Agression étudiants juifs Strasbourg jugement septembre 2026 : quatre mois avec sursis, le mobile antisémite écarté
Agression étudiants juifs Strasbourg jugement septembre 2026 : le tribunal correctionnel de Strasbourg a rendu lundi 14 septembre son verdict sur les violences de la nuit du 28 janvier 2024. Melek M., 23 ans, a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis, la seconde prévenue, Ines L., étant relaxée, rapportent Rue89 Strasbourg et Le Monde.
Les faits remontent au 28 janvier 2024, sur le campus de l'Université de Strasbourg. Arthur C. et les sœurs jumelles Haya S. et Shterna S. barraient les inscriptions « Israël assassin » et écrivaient « Non à l'antisémitisme », précise i24NEWS.
Ils collaient aussi des affiches réclamant la libération des otages du Hamas. Une altercation éclate alors avec Melek M., étudiante en philosophie, qui reproche à l'une des jeunes femmes de la filmer.
Après l'envoi d'un message sur un groupe Signal, plusieurs hommes cagoulés arrivent sur place. Arthur C. est projeté au sol et roué de coups ; Haya S. est frappée aux jambes et au ventre avant d'être jetée à terre.
Les victimes affirment avoir été insultées aux cris de « fascistes sionistes » et de « sales sionistes ». Les hommes soupçonnés d'avoir porté les coups n'ont jamais été identifiés.
Agression étudiants juifs Strasbourg jugement septembre 2026 : la décision du tribunal
Le tribunal a suivi le procureur Guillaume Spindler. Ce dernier a estimé que le dossier établissait un différend politique autour du conflit israélo-palestinien, mais pas, au-delà du doute raisonnable, un mobile lié à la religion ou à l'appartenance réelle ou supposée des victimes à la communauté juive, détaille i24NEWS.
Melek M. a été reconnue coupable bien qu'elle n'ait pas elle-même porté les coups. La justice a considéré que son comportement et ses appels avaient contribué au déclenchement des violences. Elle devra verser 600 euros de dommages et intérêts à chacune des trois victimes, selon 20 Minutes.
Agression étudiants juifs Strasbourg jugement septembre 2026 : l'antisémitisme écarté
Ouverte initialement, la circonstance aggravante d'antisémitisme a été abandonnée au cours des investigations puis écartée à l'audience. Le tribunal a également rappelé qu'assimiler antisionisme et antisémitisme reviendrait à restreindre illégitimement la liberté d'expression, rapporte Libération.
Le CRIF et l'Organisation juive européenne, qui souhaitaient faire reconnaître le caractère antisémite des violences, ont vu leur constitution de partie civile déclarée irrecevable. Pour Le Monde Juif, cette décision illustre une fois de plus la réticence de l'institution judiciaire française à qualifier ce que les victimes, elles, n'ont jamais cessé de nommer.
Agression étudiants juifs Strasbourg jugement septembre 2026 : la colère de l'UEJF
L'Union des étudiants juifs de France a vivement réagi. « Que faut-il de plus pour nommer l'antisémitisme ? », a dénoncé l'organisation, affirmant que les trois victimes avaient été « rouées de coups » en raison de leur identité et de leur engagement, cite i24NEWS.
A.C., étudiant membre de l'UEJF, avait demandé à la barre que la culpabilité des deux prévenues soit reconnue. H., agressée avec sa sœur jumelle et un ami, souhaitait « être reconnue et dédommagée » ; sa sœur, témoin des faits, serait depuis partie à l'étranger, détaille Libération.
Agression étudiants juifs Strasbourg jugement septembre 2026 : une décision qui interroge
L'audience, fleuve, a duré plus de quatre heures. La présidente Louise Oddoux avait rappelé que le tribunal était « saisi uniquement pour des faits de violences en réunion », note Rue89 Strasbourg.
Cette décision ravive le débat sur la qualification des violences visant des Juifs dans un contexte lié à Israël. La frontière entre hostilité politique, antisionisme et antisémitisme, tracée avec prudence, les victimes et les associations juives, elles, la refusent. Un constat qui rejoint notre enquête sur l'explosion des incidents antisémites à New York.
Agression étudiants juifs Strasbourg jugement septembre 2026 : quatre mois avec sursis pour les violences, aucune reconnaissance du mobile antisémite. Un signal envoyé, selon l'UEJF, à tous les étudiants juifs de France : à Strasbourg comme ailleurs, la République peine encore à nommer la haine dont ils sont la cible.