Israël

Hamas se met en retrait à Gaza : un coup de communication, pas un désarmement

2026-07-07
Hamas se met en retrait à Gaza : un coup de communication, pas un désarmement

Le Hamas a annoncé, lundi 6 juillet 2026, la dissolution de son gouvernement de facto dans la bande de Gaza. Derrière ce geste, qui vise à transférer l'administration du territoire à un comité technocratique palestinien, se cache une réalité beaucoup moins rassurante : le mouvement islamiste conserve ses armes, ses hommes et son influence. Pour Israël, il s'agit d'une opération de communication destinée à tromper la communauté internationale et à éviter le désarmement exigé par le plan de paix américain.

Un retrait administratif, pas stratégique

Selon Reuters, le Hamas a indiqué que la tête du « Comité gouvernemental d'urgence » avait démissionné et que le corps lui-même était dissous. Ismail Al-Thawabta, directeur du bureau de médias du gouvernement du Hamas, a présenté cette mesure comme « une démonstration du sérieux de ces mesures » et un moyen de « faciliter le processus de transition administrative ». Pourtant, les ministères et les fonctionnaires restent en place, et le Hamas conserve le contrôle de la sécurité et du maintien de l'ordre dans les zones qu'il occupe encore.

Comme le rapporte CNN, le communiqué du Hamas ne fait aucune mention du désarmement, pourtant au cœur de la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu conclu en octobre 2025. Le groupe terroriste refuse de déposer les armes tant qu'Israël ne mettra pas fin à ses opérations militaires dans l'enclave. Cette position transforme l'annonce en une manœuvre tactique : faire semblant de céder le pouvoir civil tout en conservant le pouvoir réel, celui des kalachnikovs et des tunnels.

Israël et la communauté internationale restent vigilants

La réaction israélienne est sans ambiguïté. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a qualifié le geste du Hamas d'une manœuvre « conçue pour empêcher son propre désarmement ». Selon Reuters, le « Conseil de paix » nommé par l'administration Trump a déclaré que son évaluation serait « guidée par des actions, pas par des promesses », et a rappelé le principe d'« une seule autorité, une seule loi et une seule arme ». Autant de mots qui signifient une chose : le Hamas n'a pas encore franchi le seuil de crédibilité.

Gaza, un territoire à l'agonie

Pendant que les diplomates s'épulent, la population gazaouie continue de payer un lourd tribut. Plus de 2,3 millions de personnes sont déplacées, vivant dans des tentes ou des immeubles détruits. D'après Le Monde, qui reprend les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, au moins 1 053 Palestiniens ont été tués depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025. Lundi seulement, des frappes israéliennes ont fait cinq morts dans l'enclave.

Ces chiffres illustrent la fragilité du cessez-le-feu. L'armée israélienne contrôle plus de 60 % de la bande de Gaza et maintient une zone tampon. Benjamin Netanyahu a répété que les forces israéliennes ne se retireraient pas sans des garanties concrètes sur le désarmement du Hamas.

Un timing politique calculé

La démarche du Hamas n'est pas anodine. Elle intervient à quelques jours du sommet de l'OTAN à Ankara, où le président américain Donald Trump doit rencontrer son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan. Ankara, alliée historique du Hamas, cherche à se positionner comme médiateur dans le dossier gazaouien. Le mouvement islamiste espère sans doute convaincre Trump et les Européens d'accélérer le transfert du pouvoir au comité technocratique, quitte à laisser de côté la question du désarmement.

Mais Israël a déjà été piégé par ce type de manœuvre. Le retrait du Hamas des institutions civiles ne suffit pas. Tant que ses brigades Al-Qassam contrôleront les rues, que ses dirigeants resteront à Gaza et que ses tunnels continueront d'être creusés, la menace ne sera pas levée. Comme l'écrit le Jerusalem Post, il ne suffit pas de dissoudre un comité gouvernemental pour effacer vingt ans de terrorisme, de corruption et de sacrifice cynique de la population palestinienne sur l'autel de la « résistance ».

Conclusion

L'annonce du Hamas n'est pas une victoire de la paix. C'est un pas de côté habillé en concession. Elle mérite d'être regardée avec le même scepticisme que les déclarations unilatérales du régime iranien ou les promesses de désarmement du Hezbollah au Liban. Seul un désarmement réel, vérifiable et irréversible du Hamas pourra ouvrir la voie à un avenir différent pour Gaza. Jusque-là, Israël a raison de refuser de se laisser berner par les mots et de continuer à exiger des actes.