Israël

Trump pousse Netanyahu au retrait du Liban et de la Syrie : Israël résiste

2026-07-16
Trump pousse Netanyahu au retrait du Liban et de la Syrie : Israël résiste

La tension monte entre Washington et Jérusalem. Selon une dépêche de l'Agence France-Presse relayée par Arab News, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet 2026 la « détermination d'Israël » à maintenir ses forces dans les « zones de sécurité » établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. Cette déclaration intervient alors que Donald Trump pressait depuis plusieurs jours Benjamin Netanyahu de retirer Tsahal de ces territoires.

Trump demande à Netanyahu de « redéployer » ses troupes

Dès le 14 juillet 2026, le média américain Axios révélait que le président américain avait demandé au Premier ministre israélien, lors d'un appel téléphonique, de commencer à retirer les forces israéliennes du sud de la Syrie et du Liban. « Ils ne veulent pas de vous là-bas. Vous devriez vous redéployer », aurait-il lancé, selon des responsables américains et israéliens cités par le site.

La Maison Blanche a refusé de commenter ces informations, sans les démentir. De son côté, le bureau de M. Netanyahu a indiqué que le Premier ministre avait « soulevé la nécessité de zones de sécurité le long des frontières d'Israël ». Cette ligne rouge, réaffirmée par Israël Katz, montre que Jérusalem ne cédera pas sur ce qu'il considère comme un bouclier vital contre le Hezbollah et d'autres milices pro-iraniennes.

Katz au Pentagone : Israël reste

Au cours d'un entretien avec le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, Israël Katz a précisé que l'armée israélienne demeurerait dans ces zones « afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés proches de la frontière contre les menaces représentées par les forces djihadistes ». Channel NewsAsia, reprenant l'AFP, rapporte que le ministre a ajouté : « Nous n'avons jamais demandé aux États-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières. »

Cette posture s'appuie sur des réalités militaires concrètes. Au Liban, Tsahal reste déployée dans une zone de sécurité s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais, rappelle La Presse dans un article du 16 juillet 2026. À Gaza, l'armée israélienne contrôle 60 % du territoire et le périmètre extérieur du côté égyptien. En Syrie, depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU sur le plateau du Golan et mené des incursions répétées.

Washington et Jérusalem tentent de désamorcer

Malgré ce désaccord, les deux alliés maintiennent le dialogue. Des négociations ont eu lieu à Rome les 14 et 15 juillet 2026 entre délégations américaines, israéliennes et libanaises pour discuter du retrait israélien de « zones pilotes » au Liban sud, comme le souligne Al Jazeera. Les États-Unis ont jugé ces discussions « positives », mais Israël Katz a aussitôt réaffirmé que les troupes ne quitteraient pas les zones de sécurité principales.

Cette divergence met au jour un désaccord stratégique profond. Les États-Unis cherchent à stabiliser la région avant d'éventuelles discussions avec l'Iran et réduire la pression sur les gouvernements syrien et libanais. Israël, lui, redoute que tout retrait précipité ne recrée le vide militaire exploité par le Hezbollah le 7 octobre 2023 et ne laisse l'Iran renforcer son arc de résistance aux portes de la Galilée.

La sécurité d'Israël avant les considérations diplomatiques

Ce qui se joue ces jours-ci dépasse les personnalités. Il s'agit de savoir si les États-Unis, en quête d'une accélération diplomatique, sont prêts à faire pression sur Israël pour qu'il abandonne les zones tampons qui protègent ses populations civiles. Pour Jérusalem, la question ne se pose pas : après le 7 octobre 2023, après des milliers de roquettes tirées depuis le Liban et après des décennies de présence iranienne aux frontières, le retrait sans garanties serait une faute stratégique irréparable.

La position de Netanyahu, malgré son caractère inhabituellement ferme envers un allié américain, répond à une logique de survie. Israël a déjà prouvé qu'il pouvait agir seul contre l'Iran malgré les réticences américaines. Il montre aujourd'hui qu'il ne cédera pas sur ses zones de sécurité, même quand la pression vient de Washington. C'est peut-être là le sens de l'indépendance stratégique : ne pas sacrifier la sécurité de ses citoyens sur l'autel d'un accord de façade. Retrouvez nos analyses sur les tensions israélo-américaines autour de l'Iran et sur la page d'accueil du Monde Juif.