Attentat rue des Rosiers 44 ans commémoration août 2026 : six morts et 22 blessés, l'émotion intacte au cœur du Marais
Attentat rue des Rosiers 44 ans commémoration août 2026 : ce vendredi 7 août, habitants et représentants de la communauté juive se sont rassemblés au 7 rue des Rosiers, dans le quartier du Marais à Paris, pour honorer la mémoire des six personnes assassinées et des 22 blessés de l'attaque terroriste du 9 août 1982. Quarante-quatre ans plus tard, l'émotion demeure intacte, ravivée par le souvenir d'un des attentats antisémites les plus meurtriers commis en France avant les années 2010, selon CNEWS.
Attentat rue des Rosiers 44 ans commémoration août 2026 : une cérémonie nationale pour ne pas oublier
La cérémonie, organisée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a débuté à 14h30 devant le 7 rue des Rosiers, à l'emplacement même de l'ancien restaurant Jo Goldenberg où le drame s'est noué. Au programme : prises de parole des représentants associatifs, dépôts de gerbes et une minute de silence, retransmise en direct sur les réseaux sociaux du CRIF, rapporte l'organisation.
« L'émotion est intacte pour les familles et pour les proches des victimes », a confié Yohann Taïeb, responsable du collectif des familles des victimes, à CNEWS. Le responsable a souligné que ces commémorations annuelles, instaurées après les attentats de Paris de 2015, sont devenues un rendez-vous essentiel du devoir de mémoire dans la capitale.
Attentat rue des Rosiers 44 ans commémoration août 2026 : le 9 août 1982, trois minutes de terreur dans le Pletzl
Le lundi 9 août 1982 à 13h15, un commando de deux à cinq hommes masqués, armés de pistolets-mitrailleurs et vêtus de costumes gris, fait irruption dans le restaurant Jo Goldenberg, au coin de la rue des Rosiers et de la rue Ferdinand-Duval. Après avoir lancé une grenade à l'intérieur de l'établissement bondé, les terroristes mitraillent les clients attablés et le personnel avant de s'enfuir à pied en tirant dans la foule du quartier juif historique du Marais, selon les archives du Wikipédia.
En moins de trois minutes, l'attaque fait six morts et vingt-deux blessés. Les victimes — Mohamed Bennemou, André Hezkia Niego, Grace Cuter, Anne Van Zanten, Denise Guerche Rossignol et Georges Demeter — sont aujourd'hui honorées sur la plaque commémorative apposée au 7 rue des Rosiers. L'attentat fut revendiqué par le Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal, organisation palestinienne dissidente violemment opposée à l'OLP et à toute perspective de paix avec Israël.
« Il faut se rappeler ce que peut provoquer l'antisémitisme »
Pour les Parisiens présents ce vendredi, le message est clair : l'antisémitisme ne connaît ni les époques ni les générations. « Il faut toujours que l'on se rappelle de ce que peut être l'antisémitisme. Surtout en ce moment », a confié un habitant du quartier interrogé par CNEWS. Un autre Parisien, encore ému, a parlé d'un « acte terroriste incroyable. Gratuitement, des gens qui déjeunaient paisiblement ont été tués lâchement. »
Cette commémoration intervient dans un contexte national marqué par une multiplication des actes antisémites en France. Selon les derniers chiffres du Service de protection de la communauté juive (SPCJ), les signalements d'incidents à caractère antisémite ont connu une augmentation significative ces derniers mois, rappelant tragiquement la pertinence du combat mené par les institutions juives françaises depuis plus de quatre décennies.
Justice inachevée : le long chemin des familles
Quarante-quatre ans après l'attentat, la justice française n'a toujours pas pu juger les principaux commanditaires. Si les auteurs présumés ont été identifiés et condamnés par contumace, la France n'est jamais parvenue à obtenir leur extradition de leurs pays de résidence, notamment la Norvège et la Jordanie. Un des suspects, Hicham Harb, a toutefois été extradé et remis à la justice française en avril 2026, relançant l'espoir des familles de voir un procès se tenir, selon la page Wikipédia de l'attentat.
Le CRIF rappelle régulièrement que l'oubli est le meilleur allié de la haine. La cérémonie de ce vendredi 7 août en est la preuve la plus éclatante : quarante-quatre ans plus tard, la rue des Rosiers se souvient, et avec elle toute la mémoire juive de France.
Article rédigé par Le Monde Juif — © 2026