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Aoun à Washington : le Liban mettra fin « pour toujours » à ses hostilités avec Israël

2026-07-23
Aoun à Washington : le Liban mettra fin « pour toujours » à ses hostilités avec Israël

Aoun Trump Washington fin hostilités Israël Liban juillet 2026 : le Liban mettra fin « pour toujours » à ses hostilités avec l'État hébreu, a déclaré le président libanais mardi 21 juillet dans le Bureau ovale de la Maison Blanche. Cette visite historique — la première d'un président libanais à Washington depuis 2009 — marque un tournant diplomatique majeur dans les relations israélo-libanaises.

Donald Trump a réservé un accueil chaleureux à son homologue et a promis d'« aider énormément » le Liban, qu'il a décrit comme un pays « très maltraité » pendant des décennies. Le président américain s'est même dit disposé à dialoguer directement avec le Hezbollah si Joseph Aoun le lui demandait, une proposition inédite de la part d'un dirigeant américain. « Je suis prêt à parler au Hezbollah, je suis prêt à parler à tout le monde », a déclaré Trump, selon i24News.

Un objectif historique : la fin de l'état d'hostilité

Le président libanais a salué l'accord-cadre négocié par les États-Unis le 26 juin dernier, dont « l'objectif ultime est de mettre fin une fois pour toutes à l'état d'hostilité entre le Liban et Israël ». S'adressant à Trump, il a ajouté : « Ce sera votre héritage. Ensemble, nous serons en mesure d'atteindre cet objectif. »

L'accord-cadre prévoit un retrait progressif des troupes israéliennes du sud du Liban via des « zones pilotes », où l'armée libanaise doit démontrer sa capacité à empêcher le retour du Hezbollah. La première zone pilote a été activée le 21 juillet à Zawtar al-Gharbiya, où les forces libanaises se sont déployées après le retrait des soldats de Tsahal, rapporte le Times of Israel.

Le désarmement du Hezbollah : conditions et précédents

Lors d'un dîner à l'ambassade libanaise, Joseph Aoun a exposé les conditions du désarmement du Hezbollah, qu'il juge « réalisable, mais seulement si nous sommes lucides sur les conditions nécessaires ». Il a rappelé que le Hezbollah n'est pas une « force mercenaire étrangère » mais composé de citoyens libanais « façonnés durant quarante années par un investissement idéologique, social et militaire considérable ».

Aoun a cité en exemple les processus de désarmement des FARC en Colombie et de l'IRA en Irlande du Nord, plaidant pour une séquence « désarmement, démobilisation et réintégration ». Il a posé trois préalables : la fin de l'occupation israélienne de territoires libanais, le contrôle exclusif du territoire par l'armée libanaise, et un programme de reconstruction dirigé par l'État, selon L'Orient-Le Jour.

Tirs de semonce et premiers accrocs

Le déploiement ne s'est pas déroulé sans incident. L'armée israélienne a tiré des coups de semonce en direction de soldats libanais qui s'étaient enfoncés d'environ 150 mètres dans la zone tampon contrôlée par Tsahal, près de Zawtar al-Sharqiyah. Tsahal a précisé que ces tirs ne mettaient pas en danger le personnel libanais.

L'armée israélienne a appelé les Forces armées libanaises à « continuer d'opérer conformément aux accords et dans les zones convenues ». Interrogé sur cet incident, Donald Trump est resté prudent mais a confirmé qu'Israël était « en train de redéployer d'autres unités » hors du Liban, sans fixer de calendrier pour un retrait complet.

Vers un élargissement des accords d'Abraham ?

Le président américain a évoqué la perspective d'un élargissement des accords d'Abraham, qualifiant ces accords de « succès considérable ». Il a estimé que de nouveaux pays pourraient bientôt les rejoindre et que le Liban avait un rôle à jouer dans cette dynamique régionale. Cette déclaration ouvre la voie à une possible normalisation entre Beyrouth et Jérusalem.

Joseph Aoun a réclamé un soutien américain renforcé aux Forces armées libanaises, « seule véritable institution nationale bénéficiant de la confiance de tous les Libanais ». « Sans les FAL, tout s'effondrera », a-t-il averti, rappelant que l'effondrement de l'armée en 1975 avait conduit à la guerre civile. Trump a promis que les États-Unis contribueraient au redressement du Liban, un signal fort envoyé à Téhéran et à son proxy chiite.