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Étude Congrès juif mondial antisémitisme en ligne août 2026 : 81 % des contenus antisémites signalés restent accessibles

2026-08-19
Étude Congrès juif mondial antisémitisme en ligne août 2026 : 81 % des contenus antisémites signalés restent accessibles

Étude Congrès juif mondial antisémitisme en ligne août 2026 : 81 % des contenus antisémites signalés par les communautés juives européennes restaient accessibles en mai 2026. C'est le constat accablant du rapport publié mercredi 12 août par le Congrès juif mondial (CJM).

L'enquête s'appuie sur 754 signalements recueillis entre février 2025 et avril 2026 dans toute l'Union européenne. Cofinancée par la Commission européenne, elle démontre l'échec structurel de la modération des grandes plateformes, selon le communiqué officiel du CJM.

Étude Congrès juif mondial antisémitisme en ligne août 2026 : 613 contenus sur 754 toujours visibles

Sur les 754 publications recensées, 613, soit 81 %, étaient toujours publiquement accessibles lors de la vérification menée en mai 2026. Le rapport HO:PE (Hate Online : Preparedness and Empowerment), piloté par l'institut Technologie et Droits humains du CJM, constitue le premier jeu de données systématique de contenus antisémites collecté par les communautés elles-mêmes via un outil de signalement dédié.

Les plus graves étaient encore en ligne : sur 232 publications incitant directement à nuire aux Juifs, 151 restaient accessibles. Parmi elles figurent des publications de Daech appelant à attaquer des synagogues et des quartiers juifs en Europe et aux États-Unis, ainsi que des appels explicites au meurtre, détaille i24NEWS.

Étude Congrès juif mondial antisémitisme en ligne août 2026 : signaler ne change presque rien

Le signalement officiel aux plateformes n'a eu aucun effet mesurable : 19,5 % des contenus signalés ont été supprimés, contre 18,2 % de ceux qui ne l'avaient jamais été. Le Congrès juif mondial y voit un problème structurel dans l'application des règles de modération, et non un simple retard d'examen.

« Les individus et institutions juifs sont la cible de violences haineuses à un taux plus élevé que tout autre groupe religieux ou ethnique », alerte Yfat Barak-Cheney, directrice exécutive de l'institut TecHRI.

« Ces actes sont ensuite glorifiés et promus sur les plateformes. Il appartient aux entreprises d'appliquer leurs politiques et de retirer les contenus qui violent les standards existants », ajoute-t-elle dans le communiqué du CJM.

Le constat est d'autant plus grave que la haine se déplace désormais des marges vers le grand public. Les contenus antisémites n'ont plus besoin d'être viraux pour rester visibles : il leur suffit d'échapper à des algorithmes qui, par négligence ou par calcul, laissent prospérer ce qu'ils sont censés filtrer.

Étude Congrès juif mondial antisémitisme en ligne août 2026 : TikTok à part, les plateformes défaillantes

TikTok fait figure d'exception avec un taux de suppression de 64 %. Toutes les autres grandes plateformes ont retiré moins de 15 % des contenus concernés. Facebook cumule le paradoxe le plus net : le taux de signalement le plus élevé (76 % des publications portées à sa connaissance) et le taux de suppression le plus faible (13,9 %).

Les contenus antisémites liés à Israël sont les moins sanctionnés : seuls 5,2 % ont été retirés. Aucun des 28 contenus recensés comparant la politique israélienne au nazisme n'avait été supprimé au moment de l'étude. Ce silence confirme que l'antisionisme sert souvent de masque à l'antisémitisme le plus classique.

Étude Congrès juif mondial antisémitisme en ligne août 2026 : l'appel aux régulateurs européens

Environ 6 % de l'ensemble des signalements pourraient justifier un examen juridique au regard du droit européen ou des législations nationales. Le rapport cite notamment six partages d'une publication officielle de Daech appelant à attaquer des synagogues, signalés à Facebook et toujours en ligne lors de la vérification, comme le précise le rapport complet.

Le Congrès juif mondial demande aux régulateurs européens d'utiliser les pouvoirs prévus par le Digital Services Act pour contrôler la manière dont les plateformes combattent les contenus antisémites, et aux autorités nationales d'établir des filières de signalement claires vers la justice pénale.

Étude Congrès juif mondial antisémitisme en ligne août 2026 : une exigence que les communautés juives de France, premières concernées par la banalisation de la haine en ligne, ne peuvent qu'appuyer sans réserve. La responsabilité des géants du numérique est désormais documentée, chiffrée, publiée. Il ne manque plus que la volonté politique de l'actionner.