience ce jeudi

Procès diffamation Brest antisémitisme septembre 2026 : le tribunal correctionnel de Brest examine ce jeudi 10 septembre la plainte en diffamation du député LFI Pierre-Yves Cadalen contre Maël de Calan, président (LR) du conseil départemental du Finistère, rapporte Le Télégramme. L'audience doit trancher si ce qualificatif relève de la diffamation ou de la liberté d'expression.

Procès diffamation Brest antisémitisme septembre 2026 : des propos tenus en décembre 2024

Tout part d'une intervention de Maël de Calan sur Tébéo, en décembre 2024. « Je pense que Pierre-Yves Cadalen est factieux et antisémite, en tout cas qu'il soutient des positions factieuses et antisémites », avait-il déclaré, cité par Le Télégramme. Il avait ensuite retiré ses attaques personnelles, tout en maintenant ses critiques contre le parti de Jean-Luc Mélenchon.

Le député de la deuxième circonscription du Finistère avait alors porté plainte pour diffamation, selon Ouest-France. L'audience intervient deux jours après la relaxe de Maël de Calan dans l'affaire des contrôles du RSA, où il était poursuivi pour harcèlement moral, une décision rendue lundi par le même tribunal.

Le président du Département assume sa stratégie. « C'est un badge d'honneur de porter ce combat que je pense très important pour notre démocratie », dit-il, cité par Le Télégramme, avant cette audience qu'il espère transformer en sujet national.

Richard Malka face à Raphaël Kempf, deux ténors du barreau

Pour le représenter, Maël de Calan a choisi Richard Malka, l'avocat de Charlie Hebdo, figure engagée dans la lutte contre l'antisémitisme. Il avait notamment défendu le philosophe Raphaël Enthoven, relaxé en novembre 2025 après avoir qualifié LFI de mouvement « passionnément antisémite ».

Face à lui, Raphaël Kempf défend Pierre-Yves Cadalen. Cet avocat, spécialisé dans la défense d'activistes et candidat aux législatives de 2024 sous l'étiquette Nouveau Front populaire, est lui aussi une figure médiatique.

Le précédent Enthoven : « LFI passionnément antisémite »

Le précédent joue en faveur de la défense de Maël de Calan. En novembre 2025, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Raphaël Enthoven, poursuivi pour injure après avoir écrit que LFI était « passionnément antisémite », rappelle Le Télégramme.

Les juges parisiens avaient estimé que ces propos n'excédaient pas les limites admissibles de la liberté d'expression. Ils avaient pris en compte les polémiques récurrentes visant certains membres du parti, en particulier depuis l'attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023.

« Accuser n'importe qui d'antisémitisme, c'est affaiblir la lutte » : la défense de Cadalen

Le député insoumis minimise, lui, la portée nationale de l'audience. « Maël de Calan m'a visé directement, c'est le sujet de ce procès », insiste-t-il : « Ses propos, d'une brutalité terrible, m'ont profondément blessé. Le sens de cette audience, c'est que mon honneur soit défendu. »

Son argument central : « Accuser n'importe qui d'antisémitisme, comme le fait Maël de Calan, c'est affaiblir la lutte contre l'antisémitisme ». LFI rappelle n'avoir jamais été condamnée pour antisémitisme et dénonce des calomnies politiques visant à disqualifier sa critique de la politique israélienne et son soutien à la Palestine.

En marge du procès, un rassemblement est prévu devant le tribunal en début d'après-midi, lancé par la Ligue des Droits de l'Homme et rejoint par des organisations brestoises de gauche, selon Ouest-France. Pour Olivier Cuzon (LDH), « accuser d'antisémitisme sans fondement, c'est galvauder ce délit ».

Procès diffamation Brest antisémitisme septembre 2026 : un test pour la liberté d'expression

L'argument du « galvaudage » est celui que LFI ressort à chaque accusation. Le précédent Enthoven montre pourtant que la justice a déjà validé, au fond, la critique du parti : la polémique n'est pas un fantasme de ses adversaires, elle est documentée depuis le 7 octobre 2023.

Les dossiers s'accumulent côté insoumis : réunion locale sur l'antisémitisme à Nice avec des propos controversés, campagnes de boycott contre des artistes juives, refus répétés de qualifier l'attaque du Hamas. Jamais condamnée, certes, mais jamais vraiment blanchie non plus.

Le tribunal de Brest devra dire si « factieux et antisémite » reste un constat défendable ou devient une injure. Quelle que soit l'issue, ce procès teste la place du mot « antisémitisme » dans le débat politique français. L'audience de ce jeudi n'est que la première étape.