Zemmour interdiction kippa espace public : le candidat de 2027 veut bannir les signes religieux de la rue
Zemmour interdiction kippa espace public : jeudi 17 septembre 2026, invité de « Face à BFM » sur BFMTV, Éric Zemmour s'est déclaré favorable à l'interdiction de la kippa dans la rue, au même titre que le voile islamique, rapporte i24NEWS. Le président de Reconquête a saisi la même tribune pour annoncer sa candidature à l'élection présidentielle de 2027.
La séquence a été diffusée à 21h45 sur BFMTV, dans l'émission présentée par Maxime Switek. Interrogé sur l'application de son projet d'interdiction du voile aux autres signes religieux, il a été questionné précisément sur la kippa.
Zemmour interdiction kippa espace public : « Dans l'espace public, oui »
La réponse tient en quatre mots, rapportés par Radio J : « Dans l'espace public, oui ». Éric Zemmour défend une laïcité fondée sur la « discrétion des religions » dans la rue, et non sur la seule neutralité de l'État.
Il a appuyé son propos sur un souvenir personnel. Élevé dans la religion juive, il a raconté que ses parents lui demandaient de retirer sa kippa en sortant de la synagogue, présentant cette pratique comme l'« esprit » de la laïcité française.
Il a également affirmé que les Juifs de France ne portaient presque plus la kippa dans la rue, en raison des risques d'agression. Dans le même entretien, il a qualifié d'« priorité absolue » l'application de l'interdiction, en insistant sur le voile islamique.
Zemmour interdiction kippa espace public : une surenchère face au Rassemblement national
Cette sortie s'inscrit dans une séquence ouverte par le Rassemblement national. Le 30 août 2026, le député Jean-Philippe Tanguy a confirmé que son parti sanctionnerait d'une amende le port du voile dans l'espace public en cas de victoire, une mesure ensuite adossée à un référendum par Jordan Bardella, selon Public Sénat.
Éric Zemmour s'était alors dit « totalement d'accord » avec Marine Le Pen dans un message publié sur X le 1er septembre, rapporte Le JDD. Le texte de 2022 de Reconquête, intitulé « Imposer la discrétion », prévoyait déjà de sanctionner les signes religieux ostentatoires, voile ou kippa.
La différence est ailleurs : le Rassemblement national cible le voile, pas la kippa, note i24NEWS. Sur ce point, le candidat de Reconquête va plus loin que sa concurrente.
Zemmour interdiction kippa espace public : un obstacle juridique majeur
Reste la question du droit. La loi du 15 mars 2004 interdit les signes religieux ostensibles dans les écoles publiques, mais la laïcité de l'État n'est pas celle de l'espace public. C'est la distinction que rappelait Serge Slama, professeur de droit public, dans les colonnes de Public Sénat.
« On ne voit pas comment, dans un État de droit, on pourrait interdire l'expression d'une religion », soulignait-il, en rappelant que processions et calvaires n'ont jamais été prohibés. Une interdiction générale se heurterait à l'égalité devant la loi, à la liberté religieuse et aux articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'Homme.
Le référendum n'est pas une porte de sortie évidente. Mathieu Carpentier, professeur de droit public à Toulouse Capitole, juge que la mise en œuvre des libertés publiques n'entre pas dans le champ de l'article 11 de la Constitution.
Zemmour interdiction kippa espace public : les Juifs de France déjà confrontés au choix
Le sujet n'est pas théorique pour la communauté juive. Le débat sur le fait de renoncer à la kippa dans la rue a déjà divisé la France en 2016, après l'appel du président du consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, à la retirer « jusqu'à des jours meilleurs ».
À l'époque, 70 % des Français estimaient que les Juifs ne devaient pas y renoncer, selon un sondage Odoxa cité par IsraelValley.
L'éditorialiste du site, Olivier Carcassonne, a réagi à la proposition de 2026 par un titre sans détour : « Du n'importe quoi », en soulignant qu'Éric Zemmour « sait parfaitement que le Conseil d'État ne validera jamais » une telle interdiction.
Le contexte sécuritaire pèse sur le débat. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur cités par CNEWS, 532 actes antisémites ont été recensés au premier semestre 2026, en baisse de 18 % sur un an, mais près de trois sur quatre visent directement des personnes.
Zemmour interdiction kippa espace public : la capitulation plutôt que la discrétion
La proposition inverse la logique de la lutte contre l'antisémitisme. Interdire la kippa reviendrait à retirer aux Juifs un signe visible au moment où ils en sont le plus souvent la cible, et à faire porter à la victime le coût d'une hostilité qu'elle subit.
L'argument de la « discrétion des religions » traite la kippa comme un marqueur identitaire comparable à un signe politique, alors qu'elle relève de la pratique religieuse. Or la laïcité garantit le libre exercice des cultes dans l'espace public ; elle ne le supprime pas.
Éric Zemmour, qui se présente comme un défenseur des Juifs de France face à l'antisémitisme, propose donc une mesure qui les contraindrait à se rendre moins visibles. Sa candidature de 2027 devra dire si cette position résiste à l'examen des juristes et des institutions juives.
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