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Présidence française du Conseil de sécurité : la Cisjordanie et l'Iran au menu d'un mois décisif

2026-09-17
Présidence française du Conseil de sécurité : la Cisjordanie et l'Iran au menu d'un mois décisif

Présidence française du Conseil de sécurité : Paris pilote depuis le 1er septembre l'organe exécutif des Nations unies, succédant au Danemark, et l'ambassadeur Jérôme Bonnafont a placé le Moyen-Orient en tête des priorités du mois, devant l'Ukraine, le maintien de la paix et la lutte antiterroriste, selon le compte rendu de l'ONU. Un agenda chargé, où l'Iran et la Cisjordanie occupent une place centrale.

Présidence française du Conseil de sécurité : un mois dominé par le Moyen-Orient

Cette présidence mensuelle coïncide avec l'ouverture de la 81e session de l'Assemblée générale et la Semaine de haut niveau, période pendant laquelle le Conseil laisse la préséance à l'Assemblée et aux interventions des chefs d'État et de gouvernement. « Malgré la polarisation et les blocages », le Conseil doit rester un « lieu d'action et de décision », a plaidé le représentant permanent de la France, qui promet de réunir « toutes les réunions d'urgence nécessaires » sur le Moyen-Orient et l'Ukraine.

Le Liban figure aussi parmi les « axes d'action prioritaires » de Paris. Le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) s'achève le 31 décembre, ce qui ouvre des discussions avec les membres du Conseil, les pays contributeurs de troupes et les États de la région sur l'après-FINUL. Un dossier étroitement lié à la sécurité du nord d'Israël, où le Hezbollah reste la principale menace.

Présidence française du Conseil de sécurité : le 17 septembre, un vote sur les sanctions iraniennes

Le Conseil vote ce 17 septembre sur le renouvellement du Groupe d'experts créé par la résolution 1929 (2010), réintroduit en septembre 2025 au moment du rétablissement des sanctions contre Téhéran, après le non-respect par l'Iran de ses obligations nucléaires. Une échéance technique, mais lourde de conséquences : sans groupe d'experts, le suivi des violations du régime de sanctions perd son bras opérationnel.

La question iranienne revient une seconde fois à l'agenda, dès le 10 septembre, avec la réunion trimestrielle du Comité du Conseil créé par la résolution 1737 (2006), chargé d'examiner les sanctions liées au programme nucléaire et balistique de la République islamique. Pour Israël, qui considère l'Iran comme sa principale menace existentielle, le maintien de ces mécanismes de contrôle est un enjeu de sécurité direct, au-delà des déclarations politiques.

Présidence française du Conseil de sécurité : la résolution 2334 au menu du 28 septembre

Le rendez-vous le plus sensible pour Israël est fixé au 28 septembre, avec une séance consacrée à la mise en œuvre de la résolution 2334 (2016), adoptée en décembre 2016 par quatorze voix et l'abstention des États-Unis. Ce texte qualifie les implantations israéliennes de « violation flagrante » du droit international et réclame leur arrêt.

L'ONU justifie cette séance par « les développements alarmants en Cisjordanie occupée ». La formulation annonce un débat à charge, dans un contexte où les attaques terroristes ayant visé des civils israéliens et l'implication iranienne dans la région sont rarement traitées avec la même intensité dans l'enceinte onusienne. Pour les diplomates israéliens, l'exercice consiste à éviter que la séance serve de tribune à une nouvelle étape de délégitimation.

Présidence française du Conseil de sécurité : terrorisme et mémoire du 11 septembre

Le 11 septembre, à l'occasion du 25e anniversaire des attentats de New York, le Conseil a réévalué son action antiterroriste en mettant l'accent sur l'impact des nouvelles technologies. Une déclaration présidentielle a rappelé l'obligation des États membres de prévenir le financement du terrorisme et de mettre fin à l'approvisionnement en armes des groupes terroristes, selon la couverture des réunions de l'ONU.

Le reste du programme est classiquement multilatéral : réforme du maintien de la paix le 18 septembre, en présence de Jean-Pierre Lacroix, exposé annuel du Haut-Commissaire pour les réfugiés le 25, et questions africaines ou afghanes tout au long du mois. Paris met également en avant son initiative franco-mexicaine d'encadrement du droit de veto en cas d'atrocités de masse, soutenue par 122 États, selon le Quai d'Orsay.

Présidence française du Conseil de sécurité : ce qui compte pour le mois israélien

Trois points méritent une attention particulière d'ici au 30 septembre. Le premier est le vote sur les experts iraniens, qui conditionne la surveillance d'un programme nucléaire toujours actif. Le deuxième est l'après-FINUL, alors que la frontière libanaise demeure la ligne de front la plus inflammable de la région. Le troisième est la séance du 28 septembre sur la résolution 2334, où la Cisjordanie sera examinée sous l'angle exclusif du droit international, sans miroir sur les violences palestiniennes.

Sur le plan méthodologique, la présidence française s'annonce active : Paris promet des réunions d'urgence réactives plutôt qu'une diplomatie d'attente. Reste que, dans un Conseil polarisé, le pouvoir réel d'un mois de présidence se mesure moins aux débats organisés qu'aux textes qui passent. Toute l'actualité israélienne et juive est à retrouver sur la page d'accueil de Le Monde Juif et dans notre rubrique Israël.