Salon de l'aliyah à Paris : Elbit, IAI et KPMG viennent recruter des Juifs de France ce dimanche
Salon de l'aliyah à Paris : l'Agence juive pour Israël organise ce dimanche 11 octobre, de 11 h à 18 h, la session parisienne de son salon de l'alyah. Une dizaine de grands employeurs israéliens y font le déplacement pour rencontrer directement les candidats au départ, du géant de la défense Elbit Systems à la compagnie nationale des eaux Mekorot.
L'agenda officiel est publié sur la page de l'Agence juive : Paris dimanche 11 octobre de 11 h à 18 h, Marseille lundi 12 octobre de 16 h à 20 h, puis Lyon mardi 13 octobre de 16 h à 20 h. L'accès passe par une inscription en ligne.
Salon de l'aliyah à Paris : ce que propose l'édition 2026
Les stands couvrent l'ensemble du parcours : processus d'alyah, intégration par villes, assurance maladie, marché du travail, éducation, fiscalité et aides à l'installation. Le ministère israélien de l'Alyah et de l'Intégration, l'Office des étudiants, le programme Naalé, le programme « Lekh Lekha » et plusieurs municipalités israéliennes tiennent des entretiens personnalisés, précise l'Agence juive.
Cette édition se distingue par la place donnée au recrutement. Les organisateurs ont choisi de faire venir les employeurs au contact des futurs olim, avant même leur départ, pour transformer une intention de départ en projet concret.
Elbit, IAI, Controp, KPMG : qui recrute au salon de l'aliyah à Paris
Selon Radio J, la liste des inscrits comprend Elbit Systems, Israel Aerospace Industries (IAI), Controp, le ministère israélien de la Défense, Israel Ports Company, Mekorot, KPMG Israël, la banque Mizrahi-Tefahot et la caisse d'assurance maladie Leumit. Plusieurs centaines de postes sont annoncés.
Les profils recherchés épousent les besoins des secteurs technologiques et de défense : spécialistes de l'intelligence artificielle, ingénieurs en cybersécurité, ingénieurs systèmes et nucléaire, professionnels de la high-tech, du digital et de l'IT, ou encore profils issus de la finance.
Le format a été rodé en avril. Cette session-là n'avait réuni que quatre entreprises et 33 candidats inscrits, dont environ 20 % avaient ensuite poursuivi le processus de sélection, rapporte Radio J. Pour ce dimanche 11 octobre, l'objectif affiché est d'atteindre au moins 50 candidats dont les compétences correspondent aux besoins des recruteurs.
Aymeric Caron demande l'interdiction du salon de l'aliyah à Paris
Le député de Paris Aymeric Caron a demandé jeudi au préfet de police d'interdire l'événement, rapporte l'agence Anadolu. Dans une lettre datée du 6 octobre, l'élu affirme que le salon « vise à promouvoir, encourager et organiser l'émigration de citoyens français vers l'État d'Israël, et vers des colonies illégales situées sur le territoire palestinien occupé ».
Il vise nommément des structures qu'il juge impliquées dans la colonisation de la Cisjordanie. Selon lui, l'Agence juive proposerait des logements à tarifs préférentiels dans les colonies de Karne Shomron et Kyriat Arba, et le programme « Lekh Lekha » organiserait l'installation de familles françaises à Tal Menashe, Nofim et Alon Shvut.
Le député estime que l'organisation d'un tel rendez-vous sur le sol français est susceptible de constituer un transfert de population civile vers un territoire occupé, comportement visé à ses yeux par l'article 461-26 du code pénal relatif aux crimes de guerre.
Il invoque également l'article 1er commun aux Conventions de Genève de 1949, ainsi que des risques d'atteinte à l'ordre public et à la dignité humaine.
Une pression militante assumée dans un climat d'antisémitisme élevé
Cette demande d'interdiction s'ajoute à une séquence de pression militante contre les rendez-vous de la communauté juive.
Début octobre, le ministre israélien des Affaires de la diaspora Amichai Chikli avait écrit au premier ministre Sébastien Lecornu et au ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez pour réclamer une protection renforcée, rapporte le JNS. Il y mentionnait explicitement les « groupes d'activistes » réclamant l'interdiction du salon parisien.
Le contexte statistique reste lourd. Le ministère de l'Intérieur a recensé 1 570 actes antisémites en 2024, rappelle le Crif. Au premier semestre 2026, 532 faits ont été enregistrés, un niveau encore très supérieur à celui d'avant 2023 malgré un recul de 18 %, comme le détaillait notre article de septembre.
Salon de l'aliyah à Paris : l'emploi comme argument de départ
Pour l'Agence juive, le calcul est simple : un candidat qui sait déjà qu'il aura un emploi franchit plus facilement le pas. « Lorsqu'une personne sait qu'elle dispose déjà d'un emploi, il lui est beaucoup plus facile de prendre la décision de faire son aliyah », résumait en avril Emmanuel Sion, directeur de l'Agence juive en France, auprès d'i24NEWS.
Les aides à l'installation sont mises en avant dans le même mouvement : avantages fiscaux, soutien au logement et programmes d'intégration. Ce salon se tient alors que les départs de Juifs de France vers Israël restent à un niveau élevé, un mouvement que nous documentions cet été.
Le dossier des exportations militaires vers Israël, qui a connu sa propre controverse à Roissy cette semaine, croise d'ailleurs la liste des recruteurs attendus : Elbit Systems figurait déjà dans l'affaire de la cargaison bloquée.
Les trois sessions de l'Agence juive se tiennent à Paris dimanche 11 octobre, à Marseille lundi 12 octobre et à Lyon mardi 13 octobre.