IPJ saluts nazis étudiant sanction antisémitisme Paris Dauphine août 2026 : trois mois d'exclusion estivale, l'indignation monte
IPJ saluts nazis étudiant sanction antisémitisme Paris Dauphine août 2026 : trois saluts nazis ne valent-ils pas une exclusion définitive ? C'est la question qui secoue l'Institut Pratique du Journalisme (IPJ), l'une des seize écoles de journalisme reconnues par la profession en France, depuis la révélation par Arrêt sur images de la sanction quasi-indolore infligée à un étudiant. L'université Paris-Dauphine, dont dépend l'IPJ, a prononcé une exclusion d'un an dont seuls trois mois sont ferme, soit la période estivale, laissant l'étudiant libre de reprendre sa scolarité en septembre 2026.
IPJ saluts nazis étudiant sanction antisémitisme Paris Dauphine août 2026 : une nuit à Bruxelles qui vire au scandale
Les faits remontent à la nuit du 17 au 18 mars 2026. La promotion de première année de master de l'IPJ était en voyage scolaire à Bruxelles pour visiter le Parlement européen. Le soir, la majorité des 48 étudiants s'était retrouvée au « Bar des Amis ». C'est là que l'étudiant mis en cause, en état d'ébriété selon les témoins, aurait exécuté trois saluts nazis en moins de cinq minutes, rapporte Libération.
« Il marchait au milieu de la route quand je l'ai vu faire trois saluts nazis en moins de cinq minutes », relate un témoin à Arrêt sur images. « Avec toute la posture : le mouvement militaire de la tête au pied, droit, bras levé et jambe qui claque », précise un autre étudiant. Les faits sont immédiatement signalés aux responsables pédagogiques le lendemain, puis au directeur de l'école, Pascal Guénée.
Un comportement qui ne date pas d'hier
Ce n'était pas la première fois que cet étudiant se faisait remarquer. Ses camarades décrivent un climat « délétère » dans la promotion et évoquent des « comportements discriminants et offensants » répétés ainsi que des positions « racistes, antisémites ou encore islamophobes ». L'étudiant citait régulièrement les polémistes antisémites Alain Soral et Dieudonné, deux figures condamnées à de multiples reprises pour incitation à la haine raciale.
Début juin 2026, l'université Paris-Dauphine a reconnu des faits « graves, qu'elle qualifie elle-même d'antisémitisme, de racisme, de discrimination et d'incitation à la haine ». La sanction tombe : une exclusion d'un an, dont trois mois ferme à effet immédiat et neuf mois de sursis. Traduction concrète : l'étudiant est suspendu pendant l'été, période où aucun cours n'a lieu, et pourra faire sa rentrée en septembre en deuxième année de master.
« L'ironie d'une exclusion estivale »
Les étudiants de la promotion ne décolèrent pas. « Il va passer en M2 et revenir comme s'il n'avait pas fait de geste illégal », s'offusque l'un d'eux auprès de Libération. Plusieurs relèvent « l'ironie d'une exclusion estivale » : l'étudiant, dispensé du stage obligatoire qu'il devait effectuer cet été dans un quotidien régional, bénéficie de fait de « trois mois de vacances » là où ses camarades travaillent.
Dans un communiqué intitulé « IPJ mobilisé : les saluts nazis n'ont pas leur place dans notre école », publié le 6 août sur Instagram, les étudiants dénoncent une sanction qui alimente l'idée que le geste ne serait « pas si grave ». Le document souligne que « l'alcoolisation volontaire n'atténue pas la responsabilité pénale » et « constitue même, dans certaines situations, une circonstance aggravante ».
IPJ saluts nazis étudiant sanction antisémitisme Paris Dauphine août 2026 : une direction qui se défausse
De son côté, le directeur Pascal Guénée assure avoir « pris ces faits très au sérieux dès leur signalement » et rappelle que la section disciplinaire est une instance indépendante de l'université. « Ni moi ni mes collègues ne siégeons à la section disciplinaire et n'avons aucun pouvoir sur l'instruction ou la sanction », se défend-il.
Un argument qui peine à convaincre. Que l'instance soit indépendante ne change rien au résultat : en France, en 2026, un étudiant en journalisme peut effectuer trois saluts nazis devant ses camarades et reprendre le chemin de l'école trois mois plus tard. L'université Paris-Dauphine, fermée pour l'été, n'a pas répondu aux sollicitations de Libération.
Ce scandale s'inscrit dans un contexte plus large de banalisation des gestes antisémites dans les établissements d'enseignement supérieur français. En mai 2026, un professeur avait déjà effectué des saluts nazis pendant un cours à l'université Panthéon-Assas, relançant un débat sur la liberté pédagogique qui, manifestement, n'a pas abouti à un sursaut disciplinaire.
Le Crif et la communauté juive de France observent avec une inquiétude croissante cette normalisation rampante de l'antisémitisme dans les lieux de savoir, là même où devraient se former les garde-fous démocratiques de demain.