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La mairie de Paris rompt avec l'équilibre : la citoyenneté d'honneur aux seuls Palestiniens divise la République

2026-06-21
La mairie de Paris rompt avec l'équilibre : la citoyenneté d'honneur aux seuls Palestiniens divise la République

Jeudi 18 juin 2026, la mairie de Paris a voté l'attribution de la « citoyenneté d'honneur » aux populations civiles de Gaza et de Cisjordanie, ainsi qu'aux journalistes palestiniens. Une décision qui, loin d'être un geste de paix universel, constitue selon le CRIF une rupture brutale avec la position historique d'équilibre de la capitale sur le conflit israélo-palestinien.

Un geste à sens unique

La mairie de Paris, dirigée par Anne Hidalgo, a présenté cette distinction comme « un acte de paix ». Pourtant, l'arrêté municipal ne mentionne aucune reconnaissance équivalente pour les civils israéliens — notamment les habitants des kibboutzim massacrés le 7 octobre 2023 par le Hamas, ni pour les journalistes israéliens tués ou blessés depuis le début de la guerre. Cette omission n'est pas anodine : elle transforme un symbole républicain en un outil de prise de parti politique.

Dans un communiqué publié le 19 juin 2026, le CRIF a dénoncé cette décision comme « un parti pris qui crée un émoi profond et légitime chez de nombreux parisiens, juifs ou non, attachés à une voix équilibrée sur le Proche-Orient ». Le Conseil représentatif des institutions juives de France pose une question simple et dérangeante : « Ces civils ne méritent-ils pas aussi cette reconnaissance symbolique ? »

L'empathie sélective, une dérive idéologique

L'argumentaire de la mairie de Paris repose sur une distinction morale entre « victimes » et « bourreaux » qui, appliquée au conflit israélo-palestinien, aboutit invariablement à l'exonération d'un camp et à la diabolisation de l'autre. Les kibboutzniks de Kfar Aza, de Be'eri ou de Nir Oz — femmes brûlées vives, bébés décapités, familles entières exterminées — ne figurent pas dans le tableau des « civils » dignes de compassion selon la mairie de Paris.

Cette empathie sélective n'est pas nouvelle. Elle s'inscrit dans une tendance plus large de l'extrême gauche française, incarnée par La France insoumise, qui a fait de l'antisionisme son cheval de bataille électoral. Le CRIF ne s'y trompe pas : cette décision « donne une victoire politique à La France insoumise (LFI), qui l'utilisera pour hystériser encore davantage le débat public et cultiver un climat dangereux de criminalisation du sionisme et de stigmatisation des Juifs, prétendus coupables par procuration ».

Le silence des institutions

Ce qui frappe dans cette affaire, c'est le silence assourdissant des autres acteurs politiques. Le gouvernement, qui s'apprête à présenter le 1er juillet en conseil des ministres un projet de loi contre l'antisémitisme et le racisme, n'a pas réagi publiquement à cette décision municipale. Le Parti socialiste, pourtant allié à LFI dans de nombreuses mairies, n'a pas non plus pris ses distances.

Pendant ce temps, les faits continuent de parler. Le 5 juin 2026, le tribunal correctionnel de Paris a condamné une étudiante de Paris-I à quatre mois de prison avec sursis pour avoir exclu de ses camarades de promotion en les qualifiant de « sionistes » — un verdict salué par l'UEJF comme « un signal ». Le tribunal a reconnu le caractère antisémite de l'acte, rappelant que « sioniste » sert souvent à dire « juif » sur les campus français, comme l'a documenté une étude du CRIF publiée début juin.

Une capitale qui perd sa voix

Paris a longtemps été perçue comme un médiateur crédible, une ville capable de parler aux deux parties du conflit. En choisissant délibérément de ne reconnaître que les souffrances d'un seul camp, la mairie s'aliène non seulement la communauté juive de France, mais aussi tous ceux qui croient encore en un traitement équitable des victimes.

Le CRIF conclut avec une mise en garde qui vaut au-delà du seul cadre parisien : « Invisibiliser dans ce vœu les victimes israéliennes de ce conflit en refusant une citoyenneté d'honneur aux deux parties en présence, est un parti pris qui crée un émoi profond. » La mairie de Paris devrait revenir à une position d'équilibre, car c'est seulement ainsi que la voix de Paris pourra à nouveau être utile pour faire avancer le dialogue.

Mais le temps presse. À un an de l'élection présidentielle, chaque symbole compte. Et celui-là, malheureusement, est du côté de la division.

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