Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : 51 résistants juifs dans le train de Buchenwald
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : huit jours avant la Libération de Paris, les Allemands sortent de Drancy 51 Juifs, hommes et femmes de la résistance, et les déportent clandestinement vers Buchenwald.
Alors que la capitale commémore les 82 ans de sa libération, du 23 au 25 août 2026, cette histoire racontée par Yad Vashem retrouve une actualité singulière.
17 août 1944 : le dernier convoi de la Shoah quitte Drancy
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : 51 résistants juifs dans un train d'évacuation
Le 17 août 1944, alors que les Alliés approchent, le camp de Drancy est évacué. Un groupe de 51 Juifs est sorti du camp : des membres de l'Armée juive, de la résistance communiste juive et de la résistance juive hollandaise, capturés en avril et juillet 1944, selon le récit de Yad Vashem.
Craignant une tentative de délivrance, les Allemands les déportent en secret, rattachés à un train d'évacuation. Le site pédagogique Lumni confirme ce dernier wagon de 51 personnes.
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : Paula, Zippi et le réseau hollandais
Parmi les déportés, Alfred Frenkel, dit « Zippi », né en 1920 à Breslau, et Paula Kaufman, née en 1920 en Pologne. Membres du mouvement de jeunesse sioniste Hehalutz, ils ont rejoint la ferme de Hachsharah de Werkdorp aux Pays-Bas avant de passer dans la clandestinité à Paris, détaille Yad Vashem.
Paula se fait embaucher sous une fausse identité dans les bureaux de la Gestapo à Paris. Elle transmet à la résistance des plans du bunker souterrain, les terrains de lancement des missiles V1 et des documents volés, avant d'être arrêtée le 17 juillet 1944.
L'évasion du wagon de queue
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : la loterie du wagon de queue
Dès les premiers jours, les détenus décident de s'évader. Leur wagon est placé en queue de train, devant celui des policiers allemands. « J'avais reçu le numéro 23. Toutes les cinq minutes, quelqu'un sautait », raconte Alfred Frenkel, cité par Yad Vashem.
Les voies ferrées ayant été bombardées par la résistance française, le train s'immobilise. Les Allemands découvrent que 19 détenus ont disparu. « Si le train avait continué à rouler ne serait-ce que 15 minutes, tout le wagon aurait été vide », écrira Kurt Reilinger en mai 1945.
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : une exécution évitée par un officier
Sortis du wagon, dépouillés de leurs affaires, les évadés voient les Allemands « commencer à creuser » et installer un fusil-mitrailleur. « Les Allemands étaient 50 et nous étions 15 garçons », relate Zippi. L'arrivée d'un officier de haut rang, commandant du train, met fin au massacre : les détenus remontent dans le wagon.
Le train atteint Buchenwald, puis le réseau hollandais est réparti dans différents camps. Paula passe par plusieurs prisons avant d'être transférée à Auschwitz. Environ la moitié du réseau hollandais déporté de Drancy a été assassinée ; Zippi et Paula ont survécu.
La résistance juive dans les combats de Paris
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : les combattants juifs de la Libération de Paris
Huit jours plus tard, la 2e D.B. du général Leclerc, forte de 15 000 hommes et 200 chars, entre dans Paris le 24 août au soir. Le général von Choltitz signe la capitulation le 25 août, rappelle l'exposition virtuelle du Mémorial de la Shoah.
Des combattants juifs sont au cœur de ces combats, comme Léon Nabet, engagé dans la 2e D.B. à 14 ans et demi, ou Maurice Rosenberg, lieutenant des Forces françaises libres.
Dès 1942, les organisations sionistes avaient créé l'Armée juive, devenue Organisation juive de combat en juin 1944, explique l'historienne Renée Poznanski dans le Dictionnaire historique de la Résistance.
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : après Buchenwald, les kibboutz d'Israël
En 1946, Alfred Frenkel immigre illégalement en Palestine mandataire sur le bateau « Tel Hai ». Il s'installe au kibboutz Hazorea, épouse Nurit, elle-même survivante cachée aux Pays-Bas, et participe à la fondation du kibboutz Yakum dans la région du Sharon.
En 1955, il remplit des Feuilles de témoignage pour ses parents, assassinés à Auschwitz après leur déportation de Terezin. Paula épouse en 1952 Yosef Welt, membre de la Brigade juive de Vienne, et remplit à son tour une Feuille de témoignage pour son père, précise Yad Vashem.
Commémorer le dernier convoi et la Libération
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : le programme des cérémonies
La Ville de Paris commémore les 82 ans de la Libération du dimanche 23 au mardi 25 août 2026. Dimanche à 16 heures, une cérémonie à la Cascade du Bois de Boulogne rend hommage aux 35 jeunes martyrs de la Résistance, massacrés dans la nuit du 16 au 17 août 1944, indique le programme officiel.
Cette nuit-là, aux mêmes heures, partait le dernier convoi de Drancy.
Mardi 25 août, la journée s'ouvre à 10 heures place Stalingrad, puis à 10 h 30 devant la plaque du départ des déportés, gare de l'Est. La prise d'armes de 17 h 30 sur l'esplanade de la Libération clôt les commémorations, selon le ministère des Armées sur ses chemins de mémoire.
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : une mémoire à transmettre
Pour le Mémorial de la Shoah, la résistance juive ne se réduit ni à l'action des groupes communistes liés à la MOI, ni à la seule résistance de sauvetage : elle est « la Résistance des Juifs, reflet d'une communauté hétérogène confrontée à une situation mêlant le spécifique et le général ».
Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : cette évasion collective de 51 résistants juifs, à huit jours de la Libération, mérite sa place dans la mémoire nationale.
Comme l'écrivait Kurt Reilinger, il ne manquait que 15 minutes pour que le wagon soit vide. Dernier convoi Drancy 17 août 1944 82 ans commémoration août 2026 : retenez ce nom et ces 51 résistants juifs, autre opération oubliée de la persécution des Juifs de Paris, à retrouver aussi dans notre récit de la rafle du 20 août 1941.