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Conférence Vincent Reynouard interdite Toulouse : le préfet de Haute-Garonne bloque le rendez-vous négationniste du 19 septembre

2026-09-19
Conférence Vincent Reynouard interdite Toulouse : le préfet de Haute-Garonne bloque le rendez-vous négationniste du 19 septembre

Conférence Vincent Reynouard interdite Toulouse : le préfet de Haute-Garonne, Fabrice Rigoulet-Roze, a signé un arrêté qui prohibe le rassemblement « Un homme face à la répression », programmé samedi 19 septembre 2026, rapporte La Dépêche du Midi. L'animateur annoncé : Vincent Reynouard, militant négationniste et néonazi condamné à de multiples reprises depuis 1992.

L'événement était organisé par le groupe local France Patrie, association toulousaine qui relaie des discours complotistes autour du Covid-19 et organise régulièrement des rendez-vous antivax, précise actu.fr. Le lieu exact n'avait pas été rendu public, ce qui n'a pas empêché l'État d'agir.

Conférence Vincent Reynouard interdite Toulouse : ce que dit l'arrêté préfectoral

Le représentant de l'État justifie sa décision par le risque de tenue de « propos à caractère antisémite et négationniste ».

« L'animateur de cette conférence a été condamné à de multiples reprises, y compris à des peines d'emprisonnement, dès 1992, pour des faits de contestation de l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité, ainsi que pour des infractions de négation, minoration ou banalisation d'un crime de guerre et provocation publique à la haine », écrit la préfecture de Haute-Garonne.

La portée de l'arrêté dépasse le seul samedi 19 septembre. L'interdiction s'applique dans tout le département, indique Toulouse7, et vise « toute conférence dans laquelle M. Vincent Reynouard serait invité ou animateur », selon la formule citée par France 3 Occitanie.

Un rendez-vous repéré sur Telegram par la presse locale

Le dispositif de discrétion a échoué. C'est via la messagerie Telegram que La Dépêche du Midi a identifié la tenue de la conférence, dont le thème « Un homme face à la répression » reprend le récit victimaire habituel de l'ultradroite.

La préfecture a aussi rappelé le parcours de l'intéressé : « Révoqué de l'Éducation nationale dès 1997 en raison de ses méthodes d'enseignement empreintes de négationnisme, l'intéressé se consacre depuis des décennies, au travers d'ouvrages et de vidéos sur les réseaux sociaux, à réhabiliter le national-socialisme du IIIe Reich » et à « démontrer que l'Holocauste n'a pas existé ».

France Patrie ne s'en cache pas : l'organisation avait déjà accueilli Vincent Reynouard à Toulouse le 15 juin 2025, selon ses propres publications. L'interdiction préfectorale reste, dans ce contexte, un acte administratif rare, que Toulouse7 qualifie explicitement d'exceptionnel.

Vincent Reynouard, plus de trente ans de condamnations

Le casier judiciaire de Vincent Reynouard, né en 1969, s'est construit condamnation après condamnation. Le 8 juin 2026, le tribunal correctionnel de Paris l'a condamné à dix mois d'emprisonnement ferme sans aménagement possible pour contestation de crimes contre l'humanité et injures antisémites, rapporte le Times of Israël, qui cite la Licra, partie civile représentée par Me Galina Elbaz.

Un mois plus tard, la justice a confirmé la peine. Selon Searchlight Magazine, la cour d'appel de Paris a validé, début juillet 2026, un an de prison assorti de six mois d'interdiction d'usage d'internet. L'Organisation juive européenne et le BNVCA, représentés par Mes Oudy Bloch et Corinne Matouk, avaient porté le dossier, rapporte Radio J.

Les épisodes antérieurs disent la même obstination : douze mois de prison ferme en mars 2025, puis six mois en juillet 2025 pour contestation de crime contre l'humanité (Le Monde, 11 juillet 2025). Chaque décision a été suivie d'une nouvelle diffusion de contenus négationnistes.

De Londres à l'Écosse : l'extradition de février 2024

Longtemps, la justice française n'a pas pu l'atteindre. Vincent Reynouard a vécu des années au Royaume-Uni, d'abord dans le sud-est de Londres, où il travaillait illégalement comme professeur de mathématiques, avant de fuir en Écosse en 2021 par crainte d'être rattrapé.

Il a été arrêté en novembre 2023 près de St Andrews, lors d'une opération conjointe des polices écossaise, anglaise et française, puis extradé vers la France en février 2024, retrace Searchlight Magazine. Depuis, il défie ouvertement les tribunaux, dénonçant dans ses vidéos une « répression féroce » et reliant ses démêlés judiciaires au Proche-Orient.

Conférence Vincent Reynouard interdite Toulouse : ce que les associations juives attendent de plus

Les institutions juives ont salué la décision préfectorale, sans s'en satisfaire. La Licra a obtenu, le 8 juin 2026, une peine de bannissement numérique assortie d'une interdiction de créer un nouveau compte, une mesure conçue pour « prévenir la réitération des infractions », selon l'organisation citée par le Times of Israël.

L'Organisation juive européenne pointe, elle, un angle mort du droit français. Selon elle, l'impossibilité de prononcer un mandat de dépôt immédiat pour ce type d'infractions constitue un frein réel à la lutte contre l'antisémitisme, souligne Radio J. Autrement dit : la condamnation tombe, mais l'incarcération ne suit pas toujours.

Pour Le Monde Juif : interdire une salle ne règle pas la question

Il faut mesurer ce que cette interdiction dit de la France de 2026. Un homme condamné plus de trente fois en trois décennies, extradé après des années de fuite, continue de chercher des salles pour parler. Le réflexe préfectoral a fonctionné à Toulouse, mais il fonctionne à chaque fois au cas par cas, département par département.

Le négationnisme n'est pas une opinion : c'est un délit, puni par la loi Gayssot de 1990. Or Vincent Reynouard a fait de sa condamnation un argument de mobilisation, et France Patrie lui offre une scène locale, financée par personne, diffusée par tous sur les réseaux.

La semaine écoulée a montré les deux visages du même problème : à Paris, Dieudonné a été condamné à six mois sous bracelet électronique pour apologie du terrorisme, comme nous le racontions dans notre article sur le jugement du 17 septembre. À Toulouse, il a fallu un arrêté préfectoral pour empêcher une réunion.

Conférence Vincent Reynouard interdite Toulouse : l'État a tenu samedi. La question reste entière pour les semaines qui viennent, car la prochaine salle sera ailleurs, et rien ne garantit qu'un préfet la fermera avant que la presse ne s'en aperçoive. Le suivi de ces dossiers, c'est aussi à cela que sert Le Monde Juif.