Babi Yar 85 ans commémoration septembre 2026 : 33 771 Juifs assassinés en deux jours, une mémoire toujours disputée
Babi Yar 85 ans commémoration septembre 2026 : les 29 et 30 septembre 1941, 33 771 Juifs de Kiev ont été assassinés en deux jours dans le ravin de Babi Yar, à la périphérie de la capitale ukrainienne.
Quatre-vingt-cinq ans plus tard, les commémorations se multiplient, alors que la mémoire de l'un des plus grands massacres de la Shoah par balles demeure disputée, de Kiev à Washington.
Babi Yar 85 ans commémoration septembre 2026 : le massacre des 29 et 30 septembre 1941
Le 26 septembre 1941, une affiche ordonne aux Juifs de Kiev de se présenter le 29 au cimetière militaire, avec documents, argent et objets de valeur, rapportent les archives du USHMM. Ceux qui désobéiront seront fusillés, prévient l'avis des autorités d'occupation.
Les unités SS et de la police allemande, sous la direction de l'Einsatzgruppe C, guident les victimes jusqu'au ravin. Les condamnés se déshabillent puis sont abattus par rangées entières au bord de la fosse.
Selon les rapports transmis à Berlin, 33 771 Juifs sont massacrés en deux jours, à la veille de Yom Kippour. Entre 1941 et 1943, quelque 100 000 personnes (Juifs, Roms, communistes et prisonniers de guerre soviétiques) sont exécutées à Babi Yar, précise l'USHMM.
Babi Yar 85 ans commémoration septembre 2026 : le mémorial inauguré en 2021
Pendant quatre-vingts ans, les tentatives de mémorialisation avaient échoué. L'inauguration d'octobre 2021 du centre mémoriel de Babi Yar s'est tenue en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky et du président israélien Isaac Herzog, rapporte le Times of Israel.
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier assistait également à la cérémonie. Le site accueille le « Mur des Larmes » conçu par Marina Abramović et une synagogue en bois, érigée au-dessus de la seule portion visible du ravin.
Financé à hauteur d'environ 100 millions de dollars par des donateurs privés, le projet doit accueillir un musée. Ses chercheurs ont publié la liste de plus de 150 auteurs du massacre, une première dans l'histoire du site.
Babi Yar 85 ans commémoration septembre 2026 : l'oubli soviétique et la guerre des mémoires
Après la guerre, l'Union soviétique a systématiquement gommé la spécificité juive du massacre. Le monument érigé en 1976 rend hommage « aux cent mille citoyens de Kiev et aux prisonniers de guerre », sans aucune mention de la Shoah, relève l'USHMM.
Les rassemblements mémoriels des activistes juifs étaient dispersés par la police, documente l'historienne Victoria Khiterer dans Bitter War of Memory, publié par Purdue University Press en 2025.
Depuis l'indépendance de l'Ukraine, plus de trente monuments ont été édifiés à Babi Yar, dédiés aux Juifs, aux Roms, aux résistants et aux autres victimes, souligne l'ASEEES. Les débats sur la manière de commémorer le site restent vifs, entre mémoire juive et mémoire nationale ukrainienne.
Babi Yar 85 ans commémoration septembre 2026 : les cérémonies des 29 et 30 septembre
Pour ce 85e anniversaire, les cérémonies se déroulent en Ukraine, aux États-Unis et en Europe. Le Mizel Museum de Denver organise le 30 septembre une commémoration suivie d'un concert, avec un discours de Phil Weiser intitulé « De Babi Yar à Boulder : affronter l'antisémitisme avec clarté morale », indique le Mizel Museum.
Une inscription en ligne permet d'y assister à distance. Ces cérémonies interviennent alors que la connaissance de la Shoah recule : 46 % des jeunes Français de 18 à 29 ans n'avaient jamais entendu parler de la Shoah selon la Claims Conference.
Babi Yar 85 ans commémoration septembre 2026 : une mémoire à défendre
Babi Yar 85 ans commémoration septembre 2026 rappelle que la Shoah par balles reste la partie la moins transmise de l'histoire du génocide. Dès l'automne 1941, l'extermination de masse n'était plus un projet secret, mais une réalité industrielle en plein air.
Ce terreau d'ignorance, les fausses images générées par l'IA exploitent désormais, comme l'ont dénoncé historiens et rescapés à la Grande Synagogue de la Victoire.
Alors que les actes antisémites atteignent des niveaux records en France, la mémoire de Babi Yar est un test pour l'Europe : regarder son histoire en face, sans détour ni effacement.