Israël Katz menace Khalil al-Hayya : le chef du Hamas reçu à Ankara dans le viseur
Israël Katz menace Khalil al-Hayya, le chef du bureau politique du Hamas. Dans un message publié dimanche 11 octobre sur X, le ministre israélien de la Défense désigne nommément le dirigeant du mouvement islamiste comme la prochaine cible d'Israël. Le texte prolonge un avertissement lancé fin septembre, mais franchit un cap en citant le nouveau chef du Hamas.
Israël Katz menace Khalil al-Hayya : ce que dit le message publié sur X
« Nous avons éliminé les dirigeants du Hamas à Gaza. Ce sera aussi le tour d'al-Hayya, qui se retrouvera dans les profondeurs de l'enfer avec Haniyeh et ses acolytes », écrit le ministre, selon Demócrata et Expresso.
L'apostrophe vise aussi Ankara. Israel Katz reproche au président turc Recep Tayyip Erdogan de « dérouler le tapis rouge » aux responsables du Hamas, qu'il qualifie de « meurtriers et violeurs », rapporte Demócrata.
Le message s'accompagne de trois images, précise Expresso : une rencontre entre Ismaïl Haniyeh et Erdogan en 2024, Khalil al-Hayya aux côtés du chef de la diplomatie turque Hakan Fidan, et un montage montrant des « portes de l'enfer » avec la légende « 2027 : Réunion Haniyeh-Al Haya ».
Erdogan, la Turquie et les Frères musulmans en accusation
Le ministre israélien élargit sa charge au-delà du seul Hamas. Il accuse Erdogan de soutenir « les activités terroristes » que le mouvement orchestre « depuis la Turquie avec les Frères musulmans », contre Israël et « des nations musulmanes clés de la région », selon Expresso.
Ankara offrirait ainsi une « couverture politique » à la direction du Hamas, estime-t-il. La formule reprend un grief récurrent de Jérusalem, qui voit dans l'accueil des cadres du mouvement une atteinte à sa sécurité. La tension entre les deux capitales n'est pas nouvelle, comme nous l'avons relaté dans cet épisode de Khan Younès.
Khalil al-Hayya, un chef du Hamas reçu à Ankara
L'avertissement tombe deux jours après une visite remarquée. Vendredi 9 octobre, Khalil al-Hayya a été reçu à Ankara par Hakan Fidan, rapportent Anadolu et Yeni Şafak. Le ministère turc des Affaires étrangères n'a pas précisé l'objet des discussions.
Al-Hayya dirige le bureau politique du Hamas depuis juillet 2026. Figure historique du mouvement, il a représenté le Hamas dans de précédentes négociations de trêve, rappelle Yeni Şafak.
Son prédécesseur, Ismaïl Haniyeh, a été tué en juillet 2024 à Téhéran, dans une opération attribuée à Israël, comme le rappelle le Times of Israël.
La riposte d'Ankara
La Turquie a répliqué par la voix de Burhanettin Duran, directeur de la communication de la présidence. « Les propos insolents du ministre israélien de la Défense sont le signe de la faiblesse politique » d'Israël à l'approche des élections, a-t-il déclaré, selon Haber7.
Duran juge en outre que menacer de mort « des noms engagés dans les négociations de cessez-le-feu » traduit un mépris du droit international. Ankara promet de poursuivre son soutien à la cause palestinienne, rapporte la même source.
Israël Katz menace Khalil al-Hayya : la traque des dirigeants du Hamas à l'étranger
Cette sortie s'inscrit dans une séquence. Le 29 septembre, Israel Katz avait déjà prévenu que les dirigeants du Hamas hors de Gaza étaient « dans la ligne de mire » d'Israël, rapporte Le Figaro.
Il évoquait alors la frappe israélienne de septembre 2025 contre des responsables du Hamas réunis à Doha, au Qatar. « Ils s'en sont sortis une fois grâce à un dysfonctionnement. Mais il y aura une prochaine fois », avait-il averti, selon le Times of Israël.
Un cessez-le-feu est en vigueur dans la bande de Gaza depuis octobre 2025. Israël y poursuit des frappes quasi quotidiennes, affirmant viser des agents du Hamas et riposter à des violations de l'accord, note le Times of Israël.
Une escalade verbale entre Jérusalem et Ankara
En désignant nommément le chef du Hamas, Israël Katz menace Khalil al-Hayya sur un terrain autant diplomatique que sécuritaire. La question de l'accueil des dirigeants du mouvement par la Turquie, membre de l'OTAN, reste l'une des frictions les plus visibles entre Jérusalem et Ankara.