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Rapport SPCJ 2025 : un record de violences antisémites en France, une agression physique tous les trois jours

2026-06-27
Rapport SPCJ 2025 : un record de violences antisémites en France, une agression physique tous les trois jours

Rapport SPCJ 2025 : un record de violences antisémites en France, une agression physique tous les trois jours

Le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) et le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) ont publié, le 12 février 2026, leur rapport annuel sur l'antisémitisme en France. Les chiffres sont sans appel : 1 320 actes antisémites ont été recensés en 2025, soit plus de 3,5 actes par jour. Jamais depuis la Libération la haine antijuive n'avait été aussi durablement installée dans le quotidien français.

1 320 actes, 53 % des faits antireligieux

Les actes antisémites représentent 53 % de l'ensemble des actes antireligieux recensés en France, alors que la communauté juive ne constitue que moins de 1 % de la population nationale. Ce chiffre, communiqué par le ministère de l'Intérieur et analysé par le CRIF, révèle une disproportion abyssale. Comme le rapporte Le Parisien, il y a désormais « une agression physique tous les trois jours » en France.

Les violences physiques ont atteint un record historique : 126 cas en 2025, contre 106 en 2024, soit une hausse de près de 19 %. Ces agressions représentent désormais 14,2 % des actes antisémites, contre 10,4 % l'année précédente. Les victimes sont de plus en plus souvent des enfants et des adolescents identifiables comme juifs, portant une kippa ou se rendant à la synagogue.

Le rajeunissement d'une haine

13,1 % des actes se déroulent en milieu scolaire : écoles, collèges, lycées et universités. Le phénomène est doublement préoccupant : les auteurs comme les victimes se rajeunissent. Le 9 février 2026, un adolescent juif de 13 ans a été agressé dans le 18ᵉ arrondissement de Paris par cinq individus qui lui ont porté un couteau à la gorge tout en proférant des insultes antisémites, selon TF1 Info. Le 5 juin 2026, une étudiante de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis pour des actes antisémites visant trois étudiants sur les réseaux sociaux, comme le rapporte AEF info.

« Comment trouver les mots pour expliquer à un enfant de 13 ans qu'il est agressé parce que juif ? » — Yonathan Arfi, président du CRIF, sur X (ex-Twitter), cité par TF1 Info.

La rhétorique anti-israélienne comme catalyseur

Près d'un tiers des actes antisémites comportent des références explicites à la Palestine : 388 actes documentés en 2025. Parmi ceux-ci, 45 comportent une apologie du djihadisme et 74 une apologie du nazisme. La rhétorique anti-israélienne sert désormais de cadre de légitimation : les Juifs de France sont sommés de répondre d'un conflit à des milliers de kilomètres, comme si leur simple présence sur le sol français justifiait la haine.

Ce phénomène n'est pas limité aux grandes métropoles. 88 départements sur 101 ont recensé au moins un fait antisémite en 2025. L'antisémitisme du quotidien — refus de service, discriminations à l'embauche, exclusions dans les milieux professionnels — est en hausse selon les signalements reçus par le SPCJ, même si ces faits sont souvent déposés sans plainte pénale et donc sous-déclarés.

L'indifférence institutionnelle persiste

Face à ces chiffres, la réponse de l'État français reste timide. Si le gouvernement a présenté un projet de loi étendant la protection aux fonctionnaires et à leur famille, comme le rapporte Le Monde Juif, la réalité sur le terrain peine à suivre. Les condamnations restent rares et les peins légères : quatre mois avec sursis pour une étudiante ayant harcelé trois de ses camarades sur la base de leur origine juive, c'est à la fois une avancée judiciaire et un constat d'impuissance.

Le CRIF dénonce également la montée de la haine envers les chrétiens et les musulmans, rappelant que « le combat pour la République passe par le combat contre toutes les haines ». Mais la communauté juive reste, de loin, la première cible des actes antireligieux en France.

Une France qui doit choisir son camp

Les chiffres du SPCJ pour 2025 ne sont pas une simple statistique : ils sont le reflet d'une société française où l'antisémitisme s'est banalisé, rajeuni et géographiquement dispersé. Entre les discours officiels de tolérance et la réalité des agressions quotidiennes, l'écart est béant. La France doit choisir : soit elle traite cette haine comme la priorité sécuritaire qu'elle est, soit elle continue de regarder ailleurs pendant que ses citoyens juifs paient un prix de plus en plus sanglant pour leur identité.