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Espionnage Israël agente libanaise : un habitant de Majd al-Krum arrêté dans le nord du pays

2026-09-19
Espionnage Israël agente libanaise : un habitant de Majd al-Krum arrêté dans le nord du pays

Espionnage Israël agente libanaise : un habitant de Majd al-Krum, localité arabe de Galilée, a été arrêté pour avoir entretenu pendant plusieurs mois des contacts avec une agente étrangère opérant depuis le Liban, annoncent la police israélienne et le Shin Bet dans un communiqué conjoint.

L'homme s'appelle Hamdan Hamdan. Il a 32 ans et réside dans cette commune du nord d'Israël, à une vingtaine de kilomètres de la frontière libanaise. Son interpellation a été menée par l'unité Lahav 433, chargée des crimes graves et internationaux, et par le Shin Bet, précise i24News.

Les enquêteurs ne décrivent pas un contact accidentel. Ils parlent d'une relation suivie, assumée en connaissance de cause, et transformée en collaboration active avec un acteur étranger qui reste en conflit ouvert avec l'État hébreu.

Espionnage Israël agente libanaise : ce que dit le communiqué du Shin Bet

L'enquête établit que les échanges entre le suspect et son interlocutrice ont duré plusieurs mois. À aucun moment, selon la police et le Shin Bet, il n'a ignoré à qui il parlait : il savait que cette femme était une agente étrangère venue du Liban, rapporte L'Orient Today.

Les consignes reçues portaient sur des missions liées à la sécurité. Le Jerusalem Post ajoute une précision lourde pour la défense : l'intéressé aurait lui-même demandé à se voir confier ce type de tâches sur le sol israélien, selon le quotidien anglophone.

Le mode de rémunération sort de l'ordinaire. Le communiqué évoque des produits achetés en Israël par le commanditaire étranger, puis remis au suspect. Une méthode qui contourne les virements bancaires traçables et qui ressemble à un recrutement à bas coût plutôt qu'à l'entretien d'un agent formé.

Le dossier est piloté par le parquet du district de Haïfa. Une mise en accusation est attendue dimanche 20 septembre, date à laquelle l'affaire doit être portée devant le tribunal de district, rapporte le Times of Israel.

Espionnage Israël agente libanaise : dans l'ombre, l'ambulancier de Bi'ina

L'affaire ne s'arrête pas à Majd al-Krum. L'enquête a révélé que Hamdan Hamdan est un proche d'Amir Hisham Muhammad Titi, un ambulancier de Bi'ina arrêté en juillet dernier et poursuivi pour espionnage au profit de l'Iran, indique i24News.

Le profil de ce dernier est beaucoup plus lourd. Selon le Times of Israel, l'ambulancier de 34 ans a exploité son accès aux centres médicaux israéliens pour transmettre des renseignements sensibles à son agent traitant iranien, notamment sur la préparation des hôpitaux aux situations d'urgence, rapporte le quotidien.

L'accusation décrit une initiative personnelle. Lors d'une visite du président Isaac Herzog et du ministre des Finances Bezalel Smotrich au centre médical de Galilée, à Nahariya, l'homme aurait prévenu son correspondant de leur présence, avant d'envoyer une photographie du chef de l'État et de son entourage.

Le reste du dossier ressemble à une cartographie du nord du pays. Le prévenu s'est rendu à Amikam, le moshav où réside l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour documenter maisons, rues et clinique.

Il a aussi été envoyé sur des lieux de manifestation, à Tel Aviv comme à Haïfa, et rémunéré à hauteur de dizaines de milliers de shekels versés en cryptomonnaies.

Le même jour, un habitant de Tamra arrêté pour contacts avec le Hamas et l'Iran

Le vendredi 18 septembre a été une journée chargée pour le Shin Bet. La police a annoncé une seconde interpellation à caractère sécuritaire, celle de Sultan Abu al-Haija, 31 ans, originaire de Tamra, rapporte le Jerusalem Post.

Selon le communiqué, cet homme a pris contact avec la branche militaire du Hamas pour offrir son aide, puis s'est tourné vers des responsables iraniens. Il a été arrêté avant d'avoir pu accomplir la moindre opération, et son inculpation était attendue dès vendredi.

Les deux affaires racontent le même phénomène : des citoyens israéliens sans passé militant connu qui proposent spontanément leurs services à des acteurs étrangers. La différence tient au commanditaire, Hamas ou Liban, et à la vitesse de la détection.

En Galilée, le recrutement en ligne est devenu un front à part entière

Les chiffres du Shin Bet donnent la mesure du problème. Dans son rapport annuel publié en janvier, le service indiquait que 25 Israéliens ont été inculpés pour espionnage au profit de l'Iran en 2025, et que le nombre de projets iraniens visant à recruter des Israéliens avait bondi de 400 % en un an, rapporte le Jerusalem Post.

Le même bilan recense 120 incidents déjoués sur la période. Il mentionne aussi 130 Arabes israéliens inculpés pour des infractions liées au terrorisme et 219 arrestations. Sur les réseaux sociaux, la méthode est rodée : Telegram, promesses d'argent, tâches simples au départ, puis montée en puissance.

Le phénomène n'épargne pas l'armée. Des soldats et des réservistes figurent parmi les personnes poursuivies pour espionnage au profit de l'Iran au cours des deux dernières années, souligne le Times of Israel.

Ce que dit Bezalel Smotrich après l'arrestation

L'affaire a immédiatement pris une tournure politique. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a estimé que la Galilée vivait dans « l'atmosphère du 6 octobre », cette veille du massacre du 7 octobre 2023, rapporte le Jerusalem Post.

Il a accusé des habitants de Majd al-Krum d'avoir scandé des slogans hostiles et a plaidé pour étendre en Galilée et dans le Néguev ce qu'il appelle « la révolution en Judée-Samarie ». Le ministre inscrit donc un dossier sécuritaire dans le débat sur la présence juive en Galilée.

Elle transforme une affaire individuelle en argument sur la démographie et le contrôle du territoire, dans une région où cohabitent villes juives et localités arabes israéliennes.

Pour Le Monde Juif : la Galilée, nouveau champ de bataille du renseignement

Il faut mesurer ce que ces deux arrestations simultanées signifient. Le Liban et l'Iran ne cherchent plus seulement à frapper militairement Israël : ils veulent des relais à l'intérieur, recrutés à faible coût, payés en produits ou en cryptomonnaies, souvent sans idéologie affichée.

La réponse israélienne, elle, reste majoritairement défensive. Le Shin Bet détecte, la police interpelle, la justice tranche. Mais la méthode décrite à Majd al-Krum, un contact prolongé, des missions progressives, une rémunération discrète, dit la fragilité du dispositif face à des recrutements de proximité.

Reste un piège que les responsables israéliens connaissent bien. Chaque affaire d'espionnage en Galilée alimente une lecture communautaire du conflit. La sécurité exige la fermeté, mais aussi de ne pas transformer un suspect en représentant d'une population entière, dans une région où la confiance entre l'État et ses citoyens arabes est un enjeu stratégique.

Après le mois de présidence française du Conseil de sécurité, ces dossiers rappellent où se joue la guerre. Elle se joue aussi dans les villes mixtes de Galilée, comme à Majd al-Krum et à Tamra. Espionnage Israël agente libanaise : le dossier est entre les mains du parquet de Haïfa, et Le Monde Juif en suivra les prochains actes.