Mémoire

Chaïm Kaliski génocide des Juifs d'Europe livre août 2026 : le survivant d'Etterbeek érige un cénotaphe de papier à la mémoire des six millions

2026-08-19
Chaïm Kaliski génocide des Juifs d'Europe livre août 2026 : le survivant d'Etterbeek érige un cénotaphe de papier à la mémoire des six millions

Chaïm Kaliski génocide des Juifs d'Europe livre août 2026 : le troisième volume de l'œuvre consacrée par le dessinateur bruxellois à la Shoah est paru le 7 août 2026 aux éditions La 5e Couche, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. L'ouvrage de 320 pages accompagne la première exposition monographique jamais présentée en France sur l'artiste, au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme de Paris.

Chaïm Kaliski génocide des Juifs d'Europe livre août 2026 : un cénotaphe de papier pour les six millions

« Le génocide des Juifs d'Europe » constitue le troisième volet d'un corpus exceptionnel, après Jim d'Etterbeek et Dossin, antichambre de la mort. Pour ActuaBD, ce livre est « un véritable cénotaphe élevé à la mémoire de son père disparu et, à travers lui, des millions de Juifs d'Europe qui n'ont jamais eu de sépulture ».

L'historien et politologue Joël Kotek, qui préface l'ouvrage avec Laurence Schram, salue « cet orphelin qui resta, toute sa vie, habité par la Shoah, habité au sens propre, comme on l'est par une douleur qui ne vous quitte jamais ». Kaliski n'élude rien : ni le rôle de Vichy, ni celui du Vatican sous Pie XII, ni les États complices de la déportation.

Chaïm Kaliski génocide des Juifs d'Europe livre août 2026 : l'enfant caché devenu chroniqueur de l'extermination

Né le 25 décembre 1929 à Etterbeek, dans une famille juive polonaise, Chaïm Kaliski survit à l'Occupation en vivant dans la clandestinité avec sa mère Fradla, après l'arrestation et la déportation de son père Abram à Auschwitz en 1944, rappelle la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Il meurt le 12 septembre 2015, à 85 ans.

À soixante ans, sur les conseils de sa sœur Sarah, il entreprend de dessiner son histoire. Plus de 6 000 dessins naissent alors, « généralement sur de grandes feuilles de papier Canson à grain », d'un trait naïf mais d'une précision implacable, mêlant français, flamand, bruxellois et yiddish. Mediapart décrit un « juif bruxellois persécuté devenu dessinateur compulsif ».

Cette œuvre testamentaire s'inscrit dans la tradition des Memorbücher et des Yizker-bikher, ces livres du souvenir par lesquels les communautés juives d'Europe de l'Est conservaient la mémoire de leurs morts. Frère cadet du dramaturge René Kalisky, oncle du comédien Jonathan Zaccaï, Chaïm Kaliski appartient à cette génération de survivants qui ont fait du dessin un acte de survie, rappelle la notice biographique qui lui est consacrée par Wikipédia.

Des lois de Nuremberg à la « solution finale » : toute la mécanique génocidaire

Ce troisième volume change d'échelle : le récit sort de la rue, de la ville et du pays de l'auteur pour embrasser la géographie entière de la persécution, de la Pologne à la France, des Balkans à l'Afrique du Nord et à la Palestine mandataire. Les lois de Nuremberg, les pogroms, la Nuit de Cristal, la création des ghettos, les rafles, les déportations défilent dans un ordre implacable.

L'ouvrage documente aussi le pillage systématique des biens juifs, les massacres des Einsatzgruppen, les expérimentations médicales et la récupération des dents en or des victimes. « Ce n'est plus seulement la mémoire d'un témoin qui s'exprime ici, mais la parole d'un survivant qui témoigne pour ceux qui n'ont pas survécu », résume la Fondation.

Au mahJ de Paris, l'exposition « Chaïm Kaliski. Jim d'Etterbeek » prolonge le livre

Du 22 janvier au 13 décembre 2026, le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme consacre à l'artiste la première exposition monographique présentée en France, soutenue par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Le public y découvre la chronique obsessionnelle d'une yiddishkeit anéantie, dans la tradition des Memorbücher, les livres du souvenir.

Chaïm Kaliski génocide des Juifs d'Europe livre août 2026 s'inscrit dans cette tradition : un acte de transmission et de deuil, dont la librairie du Mémorial de la Shoah et l'éditeur La 5e Couche assurent la diffusion. À l'heure où les derniers témoins disparaissent, l'œuvre de Kaliski rappelle que la mémoire juive ne s'éteint pas avec eux.