Trump accord désarmement Hamas Gaza juillet 2026 : un accord « historique » mais des conditions qui divisent Israël
Trump accord désarmement Hamas Gaza juillet 2026 : le président américain Donald Trump a annoncé dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 juillet un accord « historique » pour le désarmement complet du Hamas et des autres groupes armés dans la bande de Gaza. Revendiquant une « étape monumentale » dans la mise en œuvre de son plan de paix, le locataire de la Maison Blanche a déclaré que les forces israéliennes se retireraient progressivement du territoire palestinien « à mesure que le désarmement s'achèverait », selon France 24 et 20 Minutes.
Trump accord désarmement Hamas Gaza juillet 2026 : le Conseil de paix à la manœuvre
C'est le Conseil de paix, institué par Trump pour piloter la reconstruction de Gaza, qui a arraché cet accord après des semaines de négociations menées en Égypte. « Aujourd'hui, le Conseil de Paix a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza. Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables », a écrit le président sur Truth Social.
La Force internationale de stabilisation (ISF), une structure naissante sous l'égide du Conseil de paix, collaborera avec « une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza ». Cette phase du plan prévoit un retrait israélien progressif et le déploiement d'une force multinationale, rapporte CNN. Une réunion des médiateurs , Égypte, États-Unis, Qatar et Turquie , doit se tenir « bientôt » au Caire.
Des hauts responsables du Hamas ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé « concernant la question des armes » et un « retrait progressif » des forces israéliennes. Selon un responsable du mouvement islamiste, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens chargée de gérer la vie quotidienne pendant la transition. « Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza », a déclaré ce responsable.
Les conditions du Hamas : un « paquet » non négociable
Le porte-parole du Hamas Ghazi Hamad a confirmé à CNN que le groupe acceptait un désarmement, mais seulement si Israël respecte un ensemble de conditions préalables. « L'accord est un paquet », a-t-il martelé. Le Hamas exige un cessez-le-feu total, l'arrêt des assassinats ciblés à Gaza, le retrait des troupes israéliennes jusqu'à la « ligne jaune » démarcation, un afflux massif d'aide humanitaire et le déploiement effectif de l'ISF.
« Nous ne commencerons aucune étape liée aux armes tant qu'Israël n'aura pas mis en œuvre ces engagements. Franchement, si Israël ne les respecte pas, nous n'irons pas plus loin », a averti Hamad. Le responsable a également précisé que les armes lourdes du Hamas ne seraient pas détruites ni déclassifiées, mais « stockées sous la supervision du Comité national ». Une nuance qui pourrait compliquer la position israélienne.
Le NCAG, actuellement basé en Égypte, est toujours empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens. Le Hamas avait annoncé début juillet la dissolution de son comité administratif, en place depuis 2007, pour transférer ses responsabilités civiles à ce gouvernement technocratique.
Trump accord désarmement Hamas Gaza juillet 2026 : Netanyahu garde le silence
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'a publié aucune déclaration officielle depuis l'annonce de Trump. Selon une source israélienne citée par CNN, Netanyahu « calcule que le Hamas finira par violer les termes de l'accord et ne respectera pas ses engagements ». Le chef du gouvernement serait peu enclin à ordonner un retrait de Gaza avant les élections législatives prévues le 27 octobre 2026.
En revanche, les ministres de la droite dure ont immédiatement exprimé leur opposition. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a rejeté tout accord conclu « par l'intermédiaire d'un tiers », estimant que la seule issue acceptable restait « la destruction du Hamas ». La ministre Orit Strouk, du parti Sionisme religieux, a qualifié l'accord de « dangereux ».
Le chef de l'opposition Gadi Eisenkot, principal challenger électoral de Netanyahu, a critiqué ce silence. « Cela soulève de sérieuses questions sur le point de savoir si Israël est partenaire de cet accord ou si, une fois de plus, un accord est imposé à Israël sans son implication », a-t-il déclaré, selon CNN.
Violences persistantes malgré l'annonce
L'accord intervient dans un contexte de violences continues. Jeudi, au moins quatre Palestiniens ont été tués dans des frappes israéliennes à Gaza, selon les autorités sanitaires locales. Depuis la signature du cessez-le-feu le 11 octobre 2025, au moins 1 214 personnes ont été tuées et 3 977 blessées dans l'enclave, rapporte CNN.
Israël contrôle aujourd'hui plus de 60 % du territoire gazaoui, après que Netanyahu a ordonné fin mai aux forces israéliennes d'étendre leur emprise jusqu'à 70 %. Malgré l'accord de désarmement, un responsable israélien a déclaré qu'Israël ne se retirerait pas de la « ligne jaune » avant que la démilitarisation ne soit achevée.
Le Conseil de sécurité israélien a toutefois approuvé dimanche le déploiement d'une force internationale limitée, composée de 200 soldats marocains et ougandais, dans une zone pilote à Rafah. Une mesure initiale et restreinte, a précisé un responsable, insistant sur le fait que tout déploiement supplémentaire nécessiterait une approbation spécifique d'Israël.
Trump accord désarmement Hamas Gaza juillet 2026 : un scepticisme prudent
L'administration Trump a fait savoir qu'elle serait « très, très déçue » si Israël ne respectait pas sa part du plan de paix. « Nous ne demandons à Israël que de respecter le plan en 20 points qu'il a initialement accepté », a déclaré un responsable américain aux journalistes. Le président américain, qui avait reçu Netanyahu à la Maison Blanche le 28 juillet, mise sur cet accord pour consolider l'un des rares succès diplomatiques de son second mandat.
Mais le scepticisme domine. L'accord exige que le Hamas, une organisation classée terroriste par les États-Unis et l'Union européenne, accepte un désarmement supervisé par une force internationale qui n'est pas encore pleinement opérationnelle, dans un territoire où Tsahal occupe encore la majorité du terrain. Les défis logistiques et politiques sont considérables.
Pour les Israéliens comme pour les Palestiniens, cet accord « historique » ressemble davantage à un cadre de négociation qu'à une solution finale. La question du déploiement de l'ISF, de la gouvernance future de Gaza et du rôle de l'Autorité palestinienne reste entière. Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich n'a pas réagi publiquement, mais son opposition à toute concession territoriale est connue.
Le Hamas, de son côté, joue une partition délicate : accepter un désarmement tout en maintenant que ses armes lourdes seront « stockées » plutôt que détruites. Pour Israël, qui a perdu plus de 800 soldats depuis le 7 octobre 2023 et dépensé des milliards de dollars dans cette guerre, la perspective d'un accord qui laisserait subsister un arsenal du Hamas, même sous supervision, est difficilement acceptable. Le silence de Netanyahu pourrait bien être la réponse la plus éloquente à ce stade.
Article rédigé par la rédaction du Monde Juif. Sources : France 24, CNN, 20 Minutes, NPR, AFP.