Remplacement Finul mission européenne Sud-Liban : l'UE étudie une force pour l'après-Casques bleus
Remplacement Finul mission européenne Sud-Liban : l'Union européenne étudie la création d'une mission militaire et civile pour succéder à la force de paix de l'ONU, dont le mandat expire le 31 décembre 2026. Le sujet sera à l'ordre du jour de la réunion des ministres européens de la Défense cette semaine en Irlande, rapporte Al Jazeera.
Remplacement Finul mission européenne Sud-Liban : un mandat qui s'achève
Créée le 19 mars 1978, quelques jours après l'invasion israélienne du sud du Liban, la Finul a vu son mandat étendu après la guerre de 2006 par la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Elle n'a jamais reçu le pouvoir de faire appliquer quoi que ce soit : observer, rapporter, accompagner, sans pouvoir désarmer un groupe armé.
Le Conseil de sécurité a voté la fin du mandat, prolongé une dernière fois jusqu'au 31 décembre 2026, avec un retrait complet dans un délai d'un an. Washington assume ce choix : « C'est la dernière fois que nous soutiendrons une extension de la Finul », souligne la mission américaine dans son explication de vote.
Remplacement Finul mission européenne Sud-Liban : ce que propose Bruxelles
Le service diplomatique européen (SEAE) a diffusé une proposition de mission de trois ans pour conseiller et former l'armée libanaise et les forces de sécurité intérieure, notamment sur les frontières et la sécurité maritime. Officiellement, il ne s'agit pas de remplacer la Finul, mais de renforcer l'État libanais.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, s'est dite prête en mai à monter une mission d'appui à l'armée libanaise, tout en doutant de l'appétit des Européens pour une force entièrement nouvelle.
L'Allemagne va plus loin : le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, propose une force mandatée par l'UE pour éviter un « vide sécuritaire » et créer « les conditions du retrait de Tsahal sans retour du Hezbollah », selon The Jerusalem Post.
L'opposition d'Israël et des États-Unis
Israël refuse tout successeur onusien. « Nous soutenons la résolution qui met fin au mandat de la Finul, mais nous nous opposons au déploiement de nouvelles forces internationales. Nous ne devons pas répéter la grave erreur de la Finul », avertit l'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, cité par i24NEWS.
Washington met en garde contre une « Finul-bis » : « On ne remplace pas une mission inefficace depuis des décennies par une force plus petite et plus limitée, sans mandat daté », explique un responsable américain. Les États-Unis privilégient le cadre trilatéral avec Beyrouth pour un éventuel dispositif de vérification des zones pilotes.
Trois options sur la table du Conseil de sécurité
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a soumis au Conseil trois options pour l'après-Finul : environ 5 525 personnels le long de la Ligne bleue et jusqu'au Litani ; environ 3 370 personnels combinant observateurs non armés et unités armées ; environ 1 980 personnels à faible capacité d'intervention, centrés sur la liaison et le reportage, détaille i24NEWS.
Le retrait de la Finul doit s'opérer de manière ordonnée dans l'année qui suit. Un haut responsable onusien prévient que le Hezbollah « n'a pas abandonné ses plans et ses ambitions », y compris « un rôle important dans la société et la politique libanaises ».
Ce que cela change pour la sécurité d'Israël
La fin de la Finul, voulue par Jérusalem et Washington, est d'abord une victoire diplomatique : une force qui a regardé le Hezbollah se réarmer pendant des décennies cesse d'être un obstacle. Le risque est qu'un successeur reproduise l'échec sous un autre nom.
Pour Jérusalem, le remplacement Finul mission européenne Sud-Liban ne vaut que s'il garantit que le Hezbollah ne revient pas dans les zones évacuées. Comme pour le contrat de défense gréco-israélien Bouclier d'Achille, c'est la capacité réelle, et non l'intention, qui compte pour la sécurité d'Israël.