Exposition Simone Veil mes sœurs et moi Mémorial Shoah 2026 : l'intimité des sœurs Jacob révélée pour la première fois
Exposition Simone Veil mes sœurs et moi Mémorial Shoah 2026 : le Mémorial de la Shoah consacre une exposition bouleversante aux trois sœurs Jacob — Madeleine, Denise et Simone — dont les archives familiales inédites sont présentées pour la première fois. Conçue par David Teboul, cette exposition gratuite est à voir jusqu'au 15 octobre 2026 au 17 rue Geoffroy-l'Asnier, Paris 4e.
Une mémoire intime, loin de la statue de la femme d'État
Exposition Simone Veil mes sœurs et moi Mémorial Shoah 2026 : des archives familiales jamais montrées
Le parcours s'éloigne délibérément des représentations officielles de Simone Veil pour plonger dans l'intimité de la fratrie Jacob. On y découvre une Simone Veil souriante et insouciante, photographiée à Nice dans les années 1920, bien loin du visage grave de la femme d'État que la France a célébrée au Panthéon. L'exposition dévoile des photographies, correspondances et journaux intimes conservés par les familles Veil et Vernay, dont une partie significative n'avait jamais été montrée.
Ces documents retracent le passage d'une jeunesse marquée par l'insouciance à l'expérience de la persécution, selon le Mémorial de la Shoah.
Cette approche intime est renforcée par la voix de trois comédiennes — Isabelle Huppert, Marina Foïs et Dominique Reymond — qui lisent les lettres et récits des sœurs Jacob tout au long du parcours. Le résultat est une exposition qui « ne donne pas de leçon d'histoire mais laisse parler les archives ». Le résultat est salué par le commissaire David Teboul, qui explique au Times of Israël que l'exposition « ne donne pas de leçon d'histoire mais laisse parler les archives ».
Exposition Simone Veil mes sœurs et moi Mémorial Shoah 2026 : un hommage à Jean Jacob, le frère photographe
L'exposition rend également un hommage poignant à Jean Jacob, le frère aîné, passionné de photographie. En 1942, il travaille brièvement dans un laboratoire photo niçois avant d'être arrêté. Déporté en 1944 avec son père André par le convoi 73, le seul convoi français à destination des pays baltes, il y est assassiné.
Ses sœurs n'en apprendront les circonstances qu'en 1978. Plusieurs de ses clichés, précieusement conservés par la famille durant huit décennies, sont présentés ici pour la première fois, rapporte ActuaLitté.
De l'insouciance niçoise à l'horreur d'Auschwitz
Le destin de la famille Jacob est celui de milliers de familles juives françaises broyées par la persécution nazie. Nées à Nice dans les années 1920, les trois sœurs grandissent dans une famille juive française laïque et cultivée. Leur enfance heureuse est peu à peu assombrie par les crises des années 1930, puis par l'Occupation et les lois antisémites de Vichy. Denise, l'aînée, s'engage dans la Résistance et sera déportée à Ravensbrück.
Le destin des Jacob bascule à l'été 1944. Simone, Milou et leur mère Yvonne sont arrêtées, puis déportées à Auschwitz au printemps 1944. Yvonne meurt à Bergen-Belsen. Milou, la cadette, revient affaiblie mais vivante. Simone survit. Leur père et leur frère Jean, déportés par le convoi 73, ne reviendront jamais. Six membres d'une même famille, deux survivantes : la Shoah à l'échelle d'un foyer.
Transmettre avant que les voix ne s'éteignent
L'exposition s'accompagne d'un livre monumental — Simone Veil. Mes sœurs et moi (Éditions Les Arènes, 380 pages, 1 400 documents) — et d'une bande dessinée, Les sœurs Jacob de Marie Desplechin et Fred Bernard (Les Arènes BD, 2025).
Elle s'inscrit dans l'urgence de la transmission, alors que les derniers témoins directs de la Shoah disparaissent. « L'exposition questionne la manière dont se construit une mémoire familiale face à l'événement historique », explique le Mémorial de la Shoah.
Pour la France, qui a mis des décennies à reconnaître la responsabilité de l'État français dans la déportation des Juifs — reconnaissance officialisée par Jacques Chirac en 1995 — est un tournant. Chaque exposition de cette nature est un acte de justice mémorielle. Elle rappelle que derrière les six millions de victimes, il y a des fratries, des lettres jamais postées, des photographies jaunies, et des silences transmis de génération en génération.
Exposition Simone Veil mes sœurs et moi Mémorial Shoah 2026 : entrée gratuite, jusqu'au 15 octobre 2026, du mardi au vendredi de 10h à 18h (nocturne le jeudi jusqu'à 21h), au Mémorial de la Shoah, 17 rue Geoffroy-l'Asnier, Paris 4e.