Israël

Smotrich : « Israël n'a aucun intérêt à rejoindre la guerre américaine contre l'Iran »

2026-07-22
Smotrich : « Israël n'a aucun intérêt à rejoindre la guerre américaine contre l'Iran »

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré le 21 juillet 2026 qu'Israël n'avait « aucun intérêt à rejoindre la campagne militaire américaine contre l'Iran ». S'exprimant lors de la conférence Katif pour la responsabilité nationale, le dirigeant d'extrême droite a estimé que la guerre entre les États-Unis et Téhéran servait déjà les intérêts stratégiques d'Israël. Selon Al Jazeera, il a également martelé que « la pression économique actuelle sur Téhéran profite à Israël ».

« La situation actuelle, où il y a une guerre entre l'Iran et les États-Unis, est en réalité le meilleur scénario pour nous », a affirmé Smotrich, selon des propos relayés par la radio publique israélienne Kan. Le ministre a souligné qu'Israël devait « se rappeler que l'objectif ultime est de saper et d'affaiblir le régime iranien, jusqu'à le renverser ».

Cette position marque un tournant stratégique notable. Depuis le déclenchement de la guerre le 28 février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes coordonnées contre l'Iran, Jérusalem avait activement participé aux opérations. La reprise des hostilités ce mois-ci, après l'échec du mémorandum du 17 juin, voit Israël adopter une posture différente : rester en retrait.

Une guerre par procuration qui arrange Jérusalem

Smotrich a détaillé les bénéfices pour Israël d'un conflit mené par Washington seul. « Actuellement, l'inflation en Iran est à 85 %, l'inflation alimentaire dépasse 134 % en quatre mois, et le rial iranien s'échange à 1,9 million pour un dollar — et ça continue de grimper », a-t-il énuméré, comme le rapporte Middle East Eye. Pour le ministre, l'effondrement économique du régime iranien est la voie la plus efficace vers son renversement.

Cette stratégie d'observation armée permet à Israël de conserver ses ressources militaires tout en maintenant une pression maximale sur Téhéran. Selon le Times of Israel, qui évoquait déjà cette posture dès le 9 juillet, « Israël n'a aucun intérêt à rejoindre la confrontation contenue entre l'Iran et les États-Unis ». L'État hébreu préserve sa capacité de mobilisation et réduit le risque de représailles directes sur son territoire.

Le coût humain et financier pour Washington

Pendant qu'Israël observe, les États-Unis paient en sang et en dollars. Dix-sept militaires américains ont été tués depuis le début des opérations, au moins 420 ont été blessés et un reste porté disparu, selon les données compilées par Middle East Eye. Le coût financier est tout aussi colossal : plus de 100 milliards de dollars pour les contribuables américains, auxquels s'ajoutent 71 milliards de frais énergétiques supplémentaires.

Le vice-président américain JD Vance a publiquement dénoncé les pressions israéliennes visant à faire dérailler la diplomatie. « Vous avez vu cette campagne très discrète, extrêmement bien financée, pour tenter de faire dérailler la négociation et l'accord », a-t-il déclaré au Joe Rogan Podcast, cité par Firstpost.

L'équation Trump-Netanyahou

Les déclarations de Smotrich surviennent dans un contexte de refroidissement entre Washington et Jérusalem. Si Trump et Netanyahou partagent une ligne dure sur l'Iran, leurs approches divergent sensiblement sur la méthode. Là où le président américain alterne entre frappes et tentatives diplomatiques, une partie du gouvernement israélien ne voit d'autre issue que la chute du régime iranien.

Smotrich, figure de proue de la droite religieuse israélienne et partisan affiché de la recolonisation de Gaza, utilise cette tribune pour marteler sa doctrine. Pour lui, la guerre actuelle est un investissement stratégique : laisser les Américains épuiser l'Iran pendant qu'Israël préserve ses forces. Une équation cynique mais parfaitement assumée.