Israël

Le Hamas réarme Gaza : Tsahal veut frapper, Washington freine des quatre fers

2026-07-01
Le Hamas réarme Gaza : Tsahal veut frapper, Washington freine des quatre fers

Le cessez-le-feu instauré en octobre 2025 ne vaut plus qu'une absence d'offensive généralisée. Dans la bande de Gaza, le Hamas se reconstitue à vue d'œil. Le renseignement militaire israélien est formel : la branche armée du mouvement terroriste produit chaque mois plusieurs centaines d'engins explosifs et de missiles antichars, recrute des jeunes combattants de 18 à 22 ans et a relancé l'entraînement de sa force d'élite Nukhba, celle-là même qui avait perpétré le massacre du 7 octobre 2023.

Un adversaire qui ne désarme pas

Selon i24NEWS, la Direction du renseignement militaire et le Commandement du Sud de Tsahal ont récemment alerté le chef d'état-major, le général Eyal Zamir. Leur constat est sans appel : le Hamas est solidement installé sur le terrain, n'a aucune intention de renoncer au contrôle de Gaza et poursuit activement sa contrebande de drones et de matériel de communication depuis le Sinaï.

The Times of Israël rapporte le même scénario. Le Hamas reconstruit ses tunnels, relance ses usines clandestines et réarme ses hommes en pariant sur l'indifférence internationale. Le message est simple : tant qu'Israël ne fera pas sauter la banque, le groupe terroriste poursuivra sa stratégie d'endurance.

La réalité est aussi odieuse que prévisible. Pendant que des diplomates occidentaux vantent le « statu quo » comme un succès, le Hamas transforme la trêve en période de réarmement. La population gazane, elle, ne bénéficie d'aucune des promesses de reconstruction ; elle sert surtout de couverture humaine à un appareil militaire qui se camoufle dans les camps de déplacés.

Tsahal favorable à une reprise, l'Amérique résiste

Face à cette menace renaissante, Tsahal se dit favorable à une reprise des opérations militaires. La position aurait été transmise aux États-Unis, qui la repoussent pour l'instant. Washington préfère préserver le cadre actuel des négociations et faire avancer l'initiative du Conseil de paix du président Donald Trump.

Cette prudence américaine n'est pas surprenante, mais elle est inquiétante. L'administration Trump a beau avoir obtenu l'approbation du Conseil de sécurité de l'ONU pour son plan sur Gaza, elle se refuse à déclencher la phase deux qui prévoyait le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force de sécurité internationale. Le résultat est un entre-deux mortifère : Israël ne peut pas sécuriser ses frontières, et le terrorisme a le temps de reprendre son souffle.

Frappes « ciblées » face à une guerre qui ne cesse pas

En attendant, l'armée israélienne continue de frapper presque quotidiennement dans la bande de Gaza. La justification est toujours la même : neutraliser des planifications d'attaques ou répondre à des violations du cessez-le-feu. The Times of Israël évoque ainsi la mort dimanche de Zaher Abu Salem, membre du Jihad islamique palestinien, accusé d'avoir participé à l'enlèvement de civils israéliens le 7 octobre et d'avoir tenté de nouvelles attaques.

Ces opérations ponctuelles ont leur utilité, mais elles ne remplacent pas une stratégie globale. Tant que le Hamas reste maître de l'enclave, toute trêve ne sera qu'un répit tactique. La leçon du 7 octobre n'a pas été suffisamment entendue : laisser prospérer un mouvement terroriste à sa frontière, c'est lui donner le temps de préparer le prochain massacre.

Israël ne peut pas se contenter d'une trêve en trompe-l'œil

La communauté internationale aime les cessez-le-feu parce qu'ils calment les chaînes d'information et rassurent les opinions publiques. Mais un cessez-le-feu qui permet au Hamas de se réarmer n'est pas une paix ; c'est une mise en demeure de la prochaine guerre. Israël a déjà payé trop cher pour accepter ce simulacre de stabilité.

La décision finale appartiendra au gouvernement israélien et à ses alliés. Personne ne souhaite un retour aux combats de rue. Pourtant, l'alternative n'est pas entre « guerre » et « paix » : elle est entre une action préventive maintenant et une confrontation plus meurtrière plus tard. Le Hamas a choisi son camp. La seule question est de savoir si le monde libre acceptera encore longtemps de fermer les yeux.