Actualité

Dieudonné condamné apologie du terrorisme septembre 2026 : six mois sous bracelet électronique, une 35e condamnation

2026-09-18
Dieudonné condamné apologie du terrorisme septembre 2026 : six mois sous bracelet électronique, une 35e condamnation

Dieudonné condamné apologie du terrorisme septembre 2026 : le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi 17 septembre le polémiste Dieudonné M'Bala M'Bala à six mois d'emprisonnement, une peine exécutée à domicile sous bracelet électronique, rapportent Le Monde et franceinfo.

La 17e chambre a retenu l'apologie du terrorisme et l'injure publique envers le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, selon i24NEWS. L'essentiel du dossier tient dans une vidéo publiée sur X le 7 octobre 2024, premier anniversaire du pogrom perpétré par le Hamas en Israël.

Ce jour-là, l'homme de 60 ans avait salué « une date merveilleuse, extraordinaire, féerique », avant d'expliquer qu'il parlait de l'anniversaire de sa fille, née un 7 octobre. Le 7 octobre 2023, l'attaque du Hamas a tué plus de 1 200 personnes en Israël, en majorité des civils, rappelle le Times of Israël.

Dieudonné condamné apologie du terrorisme septembre 2026 : les peines prononcées

Au-delà de la détention à domicile, Dieudonné M'Bala M'Bala a été condamné à 5 000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité. Le tribunal a aussi fixé les dommages et intérêts, détaille franceinfo.

L'Organisation juive européenne, partie civile, recevra 1 000 euros. Laurent Nuñez, lui, obtient un euro symbolique. Le parquet avait requis un an de prison ferme lors de l'audience du 17 juin, rappelle Actu-Juridique.

Le tribunal a donc divisé par deux la peine demandée, mais sans abandonner la qualification. Ce jugement est sa 35e condamnation, souligne 20 Minutes.

Dieudonné condamné apologie du terrorisme septembre 2026 : ce que les juges ont retenu

L'explication familiale n'a pas convaincu les magistrats. Ils ont relevé une « instrumentalisation » et un « procédé rhétorique, construit sur un artifice », qui permettait de « présenter sous un jour très favorable les attaques terroristes du 7-Octobre », rapporte Le Monde.

La vidéo, longue de deux minutes, avait été vue environ un million de fois à l'époque des faits. Le tribunal s'est aussi appuyé sur le contexte immédiat de sa publication, en pleine commémoration du massacre du 7 octobre 2023.

À l'audience de juin, la défense avait plaidé « l'humour noir ». Dieudonné avait de son côté insisté sur son statut : « Je suis un humoriste. Je ne suis ni un homme politique, ni un intellectuel, ni un sociologue. Je fais rire les Français depuis près de 40 ans », rapporte Actu-Juridique.

Dieudonné condamné apologie du terrorisme septembre 2026 : La Grande-Motte et l'injure à Nuñez

Deux autres séquences figuraient au dossier. La première a suivi l'incendie visant la synagogue de La Grande-Motte, dans l'Hérault, en août 2024. Dieudonné y avait suggéré que l'attaque pouvait constituer une « réponse à la haine et au racisme déversés sans retenue par certains juifs de France depuis le 7-Octobre », rapporte i24NEWS.

Le tribunal a retenu là encore l'apologie du terrorisme, considérant que ce raisonnement imputait aux Juifs de France la responsabilité de l'attentat. La synagogue de La Grande-Motte avait été la cible d'une attaque à la voiture piégée le 24 août 2024, qui a blessé un agent municipal.

La seconde vidéo visait Laurent Nuñez, alors préfet de police de Paris, après une énième interdiction de spectacle. Le visage déformé par un filtre, le polémiste l'appelait à venir « parler tous les deux », en des termes que le tribunal a jugés propres à dépasser « les limites admissibles du droit à la liberté d'expression », selon franceinfo.

Un casier déjà chargé de 34 condamnations

Avant ce jugement, le casier judiciaire de Dieudonné comptait 34 condamnations. En 2015, il avait écopé de deux mois de prison avec sursis pour apologie du terrorisme, après avoir publié « Je me sens Charlie Coulibaly », quelques jours après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, rappelle i24NEWS.

Son parcours judiciaire s'est construit en parallèle d'une rupture avec la communauté juive de France, amorcée au milieu des années 2000. Son spectacle « Le Mur » avait été interdit en 2014 après des passages qualifiés de négationnistes, et ses appels à la « quenelle » avaient nourri des mois de polémique nationale.

Depuis le 7 octobre 2023, ses interventions publiques se sont recentrées sur le conflit israélo-palestinien et sur la légitimation de la violence du Hamas. C'est précisément ce basculement que la justice a sanctionné jeudi, sept ans après sa dernière condamnation pour des faits similaires.

Pour Le Monde Juif : la justice a nommé ce que d'autres refusent de nommer

Il faut mesurer ce que ce jugement a d'inhabituel. La même semaine, à Strasbourg, le tribunal correctionnel refusait de retenir la circonstance aggravante d'antisémitisme contre les agresseurs de trois étudiants juifs, comme nous le racontions dans notre article sur la décision strasbourgeoise.

Ici, la 17e chambre a suivi le parquet jusqu'au bout : une vidéo qui célèbre le 7-Octobre est une apologie du terrorisme, pas une blague, pas un exercice de style. Le tribunal a préféré le mot exact à la formule prudente.

Reste la peine. Six mois à domicile pour un homme qui compte 34 condamnations antérieures et qui continuera de publier, comme il l'a toujours fait.

La France a trouvé les mots ; elle cherche encore les moyens. La communauté juive, elle, retiendra surtout que l'Organisation juive européenne et l'État lui-même se sont portés parties civiles dans ce dossier, comme le rappelle le suivi quotidien de Le Monde Juif.

Dieudonné condamné apologie du terrorisme septembre 2026 : six mois sous bracelet électronique, 5 000 euros d'amende, trois ans d'inéligibilité, une 35e condamnation. Le jugement ne fera taire personne, mais il fixe une limite que la justice française a cette fois accepté de nommer.